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Full text of "L'astronomie pratique et les observatoires en Europe et en Amérique, depuis le milieu du XVIIe ..."

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L'ASTRONOMIE PRATIQUE 



LES OBSERVATOIRES 

EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE 

111LIEU DU XVII' SIÈCLE JUSQI 



, G. RAYET E/r A^.^JJGOT. ' ^i 

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CINQUIEME PARTIE. 
OaSIiB.VATOIR.E5 B'XTÂI.X: 

Pah g. RAYET, 



PARIS, 

GAUTHIER -VILLARS, IM PII IMEUlt -LI BRAIRE 



SUCCESSEUR DE H 



I-. 

I 
■ I 

' I 



INTRODUCTION. 



C'est en Italie que l'Astronomie physique a pris nais- 
sance. 

Copernic avait découvert et affirmé ( 1 543) l'immobi- 
lité des étoiles, la rotation de la Terre sur elle-même et le 
mouvement des planètes autour du Soleil ; Kepler avait 
(1609) formulé les lois de ces révolutions; toutefois les 
pinnules avec lesquelles on observait jusqu'alors ne per- 
mettaient de rien savoir sur l'aspect et la nature des 
astres qui gravitent autour du Soleil, ni sur la con- 
stitution du Soleil lui-même. 

Galilée, appliquant à Tétude des corps célestes la lu^ 
nette inventée par lui (1609), s'occupa le premier de 
reconnaître leurs dimensions, leurs formes, leur consti- 
tution. Par lui lep montagnes de la Lune furent mesurées 
et les librations de cet astre constatées (mars 16 10), les 

Oàs. d'Italie^ a 



B 



— II — 

satellites de Jupiter découverts (janvier 1610), les phases 
de Vénus indiquées (septembre 161 o), Tanneau de Sa- 
turne vu pour la première fois et ses changements d'ap- 
parence reconnus (novembre 1610), les taches du Soleil, 
que Fabritius venait d'apercevoir, décrites exacte- 
ment, et la rotation du Soleil plus rigoureusement ob- 
servée (1611). 

Après sa mort, les progrès de l'Astronomie physique 
semblent interrompus pendant près d'un demi- siècle. 
L'Italie, de plus en plus étouffée par la réaction catholique 
et les dominations espagnole et impériale, ne compte à 
cette époque que le P. Scheiner et Fontana. L'Allemagne 
désolée par la guerre de Trente ans, la France occupée 
par la lutte contre la maison d'Autriche et par les der- 
nières révoltes des seigneurs , l'Angleterre tout entière 
aux discordes religieuses n'ont point le temps de s'oc- 
cuper de science. 

Ce n'est que lorsque la paix de Westphalie eut rendu à 
l'Europe la stabilité et le repos qu'Universités et Gou- 
vernements eurent le loisir et les ressources nécessaires 
pour encourager des études aussi minutieuses et aussi 
coûteuses que celle des corps célestes. 

L'Italie est avec J.-D. Cassini l'une des premières à se 
remettre au travail, et les observations de la comète de 
i652, la reconstruction (i653) de la méridienne tracée 
en 1572 par I. Dante û San-Petronio, Irf rotation de Ju- 




— m — 

^ler découverte [i665), celle de Mars plua exactement^ 

Bmesurée (i665), marquent cette renaissimce de l'Âstro- 

honiie d'observation ; mais bientôt Cassini est appelé en | 

France par Louis XIV [1669) et après son dé|wrt il y a 

un nouveau temps d'arrêt dans le d^velo[}pcmeiit de I 

•l'Astronomie italienne. 
C'est en HollandeavecHévi'Jiuset Huyyliens, en France 
avec Cassini, Picard et Rœmer, en Angleterre avec Fiam- 
sted et Newton, que se concentre l'activité astrononii[|ue 
I de la deiisièue moitié du s^it° siècle. On sait quelle 

^^^unpression causèrent en Europe les admirables décou- j 
^^Hfertes de 'Nevrton, quelles discussions passionnées préoc- I 
^^^cnpèrent non-seulement les savants, mais le public, 

comment, à la suite de ces discussions, à la suite dea , 

I expédition s envoyées de tous côtés pour la mesure de la 
ïerre, l'Astronomie devint tout a coup une science ù la j 
Bode : c'est cette vogue qui provoqua la r 
Rodes astronomiques en Italie 
Brin' siècle. 
F On vil alors les Univei-site's, les villes, les corpoi-a- 
tions religieuses, les souverains, grands et petits, créer 
de tous côtés des observatoires et des chaires d'Astro- 



lolugne, l'Université et le comte Marsigli fondent 1 
6723) l'Observatoire que devaient illustrer ManC'edi 1 



— IV — 

A Milan, les jésuites en créent un autre ( 1 760) dans 
lequel ont successivement observé Boscowich , Reggio, 
Cesaris, Oriani, Carlini et que dirige aujourd'hui avec 
tant de science et de talent M. Schiaparelli. 

A Padoue, la République de Venise fonde à grands 
frais (1767) un établissement astronomique qui compte 
parmi ses astronomes Toaldo, Chiminello et Santini. 

A Florence, Léopold d'Autriche fait construire et in- 
staller dans un angle du palais Pitti (1774) des instru- 
ments avec lesquels Amici et Donati ont successivement 
travaillé. 

A Rome, la Compagnie de Jésus transforme (1787) en 
Observatoire un des angles du Collège Romain, et G. Ca- 
landrelli inaugure des travaux qui devaient être con- 
tinués par Ricchebach, Conti, de Vico et par l'illustre 
P. Secchi. 

A Palerme enfin, Ferdinand IV fonda (1789) un Obser- 
vatoire que Piazzi a rendu fameux par la découverte de 
Cérès, par son Catalogue d'étoiles, et qui a ensuite eu pour 
astronomes N. Cacciatore, G. Cacciatore et le jeune et 
déjà célèbre M. Tacchini. 

Les campagnes de Bonaparte elles-mêmes ne peuvent 
arrêter cette noble rivalité des villes et des corporations, 
et les perfectionnements incessants des appareils, en faisant 
passer sans cesse l'avantage d'un Observatoire à l'autre, 
excitent l'émulation des États entre eux, en même temps 



qaeles applications de l'Astronomie à In Géodésie, à la 
Cartographie, h, la Navigation, entretiennent le goût du 
public pour cette science. 

C'est ainsi que se créèrent successivement les Observa- 
toires de Naples (1812], où M, A. de Gasparis a de'couvert 
jusqu'à neuf planètes, de Turin [iSao}, deModèoe (1819) 
et du Capitole {1825), auquel M, Respiglii donne aujour- 
d'hui une nouvelle vie. 

Tous ces établissements, animes du désir de se surpasser 
l'un l'autre et diriges dans un esprit difTcrenl, déployè- 
rent la plus grande actiTité et firent faire k toutes les 
branches de l'Astronomie des progrès rapides et impor- 
tants. Cet état prospère Jura pour tous jusque vers la 
fin du premier tiers de noire siècle. A cette époque, les 
Observatoires des grands États, disposant de ressources 
considérables, commencËrent a faire construire des in- 
struments beaucoup plus grands, plus précis, et malheu- 
reusement aussi plus coûteux. A leur tour ces instruments 
plus parfaits exigeaient une installation beaucoup meil- 
leure; il leur fallait un point d'appui stable, des salles et 
des coupoles construites exprès pour eux. Les ressources 
limitées des petits Etats entre lesquels l'Italie était alors 
divisée, et des Universités qui végétaient péniblement 
dans les villes, devinrent tout à fait insufBsantes pour la 
substitution de ces puissants appareils aux lunettes an- 
ciennes maintenant hors d'usage et pour la rénovation de 



— • VI — 

locaux devenus tout à fait de'fectueux. Les savants placés 
à la tête des divers Observatoires italiens, se sentant im- 
puissants à soutenir, avec les instruments qu'ils avaient 
entre les mains et les maigres ressources dont ils dispo- 
saient, la lutte contre leurs confrères plus heureux de 
Greenwich, de Paris, de Pulkowa, de Berlin et de 
Washington, s'abandonnèrent pour la plupart au dé- 
couragement, finirent quelquefois par renoncer à des 
travaux fatalement condamne's à rester stériles, et laissè- 
rent dépérir les établissements dont ils avaient la garde. 
De là une sorte de torpeur à laquelle l'unification de l'I- 
talie, en faisant espérer aux astronomes des jours meil- 
leurs, est venue heureusement mettre fin. L'ardeur au 
travail, l'amour de la science, Pespoir du succès, se sont 

réveillés même avant que les ressources pécuniaires aient 
été sensiblement accrues, et aujourd'hui gouvernement et 
savants se préoccupent à l'envie de rendre à la patrie de 
Galilée le haut rang auquel elle a droit. 

En août 1 875, un congrès astronomique, réuni à Palerme 
sous les auspices du gouvernement, a voté un plan de ré- 
forme dont voici les traits principaux • 

La nécessité scientifique de ne supprimer aucun des 
nombreux Observatoires existants est reconnue ; mais ces 
établissements sont divisés en trois classes : 

I® Ceux de Naples, Florence, Palerme et Milan doivent 
être considérés comme établissements de premier ordre et 



^wressourcesgduvernenientiiles disponibles doivent étro 
concentrées sur eux; 

2° Ceux de Parme, de Bologne cl de Modènc sont mis 
sous ]!\ dépendance des Universités de ces trois villes et 
doivent se restreindre k des travaux de Météorologie et de 
Physique. 

3" Ceux du Collège Romain, du Capitule, de Turm et 
de Padoue siint déclarés Obserratoires universitaires et 
consacrés surtout h l'instruction de jeunes astronomes. 

Avant que les Observatoires italiens subissent la trans- 
furmution décidée par le congrès de Palcrmc, il nous a 
paru intéressant de retracer leur histoire, de décrire leurs 
instruments, de raconter leurs travaux. Aussi bien ce récit 
sera la meilleure justification de ia résolution prise de les 
conserver tous; il montrera combien lu multiplicité des 
centres d'observations, condition nécessaire de l'indé- 
pendance des astronomes, garantie de la liberté des mé- 
thodes, source d'émulation féconde, stimulant énergique 
de l'esprit d'invention, est utile et nécessaire au dévelop- 
pement de la Science. C'est d'ailleurs une vérité qu'en 
France on commence aussi à admettre ; là aussi la cen- 
tralisation est en train de disiiaraître ; en face des Obser- 
vatoires de Paris, se sont déjà é[ev«6 ceux de Marseille et de 
Toulouse; on projette maintenant ceux de Bordeans et de 
Lyon. Lorsque ces créations seront faites, la France aura 
non pas autant d'Observatoii'es qu« l'Italie, pourtant nio'uis 



— VIII — 

grande, moins peuplée et moins riche, mais autant que 
le rend désirable la diversité des régions, et il ne suffira 
plus d'un orage passant sur Thorizon de Paris pour 
empêcher nos astronomes français de prendre part à 
l'observation des phénomènes célestes les plus intéres- 
sants. 

G. RAYET. 

Bordeaux, novembre 1877. 



CINQUIÈME PARTIE. 



OBSERVATOIRES D'ITALIE. 



CHAPITRE PREMIER. 



OBSERVATOIRE DE TURIN. 



La fondation d'un Observatoire astronomique à Turin 
a été la conséqitence nécessaire des travaux géodésiques 
entrepris en Sardaigne, en 1759, par le P. Bcccaria. Ces 
opérations demandaient un emplacement pour des appa- 
reils stables, plus grands et plus précis que ceux que Ton 
poQvait emporter dans une expédition ; et, en l'absence 
de tout établissement gouvernemental, le P. Bcccaria dut 
établir les siens au sommet d'une tour qui surmontait la 
maison qu'il habitait au voisinage de la place du Castello, 
sur laquelle est situé le palais Madame. La position était 
d'ailleurs mauvaise à bien des égards, et avant même la 
mort du savant physicien les instruments furent transfé- 
rés dans un bâtiment plus sLable et appartenant à l'Etat, 
le palais de l'Académie. Si dans cet édifice on rencontrait 
des conditions de stabilité satisfaisantes, il n'avait point 
cependant été construit dans le but spécial d'en faire un 
Observatoire, et il se prétait mal à cette nouvelle destina- 



- 4 ~ 

tion. Les constructions ou modifications commencées en 
1790 ne marchèrent donc que lentement, et elles n'étaient 
point terminées en 1807, lorsque apparut la grande comète 
de fcette année, ni même en 181 1 (i5 mars), lorsque Plana 
succéda, comme professeur d'Astronomie à la Faculté des 
Sciences de Turin, au savant abbé Valperga di Caluso. 

Plana, né à Vogbera le 8 novembre 1781, était entré 
à rÉcole polytechnique à la fin de 1800, et dès sa sortie 
il fut nommé (^3 mai i8o3) professeur a l'Ecole militiiire 
d'Alexandrie; c'est delà qu'il fut appelé à Turin, et puis, 
à la recommandation de Lagrange, successivement chargé 
de la chaire d'Astronomie et de la direction de l'Obser- 
vatoire (5 mars 181 3). Cet établissement ne possédait 
guère alors qu'une pendule astronomique de Martin, un 
•des élèves de Berthoud, et un cercle réjMîtileur de Fortin , 
de 18 pouces de diamètre, avec lequel le jeune astronome 
essaya quelques observations de hauteur du Soleil ou de 
la Polaire. 

Les événements de i8i4 ramenèrent à Turin le roi 
Victor- Emmanuel P**, qui avait un goût assez vif pour les 
études astronomiques et aimait à protéger ceux qui s'y ap- 
pliquaient. Plana n'eut, je crois, pas beaucoup de peine 
à lui démontrer l'insuffisance complète du local de TOb- 
servatoire et des instruments qui y étaient placés. Quoi 
qu'il en soit, le vieux roi étendit dès lors sa protection 
sur l'Observatoire, et le 3 février 18 16 le baron deZach 
pouvait écrire k Plana : « J'ai été très-charmé d'apprendre 
que votre gouvernement pense enfin à accorder sa pro- 
tection à l'Astronomie, et 1 2 000 francs n'est pas une 
somme bien grande pour vos besoins; mais, en attendant 
mieux, c'est toujours de bon augure. Je crois que le plus 




iicle est vfitre lue 

'noblement les ins 

vernement, je le ci'uins, 

construire un Observuti 

aniint. ■ 



rumcnts iju'il vous (\u\. el le 
a pensera pas de sitâtîi vous 
ii-c il reK 'de -chaussée, comme 



Avec ces premiers fonds Plana fit construire, en 1830, 
chfs Keïehenbach et Frauntiofur. un cercle méridien qui il 
les dimensions exactes de celui de Bessel à l'Oljservatoire 
ie Kcenigsberg. Sur les faces opposiies d'un cube de Uiiton 
deux cylindres de même mclal qui portent ; 
n l'objeclifde 109'°", 4 de diamètre et de i""'',6a4 <3c 
lance focale ; l'autre le micromètre et ses divers ocu- 
. Sur deux autres faces opposées prennent naissance 
hix troncs de cane terminés \tar des tourillons d'acier 
K reposent sur des coussinets en bronze fixes eux-ni^nies 
leux pyramides de granit. Le cercle gradué, divisé sur 
ieent de 3 en 3 minutes, est iuviiriablementGxé sur l'ua de 
B troncs de 1 une. et tourne i\ frottement très-doux dans 
|l cercle alidude de 1 mètre de dinmètre, muni lui-même 
■quatre verniers qui s'obsei'vent k l'aide de loupes appr<i- 

LOn commanda, en outre, un cercle multiplicatenr de 
I pouces, une machine équatoriale de la ceniimètres 
■e avec 8a centimètres de foyer, et quelques 
autres instruments porLilifs, comme une lunette de t a cen- 
iimètres d'ouverture avec 1 mètres de foyer : l'éliiblis- 
meut possédait|dcjà deux lunettes deDoUondde i"',ao 

(L'Observatoire de i^gi.celuitlerAcadcmiedes Sciences, 
kfMiuvail en aucune manière recevoir ces instruments! 
Bk'uvuit ni hi solidité requise, ni des toits tournants faciles 



- G - 

à mouvoir, ni une fente méridienne propre h observer les 
astres depuis l'horizon nord jusqu'à l'horizon sud. Il fallait 
donc nécessairement construire un Observatoire nouveau. 
Après plusieurs projets proposés et rejetés, on se décida 
enfin à bâtir le nouvel établissement, non pas au rez-de- 
chaussée comme le voulait de Zach, mais au sommet de 
Tune des quatre tours anciennes qui forment les angles du 
palais Madame. La tour choisie, d'après la considération 
de la direction du méridien terrestre et la disposition du 
bâtiment même ou des objets voisins, fut la plus occi- 
dentale des deux qui limitent la face nord. L'accès en 
était facile, et l'antiquité de sa construction, ainsi que l'é- 
paisseur de ses murs, devaient lui donner toute la fixité dé- 
sirable, en même temps que par sa situation au nord elle 
se trouvait en partie protégée par le reste de l'édifice con- 
tre l'action directe des rayons du soleil. C'est sur la plate- 
forme de cette tour, à 37"*, 70 au-dessus du niveau du sol, 
que l'on décida d'établir les instruments. 

Dans ce but, on commença par la surélever d'une con- 
struction légère, de forme cylindrique, ouverte par de 
larges fenêtres et pourvue de deux ouvertures méridiennes 
situées à l'est et à l'ouest de son centre. En outre, la voûte 
de la terrasse fat consolidée en dessous par un puissant 
arc de voûte de plus d'un mètre carré de section, qui 
s'appuie directement sur les faces orientale et occiden- 
tale, et sur lequel viennent poser directement les piliers 
des divers instruments. 

Les constructions commencées vers 1 8?.o, aux frais de 
la cassette royale, furent terminées en 1822 seulement, 
lorsque les instruments étaient déjà arrivés depuis quel- 
ques mois. 



Duns kgrnndesullenn établit, duràK^est, l'iDstrumciit 
Boéridien, et duns la pnrtie ouest les diverses lunettes mn- 
biles propres à l'observation des occultations ou des phé- 
nomènes uccidentels : c'est liï aussi cjne Turent placées les 
princijiales pendules. Du cûtc orientil et du côté occiden- 
l_to] de cette salle cylindrique avaient été ajoutées deux pe- 
9 tourelles qui la dominaient et étiiient pourvues de 
nits tnuraanis: l'une d'elles reçut li petite machine ëipia- 
iilfi, qui n'ëtiiit guèi'e qu'un cherclienr de comètes; 
s l'autre fut établi un cercle vertical d'Ertel. 
I Pendant ce temps. Plana n'était point d'ailleurs resté 
il avait pris une grande part il l'importante njiéra- 
a gràdésique qui avait pour but de joindre les triao- 
lutinns dn Piémont et de la haute Italie à la triangula- 
kon Française. A diverses époques, le:i astronomes iLiKcns, 
oscdvich (1750], Beccaria{i^G2), Orinni[i'j85], Puis- 
bnl (i8o3-i8ii), avaient formé dans le nord de la Pé- 
ninsule diverses cliaînes de triangles tpii s'étendaient de 
l'Adriatique jusqu'aux Al|>es, en suivant iï peu piès le 
parallèle moyen dft 4^ degrés. La jicriode de paix qui 
suivit 161 5 avait, d'un autre cAlé, permis aux officiera de 
fÉlut-majnr français de terminer la triangulation de la 
France. A la demande de Lnptace, il fut donc résolu entra 
I gouvernements de Piémont, d'Autriche et de France 
fe7Juillet 1821), que la triangulation italienne serait jointe 
r-dessus les Alpes à la triangulation française, de ma- 
e à former une chaîne non interrompue a'étendant le 
du parallèle moyen depuis l'embouchure de la Gi- 
le jusqu'il l'Adi-iatiquc. Plunn et Carhni furant chnr- 
s de diriger celte opération qui présentait, ù cause de 
aaltilude considérable des sonamela destinés h, servir de 



stations d'observations, des difficultés toutes spéciales. On 
détermina à nouveau, à cette occasion, les latitudes de 
Milan et de Turin, et les différences de longitudes entre 
Milan, Turin, le raont Cenis, Colombier et Solignat, qui 
se trouvait lui-même rapporté à Paris. 

Cette importante opération géodésique terminée, Plana 
revint à son Observatoire, qui était achevé, et y com* 
mença une suite d'observations astronomiques qu'il de- 
vait continuer jusqu'.i sa mort. Son premier soin fut de 
déterminer, par des observations de Polaire faites au cer- 
cle de Reichenbach, la latitude de son Observatoire, qu'il 
fixa à 45° 4' 8", 38, et de chercher sa longitude par rapport 
à Milan, qu'il fixa à o^5"*58%85. Il observa en outre 
quelques passages méridiens d'étoiles fondamentales. 

Cette première série d'observations a été publiée à Tu- 
rin, en 1828, sous le titre : Observations astronomiques 
faites en 180.2, 1823, 1824^^1825 h l'Observatoire royal 
de Turin. Le volume est précédé d'un très-important. 
Mémoire sur les réfractions astronomiques, où Plana 
montre le brillant talent d'analyste qui devait faire sa 
gloire. 

Avant cette époque. Plana avait en outre commencé un 
travail qui devait l'occuper de longues années et l'éloi- 
gner de plus en plus de l'Astronomie pratique : je veux 
parler ici de ses recherches sur le mouvement de la Lune. 
« Je savais déjà, lui écrivait de Zach le t6 mars 1816, 
que vous avez entrepris avec M. Carlini un beau travail 
sur la théorie de la Lune; à la vérité, elle avait bien besoin 
d'une telle révision, et je ne doute nullement qu'il en ré- 
sulte de grands avantages. II y a bien des choses hypo- 
thétiques, je dirais presque apocalyptiques, dans la théorie 



— — 
del.:iplace. et je cmins fort (|iie, de la mnn 
emiilnic aujnurd'luii les mdtlittdes d'approji 
ne puisse en tirer bml ce ([u'on veut. » Plana, reprenant 
les recherches d'Euler et de Lnpiape, porta la détermina- 
tion théoi-ique des inégalités lunaires beaucoup plus loin 
(]iie cela n'avait encore été fait; puis, ne conservant que 
la ri>r[ne des inr'galitcs auxquelles le calcul l'avait conduit, 
il détermina les coefficients des divers termes, de manière 

HnlisHiire aux observations. 
tLe Mémoire des deux astronomes italiens obtint en 
■so le prix Lalande, mais il ne fut pas publié immé- 
latementi il ne parut qu'en i S32, en tnns gros volumes 
■-4"! api'ès avoir subi de la pai't de Plana seul un grand 

lobrc d'additions, 
I Le savant astronome fit d'ailleui-a continuer les obser- 
itioDs astronomiques courantes, mais il négligea de les 
', et dans la série des Mémoires de l'Jcadémie de 
%rin, lieu naturel de leur iiii|iression, on ne retrouve 
guère sous son nom, à partir de 1828, que les observa- 
tions de quelques phénomènes acecidentels : éclipse de 
k)leil du i5 mars i858, éclipse de Soleil du 18 juillet 
>o, observation du jMissage de Mercure du 12 novembre 
fil. Dans les derniers temps de sa vie. Plana tenait 
e éloignés de l'Observatoire ses élèves favoris, et ne 
irver qu'avec la plus gcande difiieullé. 
I ]La mort de Plana, survenue le 20 janvier 1864. amena 
* changements cnnsidénibles dans l'organisation et le 
peraoniiel de l'Observatoire. L'Observatoire, dont jusqu'a- 
lors l'administration relevait de l'Académie des Sciences, 
ÏUt, par un décret royal de |8G5, raltaclié à l'Université, 
1 son directeur dut ï-trcle iirofosseiir d'Astronomie. 



- 10 — 

C*est en cette qualité que M. Dorna est aujourd'hui à 
la tête de l'Observatoire. 

M. Dorna est né à Asti en i825, et a fait ses études à 
rUniversilë de Turin, qui lui accorda en 1 848 le brevet 
d'ingénieur. Plana, qui l'avait remarqué dès cette époque, 
et lui avait déjà plusieurs fois confié l'exécution de labo- 
rieux calculs, lui fit, deux ans après (i85o), donner la 
chaire de Mécanique rationnelle à l'Académie militaire. 
En i865 il fut en outre appelé à la chaire d'Astronomie 
de l'Université, et dut prendre la direction de l'Observa- 
toire, bien négligé depuis quelques années, auquel il était 
urgent de donner des instruments et un personnel dignes 
de la capitale du Piémont. 

Déjà de nombreux progrès ont été faits dans cette voie. 
Les publications sont d'abord devenues régulières, et le 
Bollettino meteorologico dcll' Osservatorio deW Università 
di Torino renferme chaque année un certain nombre 
d'observations astronomiques spéciales, observations des 
essaims des Léonides ou des Perséides, avec cartes des 
trajectoires des météores principaux; observations des 
passages de Mercure, etc. Les étoiles filantes sont d'ailleurs 
enregistrées sur des cartes célestes spéciales, qui ont été 
dressées dans ce but par M. Dorna lui-même, et dont on 
est très-satisfait dans les stations italiennes placées sous le 
contnMe de M. Schiaparelli. Cet atlas, publié en 1870- 
1871, renferme 12 cartes qui donnent de deux en deux 
heures la projection stéréographique, sur l'horizon de la 
latitude de 4^ degrés, d'environ 634 étoiles; toutes les 
étoiles de la i " à la 4® grandeur y sont donc marquées, 
et il y en a encore un certain nombre de 5® choisies de 
manière à ne laisser dans le ciel aucun yide trop grand, et 



a assurer ainsi un trace 
loire des étoiles filuutcs 

Muis il ne sufiitévid mm 
le passage méridien du Snl 
signaler ensuite l'hc 
bimle ('), i) faut que 1 
faire des recherches spec ! 



iflisammeDt exact de la ti'ajec- 



d q 

vdl 



b T 1 aque jour 

1 ule d'une 
d T 



1 puissent 
1 p n pjs éloîguc 
n effet, avoir vu à Tu- 
rin, cnwlobre iSjS, une VListecoiipiilcqui devait abriter 
avant laCnderbivcrunéijualorinlde n 7 millimètres d'ou- 
verture, presque aussi jjrand que celui de l'Observatoire 
de Padoue, et avec lequel M. Dorna a observé le pass;ige 
de Venus au Bengale. Des spectroscojies étaient déjà ac- 
quis, et M, Charrier, ndjiiint de l'Observatoire, se propu- 
sait d'utiliser son nuuvel équatorial a des recherchas d'a- 
nalyse spectrale, conduites suivant le |ilan adopte ])ar la 
Société des sjiectroscupistes italiens. 

L'ambition suprême de M . Dormi est d'ailleurs <le rem- 
placer prochainement l'équatorial précédent par une 
autre lunette d'au moins 10 pouces d'ouverture, < 
laquelle toutes les recherches d'Astronomie jihjsique si 
ront permises. 



P? 



- 12 - 



CHAPITRE IL 



OBSERVATOIRE DE MILAN. 



L'Astronomie pratique a été cultivée à Milan dès le 
milieu du xviii® siècle; c'est en effftt en 1760 que deux 
lecteurs en Philosophie, les RK. PP. Pascal Bovio et Do- 
minique Gerra, désireux de s'assurer par leurs propres 
yeux de l'exactitude de ce qu'on leur avait enseigné sur 
les mouvements vrais ou apparents des corps célestes, 
établirent dans le Collège de Brera une lunette achroma- 
tique de 4o pieds de foyer, une sphère armillaire en fer, 
une horloge à pendule, et fondèrent un étabhssement que 
Ton doit considérer comme l'origine de l'Observatoire ac- 
tuel. L'appartement choisi pouu installer ces instruments 
se trouvait dans la partie la plus élevée du Collège, en un 
point d'où l'horizon sud était bien découvert et où ils 
n'avaient rien à craindre des importuns. 

Le premier soin des deux astronorpes fut d'étudier les 
constellations, et, aidés d'une Uranographie de Bayer, 
ils devinrent bientôt familiers avec les principales étoiles; 



- i;i — 

leurs études meuuçuient cepcndunt de n'ubiiutir a aucun 
iiisultiit, lorsque, par un heureux liasai'd, une ciiinètG, 
lu ruuiëte de i~Go, vint à |Kira.itre duos le tiic\. Les lec- 
teurs du Collée lie Bicra furent les piemiei-s à' la dis- 
tinguer à une tertalne lueur pâle qui l'environnait de 
toutes parts, et les premiurs aussi n ;tnnrincer son appuri* 

Cette découverte eut deux conséquences impoitantcs : 
elle augmenta le zèle des jeunes nstiimumcs et leur fit en 
même temps sentir que, pour suivre dans sa course un 
;istre nouveau, pour acquérir dos notions certaines sur 
son mouvement et ses tnm s forma lions, on ne pouvait se 
borner à des obsei'vations de configuration : qu'il était 
inilispens!ib!c d'avoir recours aux mesures les plus pré- 
, faites avec les instruments les plus délicats et les 

F s |>erfectioDncs. 
3 fiiilitit donc tout à la fois se procurer des instruiiieuls 
trnus|>ortcr l'Observatoire duns une uuli'c partie du 
Collège, car le cabinet qui avait jusqu'alors servi ;i leurs 
éludes ne permettait d'apercevoir ni la Polaire ni la re- 

«nnor(14u ciel. 
'je recteur du Collège, le R. P, Pallavicini, liomme fort 
rionné pour la science et trés-savimt lui-même, mit 
atflt à lu dis[iosition de ses astronomes quelques lu- 
nettes et une assez bonne horloge à jKudule. Celaient des 
instruments propres à quelques recherches, mais qui ne 
permelt;iient cependant uucnne mesure d'angle. Pour 
cela il fallait un quart de cercle, et un quart de cercle de 
grand rayon. Un pai'cil instrument, construit par un ar- 
tis te habile, était d'un prix élevé, et le Collège ne pouvant 
^■wr le moment l'a['<|uérir, le» Rit. Pl>. liovio et Ceiva 



^b»l' 



- 14 - 

se décidèrent à en faire construire un, sous leurs yeux, 
par un serrurier de Milan, fort habile à manier le fer. 
Les astronoiiies de Brera ne négligèrent rien au point de 
vue de la direction à donner au travail : l'ouvrier y mit 
tous ses soins; mais, malgré tout, et comme la pro- 
fession de constructeur de machines astronomiques de- 
mande un long exercice, l'instrument obtenu ne fut que 
médiocre. 

C'était un sextant d'environ 6 pieds de rayon, tournant 
sur un pied de bois fort haut, autour duquel il ne pou- 
vait achever une révolution complète ; il avait une lu- 
nette mobile sur une alidade et un fil à plomb suspendu 
en dehors du centre. L'instrument, qui paraît avoir été 
construit pour servir soit de sextant, soit de cercle mu- 
ral, ne fut guère employé par les savants lecteurs, qui ne 
tardèrent pas à reconnaître ses nombreux défauts. 

C'est à cette époque, vers 1762, qu'après avoir mû- 
rement délibéré, le R. P. Pallavicini résolut d'adjoindre 
à ses deux lecteurs d'Astronomie un homme, peut-être 
moins versé qu'eux dans les connaissances théoriques, 
mais qui, familiarisé par une longue pratique avec les in- 
struments usuels d'un Observatoire, pouvait enseigner en 
peu de temps aux RR. PP. Bovio et Gerra le maniement 
des lunettes. 

Le R. P. Lagrange, déjà avantageusement connu par 
les travaux qu'il avait faits à l'Observatoire de Marseille, 
sous la direction de Pezenas, accepta avec plaisir Tinvi- 
tation qui lui était adressée. Il arriva dans les premiers 
mois de 1 763, et l'on résolut, d'un commun accord, de 
lui confier le soin des instruments astronomiques déjà ac- 
quis, à la condition toutefois que les deux lecteurs seraient 



associa ft ses travans. Le local demeiiriiil le mSmc et 
toujours aussi dô/eclueux. 

Mais cette situatina ne devait |ias se prolonger Iciny- 
temps. Dès ij63 (juillet), le R, P. Biiscovich, que le 
sénat de Milan venait de nommer pn-fesseur de Mallid- 
matiiities à l'Université de Pavie, fut appelé à Milan. Là, 
il Bt avec le R. P. Pallavieini la visite de tout le CoIlé{,'c 
<le Brera, et choisit, dans une portion du palais suffi- 
samment distante des rues et de consti'uction solide, l'eni- 
pliicement le plus convenable pour un Observatoire; il fit 
même les plans de la distribution et le dessin des voii- 

(et tout le temps que dura la construction il ne cessa 
lier de Pavie h Milan et de M ilaa à Pavie. 
Quoique le duc de Modène, gouverneur du Milanais, 
; comte de Pirmian, grand protci^teur des arts, ap- 
Qvassent hautement le pii>jet, la construction devait 
faire aux frais du Collège de Brera, et l'on pouvait 
Indre ijuelcpies difllcultés de la part de la cour du pape. 
Le R. P. Boscovicli contribua i les lever par les démar- 
ches actives qu'il fît faire à Rome, et surtout par les fonds 
n'il fournit lui-mérae sur ses appointements; c'est ainsi 
ip'il contribua â lui seul pour plus de i ooo écus i la pre- 
Iftre instillation, et qu'il dimna ensuite plus de 4ooo li- 
r terminer différentes parties des salles et pour 
wr les grands instruments. A celle occasion le P. Bns- 
ich rédigea plusieurs Mémoires importants sur la po- 
axes dti sextant, sur la détermination des axes 



{^U lunette mériilienne, su 
r et du (leniier point d'u 
Quelques années après (i 
mction publique près la c< 



la détermination du pre- 
cercle mural. 
]-]o), le Minisire de l'in- 



■ lii - 

Renies palatines de BKIatmnc chaire d'Aatronomiectd'Oji- 
liqiic, et y a|ipelii le P. Ilosciivich, qui fu 
temps chargé de la direction de l'Observiitiiire, achevé 
depuis 1765. Boscovicli prit possession de ce posle 
en 1770; mais le P. Pallavicini n'élait plus recteur du 
Ciillége.et son successeur n'iiviiit qu'un zèle nicdiocre pour 
les éludes d'Astronomie, Le savxmt malliématicîen ren- 
contra donc des diOicultés, et fut plusieurs mois avant 
d'obtenir un coadjuteur capable de s'occuper avec succès 
d'astronomie sous sa direction. Ce coadjuteur arriva 
enfin de Rome, et les observations véritables commen- 
cèrent et furent poursuivies avec assiduité jusqu'en 1772; 
cependant bien des instruments manquaient encore à 
robseryntoire, et Boscovicb signalait vaioement à la 
cour de Vienne tout ce qui restait à faire pour donner à 
l'établissement du Collège Brera une splendeur véritable. 
Ici intervient un nouveau changement de direction. 
Les PP. Jésuites, qui avaient dépensé pour l'Observatoire 
j>lus de 6:1 000 livres, se crurent autorisés ù pouvoir en 
disposer entièrement, et en rendirent la direction nu 
P. Lagrange. Boscuvich nhtint aloj-s du gouvernement 
autrichien l'autorisation de se retirer, et il partit pour 
Venise et Raguse. Le P. Lagrange se trouva donc de nou- 
veau directeur absolu du nouvel Observatoire, comme il 
l'avait été un insbint de l'ancien, et tous ses cfrorls ten- 
dii-enl h ne pas faire regretter son illustre prédécesseur. 
Des élèves et des aides furent définitivement attachés à 
l'établissement pour les travaux journalîei-s, et le P. La- 
grjmge, auquel son âye ne permettait plus de faire lui- 
dédommagea 
qu'il composa pour les 



17 - 

Ëhémérides, par les accmissements qu'il di>nna ii l'Ob- 
re, par l'iichiit de nnuveaux et importants instru- 
»nls ( ■ ). 

, L' Observatoire construit sur les plans de BnscoTich 
e ciraposait, en 1775, d'nne tour ciirree de 3o pieds de 
tâté, diiminiint de 4o ])ieds la miis^e régulière du palais 
. Cette tour, à laquelle on arrivait par des escaliers 
balêrieurs, avait pour base quatre chambres voûtées, flan- 
piees vers l'est dedeuxuutres cabiuets également voûtés; 
s l'un d'eux «n avait augmenté l'épaisseur des mui-s, 
e manière à rendre une des faces exactemeat parallMe 
I méridien et l'on y plaça dès l'origine un (juadrant 
lirai de 6 pieds de rayon, »}nslrnil par Canivct, de 
I. Cet instrument, qui existe encoreaujnurd'hui, était 
mut h fait remartpialile pour l'époque et pouvait donner 
I seconde ù l'aide d'un vernier et d'une vis niicromé- 
tfique. 

F Aa-dessus des quiitre pièces dont nousvi 
jr, se trouvait une Siilie octngone, d'envi 
e dbmètre, obtenue en coupant par des m 
r quadrangulaire. Cette pièce i 



ïndules, diverses lun< 
nfin deux lunettes i 



ron 3o pieds 
ursles angles 
^nferniatt des 
i mnbiles et à longs foyers, et 
iiiblcment scellées sur des pi- 



f{') t'buloire de In rondutioD de l'ObBervataire de Milan 
t>D>e racontée daiia tes Ff^meridi ili JUilano pour 1776, 
e P. LaEraage, et dans le Journal dex Savaiils pour scp- 
mbre 177(1, par LnlanJe. Le premier récit eel des plus par- 



la. LatanJe paroft s'ëlre propos 
tenion, conûrméo pur lu Ir'vlun 
, que noua nvona ndoplée. 



ch. Dan 
ôrité; c'bbI 



I 



— 1« — 

licrs en |>iprrc, et dirigée» de manière à permetli-e 
l'observotiiiD ries passngeit mcridiens do Sii'ius et de l;i 
I.yre, étoiles au moyen desquelles on devait régler la 
mai-clie des pendules. 

Dans les angles nnrd'csl et sud-est, norJ-micsl et sud- 




nuest de la tour carrée, portant en partie sur ses murs, 
en partie sur les murs de la salle octogone, on avait con- 
struit d'abord deux, puis quatre tourelles ciiTulaires de 
lo pieds de dîuinctre. Ces tours, pourvues de toits co- 
niques tournants, et réunies :i l'intérieur par un bLdcon 



dominant ht salle octogone, devaient être ks véritiibles 
p;il)inets d' observa linn, et c'est dans leur inléi'ie 
Boscovich et L'igrange installèrent Icni's princin^i 
stniinents. 




Secteur éqiialorial Je Siiaon. 

ms la tourelle nord -est, on voyait en r^^S une lii- 
meridiennc construite h Milan mcinc par Joseph 
Ifcçelc, mécanicien de l'Observatoire. L'objectif acbro- 
matitjue de DoUond avait 6 pieds de foyer; l'axe de la lu- 



1 



- 20 - 

ne» te, de 3 pieds de longueur, ])ortait par ses tourillons 
sur deux coussinets mobiles, Tun en hauteur, l'autre du 
sud au nord, de manière à permettre de placer Tinstru- 
ment exactement dans le méridien. 

Ce même cabinet renfermait encore un secteur équa- 
torial, du modèle de Graliam, construit par Sisson au 
prix de 1 80 livres sterling. 

La lunette de ce dernier instrument ( ' ) avait un objectif, 
double et achromatique, d'environ 4 pouces d'ouverture 
pour une distance focale de 4 pieds 8 pouces et tournait, 
par son extrémité objective, autour du centre d'un secteur 
de 4 pieds de rayon et de 9.0 degrés d'ouverture, tandis 
que la partie oculaire se déplaçait, à l'aide de pinces et 
de vis sans fin, sur l'arc de ce secteur. 

Le secteur lui-même était mobile sur un cercle entier 
d'un pied de rayon, en sorte que la lunette pouvait viser 
à une distance quelconque du pôle. L'ensemble de l'in- 
strument avait enfin un mouvement horaire autour d'un 
axe en métal de près de 6 pieds de longueur, et dont les 
deux extrémités portaient, l'une* sur un prisme triangu- 
laire de marbre, l'autre sur une sorte de bras en métil 
solidement fixé lui-même à un pilier en maçonnerie. Un 
cercle gradué, de même rayon que le cercle central, per- 
mettait de mesurer les mouvements en ascension droite. 

C'est à l'aide de ce secteur qu'Oriani commença en 
1^78 une série d'observations des taches solaires ayant 
pour but une nouvelle détermination de la position de la 



(*)Cet instrument) qui existe encore aujourd'hui, est décrit par 
Rpggio dans les Effemeridi di Milano pcl 177S. Une planche 
accompagne la description. 



tîgnc des pAles de cet aslre; c'est aver, ce mùme insiru- 
meiit que Reggio a observé ta compte de 1^79. 

Dans la tour nnrd-ouest se trnitvnit un licau sextant, 
cnnsti'tiit à Paris par C;u)ivet, ayunt 6 pieds de rayon et 
un urc de 60 degrés divisé de 10 en to minutes. Mais In 
particularité la |ilug remarqualilc de ce sextant était 
l'existence de deux lunettes invaL'iablemeiil fixées à angle 
droit sur les faces opposées de l'arc gradué. la pre- 
tnièi-e, celle de la face antérieure, parallèle au rayon 
zéro du sextant, devait servir à mesurer les distances zé- 
nithales plus petites que 60 degrés; la seciinde, fixée 
sur la face postérieure, ctiiil destinée à la mesure des 
hauteurs au-dessus de l'hni'izim. Les Uinelles étant im- 
mobiles, c'étiiit l'ensemble du sextant qui tournait d'un 
double mouvement autour de siin centre de gravité, et 
les lectures se faisaient en cherchant devant quelle divi- 
sion venait se placer le cordon du iil à jilomb . 

Après le départ de Boscovich, le P. Lagrange fit con- 
struire deux autres tourelles au sud-est et au sud-(iuest, 
et y plaça une lunette méridienne de Dollond (1776] et 

I secteur zénithal, 
■our utiliser cet ensemble imposant d'instruments, on 
it attaché à l'Observatoire, avec le titre d'astronomes 
i'élèves, Reggio, deCesaris, et plus tard Oriani (1776), 
:tous les trois devaient rendre justement célèbres entre 
■ l'Observatoire et les Éphémérides de Milan. 
leggio (Prancesco), né le aS avril 1743 il Gènes, fit 
snn éducation chef les Jésuites qui, voyant de bonne heure 
en lui un élève distingué, le firent entrer dans leur ordre 
S l'appelèrent au Collège de Brera, (lù il suivit les cours 
iophie de D. Ocrra, celui- 1,*! même qui provoqua 



— 22 — 

la fondation de TObservatoire. Le maître ne tarda pas à 
développer chez Télève la passion qui l'entraînait vers 
l'Astronomie, et ce dernier devint bientôt un des disciples 
les plus fervents de Lagrange et de Bosco vich. Associé à 
l'origine aux travaux de l'un et de l'autre, il apprit du 
premier le maniement des instruments et la pratique des 
calculs usuels; dans son commerce avec le second il s'ini- 
tia aux idées théoriques élevées, et acquit le sentiment 
de la précision et de l'exactitude. Ces deux qualités dis- 
tinctes se retrouvent toujours en effet dans les nombreuses 
observations que Reggio à faites des planètes anciennes ou 
nouvelles, et dans ses études sur la graduation du mural de 
Canivet, du sextant équatorial de Sisson et du quadrant 
mural de Ramsden. 

Auprès de Boscovich Reggio avait également appris 
l'Optique, et lorsqu'en 1772 le savant jésuite dut quitter 
Milan, ce fut son élève qui lui succéda dans sa chaire et 
continua son enseignement. Ce fut également lui qui en 
1777 succéda, comme directeur de l'Observatoire, à La- 
grange qui se retirait dans son pays natal ('). 

Dès le départ de Boscovich, Reggio continua le tra- 
vail qu'il avait commencé avec lui sur la graduation du 
sextant et du quadrant mural ; ces études, pour lesquelles 
des méthodes nouvelles avaient été imaginées et em- 
ployées, se trouvent dans les Effcmeridi de 1782, et 
servent de bases à deux de ses plus importants Mémoires. 
Le premier résume une série d'observations faites de 1 767 
à 1781 sur les distances zénithales de la Chèvre, de p Co- 



(') Lagrange, né à Màcon le 9 novembre 1711, est mort dans 
cette même ville le 20 août 1788. 



e a du Cygne, qui lui donnèreat jiour latitude 
«le l'Observatoire de Brera ^5" s-]' S-]". Le second ( ' } est 
Ij. discussion de mesures des dist;inces Kcnithules du Soleil 
uux épocpes des solstices ou des éqciiiioxes ; Beggio en 
ounclut la valeur miiyenuede l'obliquité pour lit période lié- 
cenafile de i-^-^i à 1^83 [sans pouvoir toutefois en dé- 
duire la diminution si'cuUiire de cetéléraent], la durée 
moyenne de l'année tropifjiie ( ' ) et la quantité de la pré- 
cession des éc]uinoxes. 

Pendant que Reggio s'occupait ainsi de perfectionner 
hx théorit; du Soleil, Oriani, plus mathématicien, entre- 
prenait des reclierches sur le mimvemenl des planètes, et 
en particulier sur Uranus, qu'il avait été un des premiers 
à observer, et que pendant quelques mois il prit, comme 
Maskelyne, pour une comète. Un premier Mémoire, jm- 
btiè dans les EJCemeridi pour 1785, a pour objet le talcul 
de Tables de son mouvement; en i 787 il compare les po- 
sitions observées aveu les positions calculées, et en 1 789, 
enfin, il chercbe A donner encore plus d'exactitude à ses 
Tables, 

Les années suivantes (1790 à 1793), Oriani précisa 
encore ses travaux. Appliquant Jl Uranus la méthode qui 
venait de servir i Laplace pour calculer les perturhations 
produites par Jupiter dans le mouvement de Saturne, il 
montra quels sont les changements que Satui-ne doit cau- 



(') SuppiitaCio oiliqiiiiacil ecllpcica- ex obseï 
In spécula ajlrononiica medioianenii ab aiiiio 1 
(Effemeriili asironomickt di Miliuio pel \-}%b). 

{') jEquinoxia -vtrna Slediutani abscri-ala 1 

^^HuN 17S3 I^EJfemeritli di ililano pri t^SG). 



-^ 24 - 

serdans les positions d'Uranus, et arriva à faire concorder 
les observations modernes de cette planète avec celles de 
Fiamsteed en i6go et celles de Mayer en 1756. Comme 
conclusion de cet ensemble considérable de recherches (• ), 
les Éphémérides de 1793 renferment une Table destinée 
au calcul des positions successives de la planète. 

L'année 1791 fut marquée par un nouveau progrès 
dans les instruments de l'Observatoire. Le quadrant mural 
de Canivet était en effet tourné vers le sud, et les astro- 
nomes désiraient vivement un instrument semblable, placé 
de manière h permettre l'observation des circumpolaires. 
Cet instrument, un quadrant mural de Ramsden, fut ac- 
quis en 1791 , et bientôt après mis à la place de l'ancien, 
qui fut tourné vers le nord. 

Le quadrant mural de Ramsden ( ^ ) avait une lunette 
achromatique de 36 lignes d'ouverture et de 8 pieds- de 
distance focale ; son arc portait une double division ; à 
l'extérieur la division ordinaire en 90 degrés, à l'intérieur 
une division en 96 parties qui, plus facile à obtenir d*une 
manière exacte, servait de contrôle à la première. 

Deux ans après (1763), le Collège de Brera s'enrichis- 
sait encore ( ^ ) d'un nouvel instrument, un télescope 



(*) De variationibus sœciilaris et periodicis novi planetœ Uraid 
a viribus perturbatricis aliorum planetarum pendentibits ex B^ 
Orianl {Effemeridi astronomiche di Milano, 1790, 1791, 1792 et 

»79^)- 
(* ) De quadranti mnrali quem spéculas mediolanensi construxU 

Jecse Ramsden Londint; Commentarius Ângeli de César is {^Effe- 

meridi di Milano y an no 1792). 

(') Z)e telescopio Herschel speculœ mediolanensi s et de prœci^ 

puis telescopiorum elementis Jngell de Cesaris {Effemeridi di 

Milano, anno 179*1). 



^ewliniieii d'irerschel, de ^4 liyes de diamètre et de 
7 pieds anglais de fi)yer, qui veD:tit compléter su séi-ie des 
lunettes extramértdiennes. 

Dus que les deux quadrants muraux furent placés et rec- 
titiés, Reggio commença avec eux une série d'observutiiins 
d'êtiHlcs qui lui permit de publier dans les Ephémérides , 
de Milan, pour i8oo, uo catalogue de 855 étoiles, tiim- 
])renaQt toutes [es étoiles visibles à nos latitudes depuis 
la t" jusqu'à la 4° grondeur, et pour la zone dans k- 
(luellc se ineuvent les planètes, nombre d'étoiles plus 
petites descendittit jusqu'à la 7° grandeur. 

Ce fui là le dernier travail important de Beggio, qui 
mourut à Milau le 10 octobre i8o4i il fut remplacé à la 
direction de l'Observatoire de Brera par son élève Oriani, 

Orîuni, dont nous avons déjà cité ]>lusieui-s Blémoîi-es, 
(■tait né à Garegnano, près de Milan, le 17 juillet 1752. 
De bonne heure il avait montré une disposition rcmar- 
([uable pour l'étude, et lorsqu'à seize ans il eut terminé 
sou éducation cbezles BarnabiCcsdeMi!im,ilentra (>7^6] 
comme élève astronome à l'Observatoire de Brei-u, Là, 
Itcggio et Ccsaris lui confièrent le soin du plus grand 
nombre des calculs numériques nécessites par la publica- 
tion des Ephémérides, travail dont il s'acquitta avec un 
ïcle qui lui valut de suite l'affection de ses chefs. Après 
deux ans de stage, il fut [1778) nommé astronome, pO' 
silioa qui, en lui donnant une plus grande indépendance, 
lui permit de se consacrer à des travaux originaux. Ses 
premiers essais dans ce genre furent une dissertation sur 
rbitei'poIatioD des longitudes et des latitudes de la Lune, 

Cicrclies sur la précession des équinoxes, d'après 
rvations des anciejis astronomes. Mais ce qui loi 
: 



- 26 - 

valut lu plus grande renommée, ce fut le Mémoire sur 
Uranus, dont nous avons déjà parlé. 

C'est à cette époque que se place chronologiquement le 
voyage d'Oriani dans les Observatoires d'Europe. Par les 
ordres de Joseph II, il pcirtit de Milan le 12 mai 1786, et 
visita successivement : la Suisse ; TAllemagne ; la Belgique ; 
la Hollande ; l'Angleterre, où il connut Maskelyne, Her- 
schel, Ramsden et Dollond ; la France, où il se lia d'a- 
mitié avec Laplace, Lalande et Mëchain. De retour à 
Milan au mois d'octobre de cette même année 1 786, il 
reprit ses recherches sur Uranus, en appliquant au calcul 
de ses perturbations des formules analogues à celles de 
Laplace. 

Il était tout entier à ces travaux, pendant que Bonaparte, 
à la suite de la campagne de 1 796, avançait en Lombar- 
die et entrait a Milan (i5 mai). Au miHeu des circon- 
stances politiques difficiles de ces jours troublés, Oriani 
fit preuve de la plus grande fermeté de caractère et d'une 
remarquable habileté politique : profitant de l'estime et 
même de l'amitié que le général républicain lui témoi- 
gnait, à la recommandation de Lalande et de Carnot, il 
protégea ses collègues du Collège de Brera, menacés d'ex- 
pulsion pour refus de serment, et empêcha la suppres- 
sion des Universités de Pavie et de Bologne. C'est lui 
aussi qui attira h Milan Cagnoli, dont l'Observatoire par- 
ticulier de Vérone venait d'être détruit pendant le siège 
de cette ville, et lui donna les moyens de mettre la der- 
nière main à son célèbre Catalogue de 5oo étoiles (' ). 



(* ) Mémoires de la Société Italienne des XL de Modène, t. X, 
année 1802. 



- 27 — 

Cagnoli, né à Zrnite le 29 septembre 1745, élait de 
Vci-one par su Tamille. Après de brillanles études d.ins les 
Universités du nord de l'Itilie, il entra, à l'exemple de 
son père, dans In carrière diplomatique, et fut successi- 
vement envoya à Madrid (nvcc l'ambassadeur vénitien 
Marco Zeno) et puis h Paris en 1776; c'est là que Lli- 
lande eut l'occasion de lui montrer l'anneau de Saturne. 
Ce phénomène si curieux décida de sa vocation, et dès ce 
jour il se donna tout entier h l'Astronomie. 11 acbeta 
d'abord des instniroenls ; un quart de cercle mobile de 
3 pieds de rayon, muni d'une lunette achi'omatiqne de 
?. pouces d'ouverture, qui avait valu h son constructeur, 
MêfjTiié, un prix de l'Académie des Sciences de Paris ; une 
jwtite lunette méridienne de 3 ^ pieds de foyer; un in- 
strument paialliictic]ue, et quelques antres appareils de 
moindre importance. Ces instruments furent établis dans 
son domicile de la rue Richelieu. [1782), En même temps 
il étiidblt avec Lainnde l'Astronomie mathématique, et 
quelques années après ( 1 785), il pouvait donner à l'Aca- 
démie des Sciences un premier Mémoire sur la détermina' 
lion de l'éqnaleur d'une planète, et pubbail sa très-cé- 
lèbre Trigoiiomélric, l'ouvraye le plus complet qui eût 
encore paru sur cette matière. 

Depuis 1783, il avait aussi commence une série 
d'observations d'étoiles comprises entre la 1" et la 
7' grandeur, et choisies de telle sorte qu'il y en eût 
■lu moins quati'e dans chaque demi-deyré de décli- 
naison; mais le désir de revoir l'Italie devenait chaque 
jour plus ^rand chez lui, et il partit pour Véi'one à la 
lin de I -8^. Arrivé dans cette ville, son premier soin fut 
d'v ériger un nouvel Observatoire, où furent installés 



- 30 --^ 

Ce travail important fut entrepris par Oriani, en 
1810, à l'aide d'un cercle multiplicateur de Reichenbach 
et Utzschneider, de 3 pieds de diamètre, qui, construit à 
l'origine pour l'Observatoire de de Zach à Eisenberg, 
avait été acquis par l'Observatoire de Milan à la fin de 
1809, et installé Tannée suivante dans Tune des quatre 
tourelles du palais Brera ( ' ). Cet instrument, assez sem- 
blable par sa forme générale au cercle de Piazzi, mais 
plus maniable, avait deux cercles : l'un horizontal, l'au- 
tre vertical, de 3 pieds de diamètre, et sur lesquels les 
lectures pouvaient se faire à quatre verniers. La lunette, 
de 3 pouces 2 lignes d'ouverture, avait une distance fo- 
cale de 3 y pieds, et le micromètre était pourvu de deux fils 
horizontaux et de trois fils verticaux. Les nivellements 
étaient obtenus à l'aide d'un niveau à bulle d'air, in- 
variablement fixé sur l'axe de rotation, et les retour- 
nements pouvaient se faire si rapidement, qu'il était 
possible d'observer le même jour une étoile dans les 
deux positions est et ouest du cercle. Pour cela, il fallait 



(') C'est en 1786 que Ramsden construisit les promiera cercles 
enllers; immédiatement après Borda fit faire par Lenoir les cer- 
cles entiers et répétiteurs qui sei'vîrcnt en 1787 à Legendre, 
Méchain et Cassini pour la jonction géodésique de Paris et de 
Grcenwich, et qui furent ensuite employés à la méridienne do 
France. Ces instruments manquaient de stabilité, surtout pour 
la mesure des distances zénithales; aussi on regarda comme un 
grand perfectionnement l'idée formulée en 1803 par Bohnen- 
berger, de donner à leur axe vertical une grande longueur et 
d'en faire porter les deux extrémités sur des massifs de maçon- 
nerie, en même temps que leur niveau à bulle d'air était inva- 
riablement fixé à l'axe de rotation. Biot et Arago avaient en 1806, 
à Form^ntera, un instrument de ce type. 



Bterois qae rastrnnnrae fût nssisti^ d'un un deux uiclos, 
s observations de 33 circumpokii'es fuites k cet in- 
Btmment, de i8to à 1812, par Ori.ini et ses élèves, Cnr- 
Uni et Briosclii, conduisirent pour Brei\i j une ];iti- 
lude de 45''28'o", 70, avec une incertitude de o",5 à 
peiae ( ' ]. Cet élément détermine, les observations elles- 
m^mes donnaient ù leur tour les doclinnisnns exactes des 
mpolnires et permettaient d'en former un cala- 






!, il restait ù rédui 



Litilude de Milan unç fois c> 
«bsenalions du Soleil, de n 
(fuite de rMiptiquc, but principal du travail. Lii dilTicullé 
(Hirtait ici surtout sur la détermination de la réfraction. 
dont la constante devait Être déicnninée de manière à 
donner la même inclinaison, qu'on la déduisit soit des obscv- 
valions du solstice d'été, soit de celles du solstice d'hiver. 
Oriani dut rejeter les Tables de Mayer, de fiesscl, de La- 
place, et se servir de celles que Carlini avait spécialement 
dressées pour le climat deMilan et publiées en 1808. L'ac- 
cord entre les deux séries d'observations devînt alors 
sur&sant [Éitlicmèrides de Milan pour 1816). Notons, 
d'ailleurs, qu'Oriani revint encore sur ce sujet en tSai, 
en 1836 et i83o. 
jCe dernier Mémoire avait été précédé delà publication, 
1837, des opérations géodésiijues failes en i8o<) et 



■ J Épkéméridrt de Milaii pou r 1 1 

> résultat coiiicitle li trrà-pi?u 

K*6aS par Carlini, i, l'tiido dit 

li t Mceliain «n i^gî-ivg^, lors 

encore aujourd'hui conseï 



- 32 - 

i8io pour la vérification de Tare du méridien de Rome 
à Rimini, et en 1821 pour la mesure de l'arc de méridien 
compris entre Milan et Gènes et la triangulation de la 
Lombardie. 

L'âsîe d'ailleurs était venu et avec lui les infirmités. 
A partir de i83o Oriani délaissa l'Astronomie, et il mourut 
à Brera, le 1 2 novembre 1 832, à l'âge de quatre-vingts ans. 

Les recherches d'Oriani, dont nous n'avons pu présen- 
ter qu'un résumé incomplet et très-sommaire, avaient 
viilu à leur auteur une renommée qui s'étendait à toute 
TEurope, et des honneurs considérables. Napoléon P*" 
l'avait nommé comte, sénateur du royaume d'Italie, et 
avait même voulu le faire évêque. « Peu s'en est fallu, 
écrit Oriani à Piazzi, le 6 novembre i8o5, que je fusse 
évêque. Notre empereur et roi voulait me donner l'cvê- 
ché de Vigevano, qui a 4^ 000 livres de rente nette, et 
un tout petit diocèse de cinq paroisses seulement. Je l'ai 
refusé immédiatement, et, malgré les prières et les im- 
portunités de mes amis, je suis resté ferme dans ma réso- 
lution. Sa Majesté m'a alors îiccordé une pension de 
8000 livres sur les revenus dudit évéché, et je puis ainsi 
continuer plus aisément mon vieux métier. » 

Les goûts simples qu'Oriani avait toujours conservés 
au milieu de sa grande prospérité lui avaient rendu facile 
de ne dépenser qu'une faible partie des sommes qu'il re- 
cevait ainsi, et a sa mort sa fortune se trouvait considé- 
rable. Ne voulant pas la garder tout entière pour sa fa- 
mille, il en consacra par testîiment ( * ) la plus grande partie 



(*) Voici, en eflTet, la copie des deux articles du testament 
d'Oriani, relatifs à ces iegs : 




- n - 

fassurer les travaux de PI.in;i cl à doter l'Oliscrvatuire 

IDiitil nvHJt ctc lu gtiiire. 
Cesarîs ( A.ngclnj, rjuî avu!t été le maitic, \c coiilident, 

l'ami dévoHB d'Oriani, l'avait iinicédë de (jiielqiK'S miiis 

dans la tombe. Né k Pusterlcngo (territoire de Lodî] le | 
octobre I749< Cesaria Gt une partie 4^ ses études chez 
s Jésuites du Collège de fii'ern, où il eut pour mattrea 
jptigrange et Boscovicli, qui lui inspirèrent le goût de 



. ,3 


Lucîo pep 
mila r<'iii>cb 


eqniïBlenli 


û[ Bic. cavB 
> lire (IU9I. 


ibblÎL 


aie, ch 


ecli 


nurisBO prima 
Ugli ed ereà 


o di slima 
di me, i ci 



soin ïdU'J lira nuslr. dut 



ic allievi. Easendu qiiesto stabilimpnlo 
ftcienliflca proyeiliila di molLî eccellenli iairuroenti, d dorendo 
rontiiiiiara l'edbhine délie Effemeridi aitroaomiche, glà da cin- 
qUBnt' otio a nui comminclHtn c non mai inlerrella, un solo astrn- 
nniDo G due Bllievi non poltrubbero Tara do Diûlte OBservazioni 
ne ealcoli di essi o du41e elTi'meridi. Sa quesla diapaaiiiono nnn 
Tdsse approïala liai [[oterno, il suJdetlo ïiitereaBe dclla due cenlo 
mila lire aarii cantcrtitu in tunle pcnaioni aiiiiue di lire aeicento 
|ier que! Qlotani Mllanesi di naecilu civile e di otlimi eostumi 
elle atlenderuDiio cou deciaso proOlto S|tII aludi di in|;euerG nella 
I. R. tlnivenilli di P.ivin. ■ 



k 



o di Hrrrn, lî 3[i Magi-io jKii. 



- 34 - 

rAstronomie et le firent entrer à TObservatoire en 1778, 
lors de Li reforme de cet établissement. 

Bientôt après il commençait a lui seul la publication 
des Èphémérides de Milan ^ travail qu'il devait continuer, 
presque sans aides, pendant vingt-huit ans, passant toutes 
ses journées à calculer les positions du Soleil d'après les 
Tables de Lalande, celles de la Lune d'après les éléments 
de Mayer, les éclipses des satellites de Jupiter d'après les 
Tables de Wargentin ('). Ce travail fastidieux, où les 
mêmes calculs revenaient sans cesse et on des erreurs pou- 
vaient être commises à chaque pas, ne fit cependant pas 
perdre de vue a César is que le devoir fondamental d'un 
astronome est de contribuer par d'incessantes observa- 
tions aux progrès de l'Astronomie. Nous le voyons donc 
dès l'origine ajouter à ses travaux de calcul le soin d'ob- 
server les positions du Soleil et des planètes en opposition, 
d'abord au sextant de Canivet, puis ensuite au quadrant 
mural de Ramsden, dont il avait spécialement étudié la 
division ('), et dont il continua toujours à se servir avec 
une prédilection particulière ; car, tandis que ses collègues 
employaient les nouveaux appareils, comme le cercle ré- 
pétiteur de Reichenbach, il observait toujours au quadrant 
les planètes, le Soleil, les comètes remarquables. Les 



(*) Les Effemerldi di Milaiio ont été régulièrement publiées 
(le 1775 à 1875 ; elles forment donc une collection de 100 volumes. 
Les volumes de 1776 à i8o3 ont été calculés par Cesaris; ceux 
de i8o3 à i863 par Carlini; ceux de i8G3 à 1876 par les soins 
de M. Schiaparelli. 

(') De quadranti muraliy quem speculœ mediolanensi construxit 
J. Ramsden j Commentaritis Angeli de Cesaris {^Effeirieridi di Mi- 
lanoy 1 792 ). 



w — ~ — 

^^Hncî|>au\ travaux de Cesai-is se ]Jij]»jrieiit tl'ailleiirs 
j l'étude des instruraents et des mouvements a[ix<]iie[9 
ils peuvent être sujets comme coasétiuence de lu manière 
dont ils sont installés ; c'est ainsi, par exemple, que les 
Ephéméiides de Milan pour 181 3 et pour i8iti renfer- 
ment deux saTantes dissertatiiins de notre astronome sur 
le mouvement oscillatoire qu'éprouve, dans l'interviille 
d'une journée ei sous l'action inégale des rayons solaires, 
un édifice élevé, comme l'Observatoii'e de Brera, Certes 
te phénomène est bien connu aujourd'hui, et tous les 
nsti'onomes l'ont successivement constaté; mais il ne faut 
piis oublier que Cesuris u étë le premier à le signaler. 
. Dans un autre ordi-e d'idées, en doit à Cesaris la con- 
struction [178^] de la méridienne du dôme de Milan, le 
plus esact des instruments de ce genre qui nient jamais 
ctc édifiés. 

Lorsque, le 18 avril i8!Ï2, la mort surprit Cesaris, il y 
avait déjà plusieui's années que, fatigué par l'âge, il avait 
été forcé d'abord de restreindre de plus en plus, et même 
ensuite d'abandonner presque complètement les obsei'va- 
lions. 

La mort venant ainsi d'enlever en quelques mois les 
deiii plus célèbres ;i8tronomes de l'Italie, le soin de la 
publication des Ephémérides et !a direction des travaux 
de l'Observatoire piissèrent à Garlini, qu'un long séjour 
au Collège de Brera avait déjà rendu Tamilier avec tous 
les détails de l'Astronomie de calcul el d'observation, 

Carlinl, dont le père oecupiiit le poste de bibliothécaire 
à Bi-era, él;iil né à Milan le 7 janvier 1^83^ et avait fait 
toute son éducation chez les Révérends Pères, qui diri- 
Eaient alors rétablissement; il peine ses études terminées. 



^^£^ient alors I 



~ 3G - 

il fut nomme élève à TObservatoire (iGiiovembre 1799), 
et puis bientôt après (1801) membre adjoint à la Com- 
mission chargée d'introduire en Itidie le système des poids 
et mesures français. 

Les travaux de la Commission étaient encore loin de 
toucher à leur terme que le jeune Carlini observait Pallas 
en opposition (i8o3), et inaugurait la série de ses obser- 
vations des astéroïdes et des comètes. 

C'est encore à la même époque que le soin du calcul 
des Effemeridi di Milano lui fut entièrement remis, et 
qu'il entreprit ses recherches d'Astronomie théorique, La 
première question abordée par lui fut celle des Tables du 
Soleil. Les Tables deDelambre, dont on se servait partouf: 
alors, n'étaient pas absolument exemptes d'erreurs. Carlini 
reprit entièrement les calculs et leur donna une disposi- 
tion nouvelle dispensant de la double interpolation, né- 
cessaire jusque-là pour obtenir la position de l'astre à un 
moment donné (*). Plus tard (i832), dans une seconde 
édition, il perfectionna encore ses Tables par l'emploi des 
constantes nouvelles auxquelles avait conduit une con- 
naissance plus exîicte des éléments de notre système so- 
laire. 

Les Tables du Soleil à peine publiées, Carlini s'asso- 
ciait à Plana (181 3) pour élaborer une théorie complète 
de la Lune. Depuis Newton, Clairaut, d'Alembert, Euler 
avaient successivement cherché la solution analytique du 
problème, mais leurs recherches n'avaient pas eu un suc- 
cès complet; plus tard, Mayer, Masson, Biirg et Burck- 



( *) Tavole dvl Sole pel meridiano dl Milano seconda gli élément i 
del signor Dclambre {^Effemeridi pel 1811). 



37 - 
, emimuitant -i leurs devaociei's ta rorme seule des 
inégalités, avaient cherché a déterniinerj par la coinpa- 
raisun avec les observations, la vuleur numérique des 
divera coefficients et construit des Tables lunaires sulK' 
samment exactes. Toutefuis, il y avait lieu de reprendre 
complètement la question en poussant les approximations 
plus luin qu'on ne l'avait encore fait et en ne demandant 
à l'observation que les éléments absolument iodispensa- 
liles à la détermination du problème. Carlini et Plana 
s'occu{)aient depuis sept ans déjà de la pai'tle analytique 
Je ces recherches lorsque, à la demande de Lapluce 
(tSso], la question fut mise au concours par l'Académie 
des Sciences de Paris. Le Mémoire des deux astronomes 
italiens fut alors euvoyé au concours et couronné en 
même temps qu'un travail de Damoiseau ; j'ai dit ailleurs 
que c«s recherches furent complétées, puis publiées en 
i832 par Plana. 

Parmi les techerches exclusivement théoriques de Cu'- 
liui, nous devons encore citer un Mémoire sur la conver- 
gence de la série qui sert à résoudre l'équation du pro- 
blème de Kepler [1818) et des Tables de l'e'quatiou du 
centre et de la réduction k l'éclîptique de Cérès, Vesta, 
Junon.Pallas [«8t4 à 1818). 

Le soin de ces multiples travaux de calcul ne faisait 
(>tiint d'ailleurs oublier à Carliai les observations, et, 
après de laborieuses journées qu'il passait courbe sur ses 
cliilTi-es, il montait chaque soir au sommet de l'Observa- 
tou'c pour y employer de longues heures à déterminer 
les positions de la Lune ou des planètes dans le but de 
irriger les éléments de leurs théories. 

n premier travail dans cette voie ex]>éri mentale fut 

Ott. d'Itaiie. ', 



^^H Son pi 



- 38 - 

(1807) le calcul d'une Table des réfractions, déduite des 
observations faites au cercle multiplicateur de Lenoir, qui 
avait la particularité de donner des réfractions un peu 
plus grandes au nord qu'au midi, comme s'il y avait une 
certaine dissymélrie entre les portions boréales et aus- 
trales du ciel de Milan. Ayant repris ce travail en i85o, 
CarJini a constaté que cette dissymétrie n'était pas réelle, 
mais que la formule de Laplace ne pouvait, dans aucun 
cas, donner des réfractions convenables pour le ciel de 
Milan. 

Dans la première partie de sa vie, Garlini a encore pris 
une part importante aux travaux géodésiques qui ont été 
accomplis dans la haute Italie pendant les premières an- 
nées de notre siècle^ c'est ainsi que, de 1802 à 1807» 
il mesure une suite de triangles dans la vallée du Pô, 
puis que, en 1821, il est, avec Plana, chargé de la jonc- 
tion des triangulations françaises et, italiennes et fait la 
plupart des observations astronomiques néoessaii^es à cet 
objet (•). 

Pendant l'exécution de ces divers travaux, Garlini 
avait été successivement appelé au poste de second astro- 
nome (181 7) et puis de premier astronome (3o octobre 
1832) ; après la mort de Gesaris et d'Oriani, il fut enfin 
nommé directeur dé T Observatoire, le 10 février i833. 

En cette qualité, il eut à faire terminer l'installation 
d'un cercle méridien de Starke, que l'Observatoire avait 
obtenu en 1825, après une. visite de l'Empereur et Roi 



(*) Opérations géodésiques et astronomiques pour la mesure 
d^un arc du parallèle moyen, ,,^ par Plana et Garlini. Milan, i8a5« 
1837. 



d'Antriche an coUége de Bi'era, et dnnt la mise en place 
avait été relardé]e par les lenteurs Je la cnnstriictioii et 
par la dîflicultc de lui trouver une situation convenable. 
L'Observatoire de Bnscnwich et de Lagrangc ne renfer- 
mait en effet aucune salle dnnt I;i stabilité fût assez assu- 
rée pour recevoir un instrument d'une aussi grande pré- 
cision, et l'on avait été obligé de faire clioix pour cela de 
la tour de l'ancienne église de Brera. Cette tour, primiti- 
veraent construite en ii36, réparée pn 1229, recon- 
struite presque entièrement en i347, occupait dans le 
bâtiment une position isolée, et la profondeur de ses fon- 
dements, ainsi que l'épaisseur de ses murailles, semblait 
devoir lui donner une immobilité presque absolue, mais 
sa partie supérieure se ti-ouvaiE obliquement rasée. Il 
fallut donc d'abord en reconstruire le sommet, puis ap- 
puyer sur ses parois orientales et occidenLiles un solide 
arc de voûte destiné à porter les deus piliers en granit 
qui devaient servir de support -aux tourillons du cercle 
méridien. I^s constructions, commencées en i83i, ne 
furent terminées qu'à la fin de 1 833, et l'instrument mis 
en place seulement dans les premiers jours de i834 par 
les soins de Carlini, de Frisiuni et de Kreil. 

L'appareil se composait d'une lunette de Reichenbacli 
et Ctzschneîdêr, ayant un objectif de 4 pi^uces de diamètre 
aTec 5 pieds de distance focale, et d'un cercle gradué 
de 3 pieds de diamètre, dans l'intérieur duquel tournait 
un cercle alidade, muni de quatre verniers et solidement 
fixé au voisinage de l'un des tourillons. L'instrument 
avait en outre un niveau el les moyens de rectification 

^^^cessaires. 

^^H>epuis son installation, le cercle méridien n'a cessé de 



- 40 - 

servir à des observations de passage, poursuivies dans le 
but de déterminer les positions de la Lune ou des pla- 
nètes, mais la plupart des observations de déclinaison ont 
continué à être faites au cercle multiplicateur de Rei- 
chenbach ; c'est, par exemple, avec cet appareil que 
Carlini a continué, jusque dans les derniers mois qui ont 
précédé sa mort, les observations de solstices qu'Oriani 
avait entreprises dès le commencement du siècle pour 
déterminer l'obliquité de Técliptique et sa variation sécu- 
laire. 

Comme son devoir l'y obligeait, Carlini s'est encore oc- 
cupé de questions météorologiques, et nous lui devons 
un Mémoire sur les variations horaires du baromètre 
(1828), des recherches sur une variation périodique 
dans la température, qu'il croit pouvoir faire dépendre 
de la rotation du Soleil, dont toutes les faces n'auraient 
pas une égale énergie calorifique (i845), et une étude 
sur la quantité de pluie qui tombe à Milan et dans la 
Lombardie (1859). 

Malgré un travail énergique et assidu, Carlini avait 
conservé jusqu'à 79 ans une activité presque égale à celle 
d'un jeune homme, et, préchant d'exemple, il observait 
chaque nuit. Vers le commencement de 1862, il fut cepen- 
dant atteint d'une maladie d'intestins, dont les progrès 
furent rapides et à laquelle il succomba à Crodo, dans la 
vallée de Domo d'Ossola, le 29 août 1862, après une 
existence des mieux remplies ( * ) . 



(*) M. G.-V. Schiaparelli a consacré à Carlini une Notice éten- 
due dans les Atti del reale Istituto hombardo, volume III, p. 381 
année i863. 



|. fistronome 



succcsa!uD de Cnrlini écliut à M. G. ScliIiijMrelli,,j 

second d 



i depui 



M. SchLiparellî, né diinsie haui Piémont, à Savigliano, 
I dans les premiers jours de mars i835 (son baptême est 
a fait ses éludes au collège de cette ville, puis à 
1 rUitiversilé de Turin (i85o-l854), qui lui conféra, en 
1854. le diplôme d'ingénieur architecte. L'eiercice de 
I cette profession ne convenant ni à ses goûts ni à ses apti- 
[ ludes, il sollicita et obtint (i856) du gouvernement sarde 
I le subside nécess.-iire pour aller à Berlin suivre les cours 
I d'Aslronomie que Encke faisait à l'Université et à l'Ob- 
j'e ; pendant trois ans, il fut l'un des élèves les 
[ plus assidus du célèbre astronome et se familiarisa sous 
[sa direction avec lu pratique des instruments et des cal- 
Lctuls.Enmai 18S9 enfin, il partit pour Puikova, où il 
t séjourna une année entière. Ayant alors été nommé se- 
I cond astronome à Brcra, il revint h Milan prendre une 
I part active au calcul des éphémérides et à l'observation 
Ides planètes et des étoiles. 

A l'époque de la mort de CarUni, il s'était déjà signalé 
ftiur la découverte d'Hesperia [f.Q avril 1861), les obser- 
ftTutioDS des comètes de 1861 et de 1862 et une compa- 
Braison générale des diverses mesures de longueur en 
I usage en Italie. 

La grande préoccupation de H. Scbiaparelli paraît 
ivoir été, dans les premières années nu moins, de faire 
ace à la publication des Éphémêiidex, qui, de plus en 
Lplus développées, finissaient par absorber la plus grande 
I partie des forces de l'établissement, et qu'il a enrichiei 
i grand nombre de Mémoires importants : sur la direction 
E des queues des comètes (1861]; sur la distjince des étoiles 



- 42 - 

fixes (1866] et enfin sur la manière de déduire des courbes 
empiriques la véritable expression des lois de la nature 
(1867). En même temps, le jeune et savant directeur 
de rObservatoire de Brera publiait, sur l'origine des 
étoiles filantes, un Mémoire qui, devenu populaire et 
classique, montrait chez lui des qualités précieuses de 
discussion (' ). La théorie cométaire des étoiles filantes est 
aujourd'hui trop connue pour qu'il soit nécessaire d'ana- 
lyser ici le travail dont nous parlons ; il nous suffira de 
dire que, dans un développement de quelques pages 
d'une logique entraînante, M. Schiaparelli met hors de 
doute l'origine de ces biillants météores, prévoit les lois 
de leurs apparitions et trace le programme d'une vaste 
étude, qu'il poursuit encore aujourd'hui, précisant sans 
cesse ses premières conclusions (*). 

En même temps, on continuait à l'Observatoire de 
Milan les observations d'étoiles comprises entre io5 et 
1 1 5 degrés de distance polaire, et, en 1 865, Capelli en 
publiait le résumé dans les éphémérides de l'Observatoire. 

Avec l'année 1876, les Effemeridi di Milano venaient 
de compter un siècle d'existence, et l'utilité de ce recueil 
était devenue tous les jours plus faible, par suite de la 
facilité des communications, qui mettait aisément entre 
les mains de tous le Nautical Almanac ou la Connais- 
sance des Temps, Fallait-il, dans ces circonstances, conti- 



( * ) Note e riflessioni intorno alla teoria astronomica délie stelle 
cadenti, Firenze, 1867. 

(') Sulla relazione fra le comète, le stelle cadenti ed i meteO' 
riti, Memoria del Prof, Schiaparelli ( Memorie del reale Istituto 
Lombardo, vol. XII, p. \[\b\ 1873). 



^B Parn 



à user les forces de l'Observa toi re dans des calculs 
à Londi'es oii à Paris avec un soin qui ne laisse rien 
à désirer? M. Schiaparelli ne le pensa pas, ^t il préféra, 
interrompant la publication de ses Ephéméiidci, consa- 
crer toutes ses ressources et toutes les forces de son per- 
sonnel à perfectionner son outillage astronomique et à 
étendre le champ de ses observations. A partir de l'im- 
essïon des Effemeridi pour r8j5, les publications de 
bservatoire de Brera sont donc devenues irrégulières 
mferment plus que des Mémoires spéciaux. 
l Parmi les fascicules in-folio de ce recueil, plusieurs (' ) 
sont sans rapport immédiat avec les travaux de l'Obser- 
vatoire et ne pourraient utilement être analysés ici, mais 
^^A'autrcs témoignent de l'activité de son personnel actuel 
^^bbouB devons les résumer. 

^^BCn des plus importants est le Mémoire de M. G. Schia- 

^Crrelli sur la grande comète de 1862 (comète 1863, U), 

qui, comme on le sait, est en relation avec l'essaim des 

Perséides. Cette comète, découverte à Flrii'ence le aa jnil- 

X par M. A. P.tcinotti, a été observée à Milan, à la lu- 

edePISssl, du ^4 juillet jusqu'au i4 septembre, et 

â a pu y constater l'augmentation de la lumière propre 

Ela comète à mesure que l'asLre approchait du Soleil, 

i que la diminution de la grandeur de la tète en 

me temps que se formait la queue. Du développement 

iU queue en dehors du plan de l'nrbile, de l'existence 



t'I I firecHrsori di Cojiernico neW emichilà di G. Schiaparelli 1 
riipondeiiza attronomîca fra G. Piaizi c Oriniii; Le tfem 
triche di Eadoxio, di Collipi>a e di Arislaiele di G. Schia- 
dti; Soir eeliai solare totale del 3 giif^/io 1 a3g di G. Celoria. 



- u - 

de queues multiples, de l'aspect dissymétrique des pana- 
ches de la tête, M. Schiaparelli conclut ensuite que les 
transformations des comètes résultent de l'existence si- 
multanée d'une force de projection émanant du noyau et 
d'une force répulsive ayant son centre dans le Soleil. 

Une question importante qui devait attirer l'attention 
des astronomes de Milan était la détermination de la lon- 
gitude du collège de Brera et la relation à établir entre la 
triangulation italienne et celle des pays situés plus au 
nord, la Suisse et l'Autriche, sur le méridien de l'Europe 
centrale. Milan se trouvait, il est vrai, rattaché à la trian- 
gulation française par suite des opérations faites en 1822- 
1823 sur le parallèle de Marennes à Fiume, mais la posi- 
tion ainsi obtenue ne pouvait plus être considérée comme 
suffisamment exacte, eu égard aux progrès accomplis de- 
puis lors dans les opérations d'Astronomie géographique. 
On résolut donc, en 1869, de rattacher Milan h la trian- 
gulation suisse par une détermination télégraphique di- 
recte de la différence de longitude entre le collège de 
Brera et le sommet du Simplon. 

Les observations nécessaires ont été faites en 1870 par 
les soins de MM. Schiaparelli et Celoria, Hirsch etPlanta- 
mour. 

A Milan, on s'est servi d'une petite lunette méridienne 
brisée d'Ertel, dont l'objectif a 66 millimètres d'ouver- 
ture et environ 70 centimètres de distance focale ; c'est 
un instrument semblable à ceux adoptés par la Commis- 
sion du degré européen. Le temps était enregistré sur un 
chronographe de Hipp. On avait d'ailleurs pris soin de 
placer cette lunette non pas dans le bâtiment même de 
l'Observatoire, que l'on peut croire sujet à quelques os- 






dllatîoDs dépendant de tu grande hauteur, 
sfil même du jardin biituniquc qui lui est adjacent, 
jMÛnt Tucili; a joiudre par une triangulation second: 
&nmmet {-éodësique du Dôme, 

l.es opérations iint donné pour diFTérence de longitude, 
entre Milan et Berne, ^"^ o',i83f avec une erreur prob;iblo 
de o".oi3. 

Les observations et les calculs exigés par cette impor- 
tante opération termines, les astronomes de Brera revin- 
rent à leurs travaux ordinaires, dont le plus considérable 
détermination des étoiles de i''^ à ii* grandeur 
entre iS" et 25' de déclinaison australe. 
travail eut entre autres résultats celui de remettre 
les défauts inhérents au mode adopté par 
flans la construction du cercle méridien, et (jui, 
déjà signalés en i86<j par M. Schiaparelli, proviennent, 
pour la plupart, d'une grande dirSculté de retournement 
fi-ottcment du cercle alid-ade conti'e le cercle gra- 
)n résolut donc, il cette époque, de faire subir ,i 
itrumetit des modiGcations, a (iji>urd'huî en voîed'exe- 
et qui consistent à fixer directement le cercle 
lue sur les tourillons de la lunette et à substituer au 
le alidade nu châssis fixe qui jHirlera quatre mîcro- 
mîcrom étriqués pour les lectures. C'est avec l'in- 
imenl ainsi modifié que sera repris et complété par 

le travail des zones. 
»'un autre côté, les obsenations de romètes ou d'as- 
faîbles avaient depuis longtemps fait sentir l'insuffi- 
totale de l'équatorial de Sisson, même complété 
l'adjonction de la lunette de PlHssl. Aussi col appa- 
est-îl aujourd'hui remplace par un équatorial de 




- 46 - 

Merz, dont la lunette, de 218 millimètres d'ouverture 
avec une distance focale de 3"*, 20, est conduite par un 
mouvement d'horlogerie à pendule conique. Le cercle 
de déclinaison donne les 10 secondes et le cercle horaire la 
quantité correspondante. Les qualités optiques deTobjectif 
sont telles, qu'il supporte facilement un grossissement de 
700 fois et montre facilement le satellite de Sirius. 

L'instrument, qui n'est monté que depuis le mois de 
février iS^S, était encore, à l'époque de mon passage à 
Milan, en octobre 1876, dans la période d'essai. M. Schia- 
parelli en étudiait alors toutes les parties et répétait avec 
lui les diverses expériences de Struve sur la mesure des 
étoiles doubles de différentes grandeurs relatives. Un des 
premiers travaux qu'il compte entreprendre avec ce ma- 
gnifique apparçil est, en effet, une série d'observations 
d'étoiles doubles qui seront favorisées par la belle trans- 
parence du ciel d'Italie. 

On peut d'ailleurs être assuré que, entre les mains ex- 
périmentées de ]MM. Schiaparelli et Celoria, les riches 
instruments de l'Observatoire ne demeureront pas inu- 
tiles. 



CHAPITRE III. 



OBSERVATOIRE DE FLORENCE. 



La Tondatioa de l'Observa luire de Florence, rendu cé- 
lèbre par les truvuux d'Amici et de Donati, l'emonte a 
[Tannée i"]"]^ environ. A cette époque, Léopold d'Autriche, 

' grand-duc de Toscane, faisuit réunir dans les dépendance!! 
du palais Pitti une immense cnllection d'objets relatifs 
aux sciences |ihysiques et d'appareils piv^pres à assurer 
le développement des études de Philosophie naturelle. 
Parmi les établissements que devait renfermer le nouveau 
MaseQ impériale di Fisica e SCoria nalarale, figurait en 
première ligne un Observatoire métco.rologique et asti-o- 
nofflique. Dans le but de le pourvoir d'instruments aussi 
parfaits que possible, l'abbé F. Fontana, directeur du 
Musée de Florence, fit (i^jS) un voyage en Angleterre 
et commanda à Sisson un instrument des passiiges, un 
lecteur ïénithal et quelques autres lunettes de moindre 

I importance. 



- 48 - 

Mais, quoique les dispositions générales du plan de TOb- 
servatoire eussent été arrêtées à la fin de 1775, après un 
voyage de J. BernouUi à Florence, les constructions ne 
marchèrent que lentement, car on discutait toujours sur la 
disposition intérieure à donner à la salle principale et sur 
la convenance d'y placer soit un quadrant mural, soit un 
instrument des hauteurs construit sur le modèle de celui 
qui venait d'être installé à l'Observatoire de Copenhague. 
Ce dernier instrument fut enfin adopté (1777), mais on 
résolut en même temps de le faire fabriquer en Toscane, 
et de là résulta un retard considérable, les artistes du pays 
n'ayant point alors à leur disposition Toutillage indispen- 
sable à l'exécution d'un semblable travail. 

Pendant ce temps, Sisson avait terminé l'instrument 
des passages et le secteur zénithal, définitivement com- 
mandés en août 1779, et les deux instruments étaient ar- 
rivés à Florence, où ils furent mis en place ( décembre 
1784) par les soins de Slop, alors à l'Observatoire de 
Pise et déjà connu par de nombreuses observations astro- 
nomiques. 

L'Observatoire aurait donc pu, dès cette époque, être 
mis en activité et se rendre utile, mais Fontana et son 
aide, Fabroni, étaient plus physiciens qu'astronomes, et 
l'on préféra attendre que le cercle des hauteurs, pour 
lequel on avait déjà acquis de Dollond deux lunettes 
achromatiques, fût entièrement achevé. 

Tous ces délais accumulés avaient conduit à Tannée 
1 790, et le grand-duc Léopold, devenu empereur d'Au- 
triche, avait laissé à son fils Ferdinand le soin de gouver- 
ner la Toscane. Ce dernier' renouvela les ordres de son 
père relativement à la construction du cercle des hau- 



K 



- i9 — 

teorset décïdii même (i^ mars 1792) la nomination d'un 
astronome observiiteur. Toutefois, ce ne fut que le 
i4 mars 1807 (|iie, sur lu proposition du comte Bardi, ht 
reine Marie-LouJse nomma aupi'ès du Musée un profes- 
seur d'Astronomie, auquel il fut ordonne de fiiiie un 
cuurs (l'Astronomie et de s'apiiliquer aux observations 
d'Astronomie et de Météorologie. 

Le pi-ofesseiir choisi par la souveraine avait été Dome- 
de Vecchi, qui, depuis plusieurs années déjà, s'était 
travailler à l'OLservatuire sans aucune rétribu- 



Le jetine astronome eut d'abord à lutter contre les dif- 
ficultés de toutes sortes provenant des changements inces- 
sants dans le régime auquel fut soumis -le Musée, succes- 
sivement considéré comma établissement municip;d de lu 
commune de Florence et enliu de la couronne impériale 
de Fmnce ; ce ne fut guère qu'ù partir de ce momeut 
(mars 1809] qu'il eut à sa disposition les fonds néces- 
saires pour faire réparer les instruments qui, n'a;yunt 
pus été utilisés depuis 1 784 , êt;ûeat dans le plus mise- 
l'able état, et pour faire construire ceux qui manquaient 



L'Observatoire, situé sur l'angle nord-est de l'édifice 
où sont réunies les culleciions du Musée, occupe l'étage 
suiwrieur d'un assez vaste bâtiment rectangulaire, con- 
struit avec une grande solidité, et le fuîte d'une tour car- 
rée qui lui est attenante. 

Dans le bilriment rectangulaire se ti'ouve la salle méri- 
dienne, qui renferme elle-même un gnomon, construit en 
1784 par Slop, et l'instrument des passages ■ les piliers 
de ce dernier portent, l'un sur un mur qui divise en 



-^ 50 - 

deux parties tout le bâtiment, l'autre sur un solide pilier 
appuyé sur d'épaisses voûtes ('). 

Le corps de la lunette méridienne se compose de deux 
cônes de laiton réunis par un cube central qui sert, en 
même temps, de point d*appui aux deux cônes creux qui 
portent les tourillons. L'objectif achromatique a 3,8 pou- 
ces de diamètre et 7,76 pieds de foyer. L'oculaire, dont le 
grossissement est de 100 fois environ, est mobile et peut, 
à l'aide d'une vis à long filet, venir se placer successive- 
ment devant les cinq fils du réticule. Les tourillons en 
acier portent sur deux coussinets, dont l'un est mobile du 
nord au sud, l'autre de haut en bas, en sorte qu'ils per- 
mettent le réglage du plan de la lunette. 

L'horizontalité de l'axe de rotation ou la mesure de 
son inclinaison s'obtient par un procédé qui n'est plus 
employé depuis de longues années et que, par cela 
même, il n'est pas inutile de faire connaître. 

Sur les deux tourillons, on peut placer deux supports 
en forme de A renversé, dont une des branches se pro- 
longe vers le bas et est fixée à une règle horizontale d'une 
longueur égale à celle de l'axe de rotation ; cette règle 
est, elle-même, la base d'un triangle isoscèle en laiton, 
dont le sommet se trouve voisin du sol. Au milieu de la 
base se trouve fixé un fil à plomb, dont un microscope 
fixé vers le sommet permet de noter la position à 
droite ou à gauche d'un repaire central, devant lequel il 
se placerait si la ligne des tourillons était rigoureusement 



(^) Cette disposition est nécessitée par le défaut d'orientation 
du bâtiment. 



- 51 - 

horizontale. L'appareil est le niveau ti-iangulnire des ma- 
çons renversé, 

11 y a encore, dans cetle lunette de Sissnn, un second 
détail de construclîon (jni mérite d'élie noté. Je veux 
parler du procédé de calnge. Pnur diriger la lunette à la 
hauteur où doit être l'étoile dont on attend le passage mé- 
ridien, l'éminent constructeur de Liindres a fixé sur l'un 
des piliei's un demi-cercle gradué de 6 pieds de rayon, 
dont le diamètre est horiïontal. L'inelinaisnn de la lu- 
nette sur riinrizon aurait alors pu être mesurée avec une 
alidade invariablement Rxcc au corps de l'instrument et 
mobile devant la graduation ; mais du frottement de cette 
alidade contre le cercle fixe am'ait ]iu résulter un déran- 
gement dans la position de la lunette, aussi Sisson a-t-il 
employé un autre système ; sur le cercle gradué se ment 
un vernier qui porte, perpendiculairement au plan du 
cercle, uti œilleton muni de deus fils en croîs ; au voisi- 
nage de l'un des tourillons est fixé, d'une façon inva- 
riable, un miroir plan rigoureusement perpendiculaire à 
l'axe optique de la limette. C'est la normale a ce miroir 
qui joue le rôle d'alidade ; quand on veut observer une 
étoile de hauteur donnée, on procède de la manière sui- 
vante : le vernier est amené à la division qui mesure la 
hauteur méridienne de l'astre et puis, mcttmt l'œil à 
l'oîlleton, on tourne la lunette Jusqu'au moment où l'on 
voit l'image de la croisée de fils se projeter sur les fils 



Quant à l'cclairagc du champ, pour les observations de 
luit, il s'obtenait ^ l'aide d'un petit miroir plan, situé en 
avant de l'objectif, et d'une lanterne, qu'un système de 




32 - 



leviers permettait d'en approcher ('), de manière à ren- 
voyer une portion de sa lumière vers l'oculaire. 

Le secteur zénithal, placé dans la même salle, sortait 
également des ateliers de Sisson et comportait une lunette 
dont l'objectif avait 4 pouces de diamètre avec une lon- 
gueur focale de g pieds. L'arc de cercle, divisé de 
5 en 5 minutes, avait une amplitude de 6 degrés et 
tournait autour d'un axe vertical en fer terminé par des 
pivots en acier. L'instrument ne paraît pas avoir été très- 
stable, et de Vecchi ne l'a employé qu'à un petit nombre 
d'observations. 

Outre ces appareils fondamentaux, on avait encore ac- 
quis pour l'Observatoire un cercle mobile de a pieds de 
rayon, un cadran mobile de i6 pouces, un petit instru- 
ment équatorial de Dollond, quelques lunettes achroma- 
tiques, dont l'une avait 3,5 pieds de foyer, et plusieurs 
pendules de construction anglaise. 

Une des premières préoccupations de D. de Vecchi à 
son arrivée à l'Observatoire fut la recherche de la posi- 
tion géographique de l'établissement, position sur la- 
quelle on n'avait que les données discordantes de J.-D. 
Cassini (1694), de P. Ximénès (1752) et, enfin, du ba- 
ron de Zach. Par des observations de a Lyre et de 
a Cocher, de Vecchi trouva 43° 46' 5", 27 (^).D'un autre 
côté, l'occultation de v du Scorpion, le 28 mai 1809, 



(*) Ces détails sont extraits d*une description de TObsorva- 
toire de Florence, publiée par D. de Vecchi dans le tome II des 
Annali detV impérial Museo di Firenze ; Firenze, 18 10. 

(') À nnali deW impérial Museo di Firenze^i, II; Firenze, 18 10. 



- 33 - 
i pour longitude 35" 42', 5 à l'Est de Parisi 
- Ce premier tr.ivail accompli, de Vccclii et son aide, 
del Haeca , entreprirent quelques observ;t!ions 
ennes d'étoiles voisines du zonitli, mais ils furent 
îenlôt arrâtés dans celle voie par les imperfections du 
nithal. 

ée en mars 181 1 d'un petit cercle répétiteur de 
Beichenbach leur permit quelques nouvelles mesui-es ; 
lais l'instrument ébiit de dimensions vraiment trop 
estreïntes pour des observations réellement utiles, et 
lotis les efforts du directeur tendirent dès lors à Tnctiui- 
lition d'un appareil plus puissant. Ajant enfin (^Sjan- 
] obtenu les erédits nécessaires pour cela, il se 
iramunder à Munich un cercle multiplicateur de 
ronde dimension, qui ne lui fat livre que cinq ans après, 
bS mars 1824. 
A celte époque, de Vecchi était déjii fort Agé, et, jus- 
L mort, survenue le 8 juillet 1829. il ne paraît 
pvoir fait aucun travail important. 

seur de D. de Vecchi Fui Pons, rendu célèbre 
■ar ses nombreuses découvertes de comètes [') ; il eut 
jjl'uitleurs h peine le temps de s'instidler à Florence, où 
^ mourut le 16 octobre i83i. 

Pour succéder à Pons, le gr^nd-duc de Toscane appela 



[ (') Pons (jB»n-Louia), né i Peype (Dauphiné), In î'i i 
mbre ijUi, dsiint successivement : roiicier(;e a l'Oljsprvalc 
a Marseille (SfévWer 17^9)1 asU'Diiame-ad joint au même Obser- 
iilolre (juillel i8i3), dircHcnr Hp l 'Observa Inire de lu MartU 
puis enlln ilirrclEDr de l'Obsenntoire de Flcrp 
ccouvert jj comùlee. 



-- 5i - 

de Modéne J.-B. Amici, déjk bien connu des astronomes 
et des physiciens par ses Mémoires de microscopie et Tiu- 
vention de plusieurs instruments d'optique. 

Jean-Baptiste Amici, né à Modène le a3 mars 1786, 
fit ses premières études littéraires et philosophiques dans 
sa ville natale et puis suivit à Bologne les cours de Ma- 
thématiques supérieures ; une seule année lui suffit pour 
s'assimiler les connaissances que d'autres mettent plu- 
sieurs années à acquérir, et, dès 1807, il obtenait de 
l'Université le titre d'ingénieur architecte. Quelque temps 
après, son mérite, déjà apprécié, le faisait appeler à la 
chaire d'Algèbre et de Géométrie au lycée de Modène. 

C'est là qu'il commença les travaux d'Optique qui de- 
vaient l'occuper toute su vie. Le premier instrument 
construit sous sa direction fut un télescope du genre de 
ceux d'Herschel, pour lequel il obtenait, en 181 1, de 
rinstitut royal de Milan une grande médaille ; mais 
c'était un essai seulement. En étudiant les appareils de 
cette espèce, le jeune physicien avait été frappé de l'in- 
convénient que présente, au point de vue de la commo- 
dité des observations, la nécessité pour l'astronome de 
s'élever jusqu'à l'extrémité supérieure d'un long tube et 
la difficulté d'en suivre tous les mouvements. Repre- 
nant donc une idée émise et peut-être mise en pratique 
en 1799 par Brown (•), il présenta, en 1812, un téles- 
cope à réflexion, dans lequel le tube restait fixe et paral- 



( * ) Lalande, Bibliographie astronomique ^ année 1799. « M. Brown, 
habile opticien de Londres, fit des télescopes dont le tuyau est 
toujours horizontal, et où un miroir plan renvoie l'image de 
l'objet sur l'oculaire. » 



— S5 - 

lélc à l'nxe du monde et où les objets célestes se rc- 
gni'dnieat par reflexion sur un miroir jiliin, mobile en 
ascension droite et en déclinaison, qui, phtcé en uvunt, ren- 
voyait les rayons liimineus sui- le miroir concave situé 
au fond du tube. L'idce purut Féconile, et les Ministres 
de l'Intérieur et de la Gueri'c mirent la fonderie de Pavie 
il la disposition d'Amici pour y construire, suivant ce 
système, un télescope de grande dimension ; les événe- 
ments politiques, puis peuE-êlre la diSiculté de la fabrica- 
tion du miroir plan, retardèrent et finalement empêchè- 
rent la réalisation de ce projet, souvent repris depuis à 
l'étninger. 

C'est également vers cette même époque qu'Amici ima- 
gina son microscope catadii>p trique ('), sorte de téles- 
cope renversé, avec lequel il fit toutes ses belles études 
sur les mouvements dans les planètes. Ces recherches ne 
sauraient être analysées ici ; mais cependant elles ne fu- 
rent pas sans inOuence sur la direction de ses travaux 
ultérieurs en lui montrant combien des observations 
faites dans de mauvaises conditions optiques peuvent en- 
gendrer d'erreurs et de fausses théories. Or l'Astronomie, 
comme la Mécanique, emprunte les éléments de ses théo- 
ries à l'observation la ]>1us délicate. Amici chercha donc 
i perfectionner les instruments astronomiques non-seule- 
ment en donnant une construction plus parfaite à ceux 
d'int la disposition générale était déjà connue, mais aussi 
en modifiant leurs formes et parfois en créant des types 
absolument n 



- 56 - 

Dans cet ordre d'idées, nous devons signaler plusieurs 
inventions heureuses, qui ont été le point de départ d'ap- 
pareils utiles à rAstronomie ou à la Physique. 

La première de ces inventions est celle du micromètre 
oculaire. 

Pour mesurer le diamètre du Soleil ou des planètes, 
pour Inobservation de la distance des étoiles doubles, les 
astronomes avaient à leur disposition, au commencement 
du siècle, le micromètre à fils, imaginé par Picard, et 
r héliomètre. Le micromètre à fils d'araignée se prête ad- 
mirablement aux mesures toutes les fois que les astres à 
observer sont assez lumineux pour ne pas disparaître sur 
le champ éclairé de la lunette, mais il est difficile à em- 
ployer pour les astres très-faibles, qui ne sont visibles 
que sur un champ obscur ; et, vers i8i5, l'emploi des fils 
brillants était encore inconnu. L'héliomètre de Bouguer 
ou de Bessel n'exige l'introduction dans la lunette d'au- 
cune lumière étrangère, et semble ainsi, en théorie 
au moins, ne rien laisser à désirer ; en pratique, cepen- 
dant, il offre certains défauts provenant ou de la difficulté 
de construire et d'ajuster des lentilles mi-parties assez 
grandes pour l'observation d'astres faibles ou de l'indis- 
tinction des images produites par l'aberration des demi- 
lentilles. Pour faire disparaître ces diverses imperfections, 
Amici eut, en 1823, l'idée de transporter le système des 
demi-lentilles mobiles entre l'objectif et son foyer, près 
de l'oculaire. Dans cette position du micromètre oculaire, 
le rétrécissement des faisceaux de lumière permet d'em- 
ployer des lentilles d'une moindre ouverture, où les 
effets de l'aberration sont moins à redouter ; la grandeur 
du déplacement relatif des deux lentilles nécessaire pour 



séparer les images d'une quantité donnée est d'ailleurs 
d*nittant plus grande, que leur distimce à l'oculiiire est 
plus petite , celte dernière étanï, dans la pratique, fixée 
par hi condition que le trait de séparation des deux len- 
tilles ne doit pas intercepter une trop gi'ande fraction des 
rayons convergents transmis par l'objcctir. 

Quant à la détermination îles parties angulaires de 
l'échelle, le savant astronome propose de la calculer en 
mesurant le diamètre d'un objet céleste connu ou d'un 
r>bjet terrestre de grandeur déterminée placé il une dis- 
tance également connue. 

Le micromètre oculaire a servi, en i8a3, à Amici 
à observer les distances de quelques étoiles doubles 
d'Herschel. 

Par l'emploi du micromètre oculiiire, Amici avait sup- 
primé l'usage des (ils dans les observations du diamètre 
des planètes ou de la distance des étoiles doubles ; par 
l'invention de la lunette iconantidiptique ('}, il rdilisa 



P:(<) M.mo 


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di^e ce résultai, Jpaurol p 


i-euait un 


objectif de 


grand diamâtre per 


foré en son centre et dont 


les bord: 


. donnaient 


une iniBBC i 


'emeniée ds l'ohjet; dans le Ira 


u venaiei 


l se placer 


k la suite il 


■D del' 


'autre deux objcclih plus 


petits et 


pluB conrl. 




- 58 - 

la même chose pour les observations de passage. Dans 
cet instrument, on obtient également deux images d'un 
même objet, mais ces deux images se meuvent en sens 
contraire et se rencontrent lorsque l'objet est dans la 
direction de l'axe optique. Pour atteindre ce résultat, 
Amici introduit, entre l'objectif et l'oculaire d'une lunette 
ordinaire, un prisme isoscèle rectangle, dont la face 
hypoténuse coïncide avec l'axe optique et intercepte une 
moitié des rayons qui entrent dans la lunette. L'objet, 
placé en face de l'instrument, donnera donc dans le plan 
focal de l'objectif deux images : l'une formée par les 
rayons qui ont traversé la moitié libre de l'objectif, l'au- 
tre formée par les rayons réfractés, réfléchis totalement, 
puis réfractés de nouveau en sens inverse par le prisme 
intérieur. Le moindre croquis montre que cette seconde 
image est symétrique de la première par rapport à l'axe 
optique et qu'elle se meut de gauche à droite lorsque la 
première se meut de droite à gauche ; on voit en même 
temps que les deux images coïncident lorsque le point 
lumineux est dans le prolongement de l'axe optique. Par 
l'observation de la coïncidence des images, on a donc le 
moyen de constater qu'une étoile se trouve dans la direc- 
tion de l'axe optique de la lunette, et cela sans introduire 



Tastronome français , cette lunette devait offrir l'avantage de dé- 
terminer avec une précision plus grande le passage d'un astre au 
méridien, et rendre inutiles les fils de l'oculaire. 

Plusieurs opticiens et mathématiciens, Krazenstein, Euler, 
Boscowich s'occupèrent de l'invention de Jeaurat, soit pour amé- 
liorer la forme de l'instrument, soit pour déterminer théorique- 
ment l'effet qu'il devait produire. 




1 1er 



— 5it - 
son ocukiie, sans qu'il soit, par conséqnent, I 
éclairer le champ, 
lunette méridienne construite sur ce principe don- 
nerait évidemment le passage d'une étoile, et il semble, 
:net, qu'un essai de cet ordre ait été fait en i855. 
Tels étaient les principaux travaux d'Amicî à l'époque 
noniinatiua [i5 mars i83i} i la direction de l'Ob- 
'vatoire de Florence. 

:s principales obligations fut de faire exécu- 
ter certaines restaui'alions aux instruments et aux bâti- 
ts, et puis de faire construire sur la tour octogone 
le coupole tournante pour recevoir le cercle multipli- 
ileur de Reicbenbach, qui n'avait point encore été 



Sans attendre d'ailleurs que toutes ses modifications 
fussent terminées, Amici s'appliqua à commencer, à l'aide 
du micromètre oculaire de son invention, une série de dé- 
terminations du diamètre du Soleil et de la Lune, ainsi 
^que des mesures d'étoiles doubles. Ces observations sont 
«alheui-euseraent restées inédites; mais nous avons en 
revanche, dans la correspondance fruDçiiise du baron de 
Zach, des observations des satellites de Jupiter faites en 
plein jour. 

L'une des grandes préoccupations du savant physicien 
était de jioui-voir son établissement d'une puissante rau- 
cfaine équatoriale. Dans ce but, il acheta dès i84o deux 
disques de flint et de erown de 28 cenlimètres de diamè- 
Ire, et se mit à les faire travailler sous ses yeux. L'in- 
strument, qui a 5'", 30 de distance focale, ne fut terminé 
et |>iacé qu'en i854. et depuis cette époque jusqu'en 
Vmici h diverses observations de co- 




- 60 - 

metes, parmi lesquelles nous devons signaler celles de la 
comète de i858, qui se trouvent dans les Annales du 
Musée de Florence (2* série, t. I, 1866). 

Amici mourut à Florence le 10 avril i864. 

Pendant les dernières années de sa vie il avait été aidé 
dans le service des observations par Donati, qui lui suc- 
céda quelques mois après sa mort. 

Jean-Baptiste Donati étaitnéàPisele 16 décembre 1826: 
c'est dans cette ville même qu'il commença et termina 
ses études sous la direction du célèbre professeur Mos- 
setti, qui enseignait alors l'Astronomie, et sut lui inspi- 
rer Famour de cette science. Mais l'Observatoire de Pise 
n'existait guère plus que de nom, et pour cultiver l'Astro- 
nomie pratique Donati dut entrer en i852 (5 août) à 
l'Observatoire de Florence, où il devint successivement 
aide-astronome (i®*" octobre i854) et puis astronome ad- 
joint (2g septembre i858). 

Observateur assidif, le jeune Pisan découvrit successi- 
vement les comètes de i854, IV (18 septembre i854), 
de i855, II (3 juin i855), de 1867, VI (10 novembre 
1857), <ie i858, V (2 juin i858}, de 1864, II (27 juillet 
1864), et enfin de 1864,* III (9 septembre i864)* En 
même temps il observait et souvent calculait les orbites 
des principales comètes qui se montrèrent alors au-dessus 
de l'horizon. 

Son principal titre à la reconnaissance des astronomes 
n'est cependant ni ses observations de comètes, ni ses re- 
marques délicates sur les transformations de la comète 
qui porte son nom ^ il a eu surtout le mérite de reprendre 
et de développer dans une large mesure les études sur le 
spectre des étoiles à une époque où celte question était 






- 01 — 

tombée dans l'oubli ( ' | et où l'oQ se souvenait à peine d 
l'cchcichesuociennesdeFraiinhoferet deLamnnl. Donati 
faisant usage, pour concentrer la lumière de l'éloile sur la 
fente d'un speclroacope coudé, à un seul prisme, de la 
grande lentille de 4' cetitimèti'os de diamètre donnée à 
l'Acadcmie rfef Omewto par Cosme de Médicis, put, vers 
lit fin de 1857, commencei" à comparer au spectre solaire 
spectres des principales étoiles de la i" grandeur. 
disposition coudée du spectroscopo et la nécessité 
^e regardei- obliquement à la direction de l'étoile, ren- 
daient d'ailleurs les observations assez pénibles, et Amici 
Êcilita singulièrement les recherches de son aide en met- 
taat fk sa disposition le premier prisme à vision directe 
Ngui ait clé construit. 

T Les observations prirent al()ra une marche régulière, et 
' !e Mémoire de 1860 renferme une descrî|]tioa infiniment 
plus complète que celle de Fraunhofer des spectres de 
Sirius, Véga, Pi-ocyon, Régulus, Fomalliaut, Castor, Al- 
lalr, la Chèvre, Arcturus, PoUux, Aldébaran, Betelgeuse, 
vt enfin Ântarès. 

Nous devons encore à Donnti un Mémoire intéressant 
sur l'éclipsé du 18 juillet 1860, qu'il était allé obsei-ver 
en Espagne en compagnie de plusieurs autres astronomes 
italiens. La conclusion de ce travail (') est que les pro- 



( ') Inlorao aile itrU drgli spstlti slcllari [Alinali dtt B. JHus, 
di Flrenze per II i8Gj. NoTa série, ïDl. 1). - U Mémoire e 
daté d'aafit iSËO. 

(•) liilorno aile oufrvuzioni fatie a Tancblanca dilV cclis. 
totale di Sole tlel è8 laglio iB6u {Aiiiiali delB. Museo di Fiivin 

Ipir il iS6J. >oYaBeri«, vol. 1). 
L : 



- 62 - 

tubërances existent sur le corps solaire même et ne sont 
point un phénomène de dîfTraction. 

Le vieil Observatoire du Musée, plongé dans la brume 
umineuse de Florence, dominé par les arbres et les hau- 
teurs du jardin Boboli, soumis l\ des trépidations de toutes 
sortes, par suite de sa hauteur et de sa situation au voi- 
sinage immédiat d'une voie populeuse, ne pouvait se prê- 
ter à des observations de précision. Donati avait eu depuis 
1862 l'occasion de signaler cette situation fâcheuse, et en 
1864, lors de la réunion de la conférence géodésique à 
Berlin, il avait été obligé d'avouer que l'Observatoire de 
Florence (comme le plus grand nombre de ceux d'Italie) 
ne pouvait se prêter aux observations d'un catalogue d'é- 
toiles. Cependant le Musée avait fait l'acquisition de la 
grande lunette de i o | pouces d*Amici ; sa monture se 
construisait à Florence même, et il devenait urgent de dé- 
terminer le point où elle serait établie. Ce point ne pou- 
vait être choisi qu'en dehors de l'enceinte du Musée. On 
songea successivement à la forteresse de Saint-Georges et 
aux hauteurs du jardin fioboli; mais ces emplacements 
durent être successivement abandonnés, et Donati dut se 
résoudre à proposer le transfert de l'Observatoire tout 
entier sur la colline d'Arcetri, au voisinage de l'ancienne 
demeure de Galilée. Grâce au concours généreux de la 
municipalité (g juillet 1 866) , du conseil provincial (27 no- 
vembre 1866), du gouvernement du roi, une somme de 
106000 livres, bientôt (26 novembre 187 1) portée à 
1 36 000 livres, fut réunie pour la construction d'un édi- 
fice nouveau. 

Activement poussés, les travaux, entrepris en septembre 
1869 sur les plans de Donati, ont été terminés dans Tau-- 




tomne de i8^a, el l'Observatoi re a t'ié inauguréeit 
■ pnmpe le 28 octobre de celte Liiéme année. 

r^ nouvel Oliservatûîre, d'où l'on découvi-e t 
campagnË de Florence, a la forme générale d'un car|>s de 
Ingis rec [angulaire de 5o mètres de longueur sur 10 mè- 
tres de brgeur; aux extrémités est et ouest, il se termine 




observatoire d 



par deux pavillons destines à rerevoii des instiuments 
parallac tiques An centre s eleve dominant le fienstyle 
dentiee une vaste ciiupnle cylindrique i toit tournant 
Le corps de logis Est a reçu les bureaux et 1 1 bibliothèque . 
le corps de logîa Ouest constitue une vaste salle méri- 
dienne pourvue de trois ouvei'tures ; enfin, en avant de la 
Taçade méridionale sont conatmits deux petits pavillons, 
â coupoles mobiles, destinés à abriter des équaturiaux de 



I 



- (54 - 

dimensions restreintes, propres aux recherches de comètes 
ou de planètes. 

A l'époque de Tinauguration, Donatî fit transporter 
dans Tune de ces coupoles un petit ëquatorial dont la 
monture a été faite à Florence même, dans Vofficina Galilei, 
et porte une excellente lunette de Fraunhofer de 1 1 cen- 
timètres d'ouverture. Cet instrument lui avait déjà servi 
en Sicile a Tobservation spectrale de Téclipse du 22 dé- 
cembre 1870. 

Quant à la grande coupole, on y a placé en 1872 un 
magnifique équatorial, formé avec une lunette d'Amici, 
dont l'objectif a 10 y pouces de diamètre et fournit des 
images très - brillantes , sinon parfaitement achroma- 
tiques. Pressés par le temps, les mécaniciens n'avaient 
point eu le loisir de terminer entièrement tous les acces- 
soires de la monture, et, par exemple, j'ai pu en octobre 
1875 constater que les cercles d'ascension droite et de 
déclinaison attendaient encore leurs graduations. Divers 
appareils accessoires, en particulier un spectroscope à 
9.5 prismes, dont Donati attendait les meilleurs résultats 
pour l'étnde de la constitution physique du Soleil, étaient 
cependant achevés, et nul doute que l'instrument n'eût 
bientôt été mis en bon état de service, si un événement 
imprévu ne fût venu presque mettre en question l'exis- 
tence même de l'Observatoire. 

Donati, qui venait de publier, dans le premier fascicule 
des Mémoires de l'Observatoire d'Arcetri, un important 
travail sur la manière dont s'étaient propagés les phéno- 
mènes lumineux de la grande aurore boréale du 4 féyrier 
1872, fut envoyé à Vienne en septembre 1878 pour y re- 
présenter l'Italie au Congrès météorologique, et prit dans 






- G-T - 

celle ville les germes du cliolcni. Parti en toute hâte pour 
la Péninsule, il eut Ji peine le temps de revoir Florence, 
et mourut i\ Arcetri le ig septembre 1873, 
in.ichcve'e l'œuvre la plus importante de sa vie. 

L'Observatoire se trouvait donc de nouveau dcpourvu 
d'asironomej sa direction Tut ofTerte à M. Sdiiaparellî; 
cetui-L-î ne consentit pas 11 l'accepter, mais y envoya l'un 
de ses assistants les plus actifs, M. W. Tempel, le même 
qui, à Venise, ii Marseille el puis a Milan, a découvert tant 
de planètes et de comètes. 

En m&me temps, le savant directeur de l'Observatoire 
de Brcm prenait en main la t^che difficile de faire ter- 
miner l'êlalilissement, soit au point de vue de la con- 
struction elle-même, <|ui avait besoin d'être revue dans 
tbien des détails, soit au point de vue des instruments (jui 
raient être complètes et au{,'nienles. 
Le nouvel Observatoire, écrivait Donati le ?.2 février 
ï, en réclamant de nouveaux. ciédits ;iu gouvernement 
et à la ville, est, par sa posilion et sa construction, essen- 
tidlement destiné aux observations astronomiques fonda- 
^niales. c'est-à-dire à la détermination rigoureuse de la 
sîtinn des corps célestes. ■ Et M. ScliiaparelJi, s'adres- 
il en février 1875 à la municipalité de Florence, 
ratait (') : ■ Il est temps qu'en Italie on songe à conii- 
ler les traditions de Piazzi, et que d'un Observatoire 
ilien sorte un système complet d'observations fondamen- 
propres, comme le catalo^'ue de Palerme, à marquer 
ins les fastes de l'Astronomie une époque importante. " 




>- 66 - 

Et puis il insistait énergiquement sur la nécessité absolue 
de pourvoir Arcetri d'une lunette méridienne et d'un 
puissant instrument des passages à la hauteur de toutes 
les exigences de l'Astronomie de notre siècle. 

Les vœux de M. Schiaparelli ont, nous le savons, été 
au moins partiellement entendus : une lunette méridienne 
a été acquise à la fin de 1875, et doit remplacer aujour- 
d'hui le petit instrument portatif d'Ertel, que nous avons 
vu comme noyé dans l'immensité de la salle méndienne. 
D'un autre coté, la construction d'un instrument méri- 
dien de 7 pouces est commencée, et Ton peut espérer que 
robservatoire d' Arcetri rendra prochainement à la 
science d'utiles services. 

« Ghe ai desideri ed aile speranze possano rispondere i fatti. » 



CHAPITRE IV. 



BSERVATOIRE DE BOLOGNE 






Bologne, l/i citin madie degli sludîi , [irtgsède une 
dont une tradition locale fait remonter l'origine 
et est en tout cas une des plus anciennes d'Italie, 
corps des professeurs n'y enseignait d'abord que la 
théologie, le droit eanon ou ecdêsiastîque, le droit civil 
ou cesarien; puis, plus tard, la médecine et les sciences 
naturelles ; et cnGa, à partir du commencement du 
xviii* siècle, les sciences physiques et mathématiques. Les 
chaires de cette dernière fondation sont duesà la générn- 
sitt' du comte Louis-Ferdinand Marsigli, qui, après avoir 
recueilli dans ses voyages en Europe un grand nombre de 
■es et d'instruments précieux, fonda dans son propre 
Académies: l'une dite des Fitasofi inquieti, 
litre, des Peintres, Sculpti-urs et Architectes, 
en i^io. Le comte Marsigli ayant en même temps donné 
à Bologne une grande partie *le sii fortune, le Sénat de 
cette ville put en i^ia acquérir le palais nctnel de l'Uni- 
veraiti, et, ik la suite d'une seconde donation [1727). ter- 



- 68 - 

miner rinstallation des cabinets de sciences physiques et 
naturelles et d'Astronomie; ce dernier était déjà en pos- 
session depuis 1724' ^^ grâce à la générosité de A.-C. 
Sbaraglia, d'une riche collection d'instruments de géo- 
graphie et de navigation. 

La tour sur laquelle est situé l'Observatoire avait été 
commencée en 17 12 par les ordres du Sénat et sur les 
])lans de G*. -A. Torri ; mais l'insuffisance des ressources en 
avait retardé les travaux, et elle ne fut terminée qu'à la 
fin de 1725. L'Observatoire proprement dit occupait à la 
partie supérieure une chambre de forme carrée ouverte 
sur les quatre points cardinaux par de larges fenêtres qui 
donnaient accès sur quatre balcons triangulaires formés 
par les espaces restés libres entre les angles de la tour 
principale, dont lés faces sont dirigées au nord-ouest, au 
nord-est, au sud-est et au sud-ouest, et le véritable Obser- 
vatoire, qui se trouvait, lui, exactement orienté. En outre, 
la voûte supérieure était percée d'une ouverture circu- 
laire permettant d'observer les étoiles zénithales. 

C'est dans cette salle, qui existe encore aujourd'hui 
avec son aspect ancien, que Manfredi, chargé de la direc- 
tion de l'Observatoire, installa, dès les premiers mois de 
1723, quelques instruments qui étaient sa propriété par- 
ticulière, etquelques appareils, spécialement deux cadrans 
mobiles de construction allemande, donnés par le comte 
Marsigli. 

Manfredi, né à Bologne le 20 septembre 1674, fit 
d'abord dans l'Université de cette ville des études de droit 
qui devaient le conduire à suivre la même carrière que 
son père; mais, doué d'un penchant naturel pour les 
sciences exactes, il se consacra bientôt à des recherches 



— 69 — 

malhématiqiies, puis nslronnmiques, et éleva même sur le 
haut de la maison paternelle un petit Observa tu ire où, h 
l'iiide de cjuelipies instruments, il s'amusait h suivre le 
cours des astres, aide en cela par ses deux sœurs, Teresa 
et Maddnlcna, etpar quelcjucs amis. Cette réunion Formait, 
^jjisent ses biographes, «ne sorte d'académie astronomique, 
^^b ses travaux se trouvent en grande partie exposés dans 
^^Be Astronomie pour les dames, que Manfredi dt im- 
^^rimer vers 1703. Parmi les observations que l'on fai- 
sait ainsi en commun, nous citerons l'étude de [a grande 
tache solaire de 1 708, la découverte de la comète du Ca- 
pricorne (1707). C'était d'ailleurs l'époque où le comte 
Marsigli fondait l'Académie d-es sciences de Bologne; 
Itlanfredi en fut membre dès l'origine, et lors de son inau- 
guration (le i3 mars 1714]' '' '^' ^ ^'^^ collègues une 
dissertation sur la disjiosition des célèbres Ëphéméridcs 
de Bologne, qui devaient contenir, pour les dix années 
^juivantes, l'annonce des éclipses «l leur degré de grandeur 
^^bw les divers points de l'Europe. L'année suivante pa- 
^^Bcsaienten effet à Bologne \csEphemcrhles motuum cœlcs- 
^Em ex anno MDCCXr in annuni MDCCXXF, dans 
lesquelles on remarque, à la suite d'éphcméri des du Soleil 
et des planètes, un traité presque complet des instruments 
d^lronoinie et une carte de l'écIipse de Soleil du 3 mai 
■t5; cette carte indiquait par des courbes la série des 
^Is nù réclipSB était visible, ceux du plus grand ob- 
rcissement, ceux oii l'éclipsc pourrait être observée, 
L lever, soit au coucher du Soleil. Un second vo- 
te, avec le m^rae titre, parut la même année. Deux 
es, Nopissimœ lEpliemerides mofititm cœte.itium e Cassi- 
fis tnbuth nd mrrii/iii/iiim Soinnite siippittnCœ, naclore 



- w - 

Eustachio Manfrtdt ex anno 1726 «^ annum 173^, puis 
Ex anno 1^38 ad annum 1760, parurent successivement 
à Bologne en 17 15 et en 172.5. Chose curieuse, Manfredi 
avait été aidé dans ses laborieux calculs par ses deux 
soeurs, qui devançaient ainsi M"** Lepaute et Caroline 
Herschel. 

Outre la chaire d'Astronomie, Manfredi occupait à 
Bologne la chaire d'Hydraulique, et à ce titre il fut obligé 
de prendre une part active aux travaux de canalisation et 
d'irrigation qui s'effectuèrent en Italie pendant les pre- 
mières années du xviii* siècle. Les voyages qu'il dut faire 
à ce sujet le long du Pô et même du Tibre ne lui faisaient 
cependant pas perdre de vue le soin de presser la con- 
struction de l'Observatoire ; et, avant même que l'édifice 
fût complètement terminé, il observait la conjonction 
de Vénus et de Régulus (3 juillet 1723) et le passage de 
Mercure devant le Soleil (3 novembre 1723). 

L'Observatoire achevé, il fallut avant tout déterminer 
sa position géographique, sa longitude et surtout sa lati- 
tude, dont la connaissance exacte importait à la réduction 
de toutes les observations que l'on pourrait faire sur le 
Soleil et les planètes, et à la résolution d'une question 
alors fort discutée : celle de l'invariabilité de la position 
de l'axe de rotation de la Terre. 

La mesure de la latitude, soit à l'aide d'observations 
de circumpolaires, soit à l'aide d'observations de solstices, 
paraît, a priori, une opération très- simple ; mais les 
mesures instrumentales doivent ensuite subir des correc- 
tions de réfraction, de nutation, etc., des corrections pour 
les erreurs de division des instruments, quantités que 
l'on ne connaît jamais d'une manière absolument rigou- 



^Ke»' 



- 71 - 
soi'Ie que la détermination d'une latitude est 
opération à recommencer sans cesse à mesure que les 
iostiiiments et les taljles astronomiques se jjei'fcctionneni;. 
l'époque de l'inauguration de l'Observatoire de Bo- 
■, on avait pour la lalîtude de cette ville trois nom- 
discordants qui faisaient croire à une mobilité du 
'■néridien et de la vei'ticale. 

Le pi'emier nombre (44''3o'2o") i-ésultait; d'observa- 
tions faites à la fia de i655 par Riceioli et Gi'imaldi â 
l'aide de deux sextants de •] et de la pieds de rayon, et 
par la mélbode des circumpolaires; de mesures de liau- 
Icur de la Polaire, exécutées au commencement de i6S6 
par Cassini I avec un gnomon de ao pieds de hauteur; 
d'une seconde série d'observations de Rîccioîi avec un 
gnomon de ^4 pieds. Les premières observations de sol- 
stices au guomou de San-Petronio donnèrent d'ailleurs 
un résultat peu différent : 44° 29' Sg". 

Le second nombre (44"3j' zio") avait été obtenu, en 
i694< P^i" Cassini lui-même, & l'occasion de réparations 
au gnomon précédent. 

Le troisième enfin ( 44° 2g' 38", 3) était la moyenne de 
tp>ia résultats concordants obtenus par Manfredi en i joS 
et 1^06 à l 'Observatoire particulier du comte de Marsigli 
avec un quadrant mobile de 3 pieds de rayon. 

Y avait-il réellement, comme ces trois valeurs parais- 
saient l'indiquer, des variations dans les latitudes terres- 
tres? Telle est une des premières questions que Manfredi 
s'attacha à résoudre lorsqu'en 1728 il fut entré en pleine 
possession de l'Observatoire. A cet effet, et avec l'aide 
d'Eusiache et de Mario Zanotti, il commença des obser- 
vations de la Polaire à ses trois instruments, les dcus 



— 72 - 

quadrants mobiles de 3 pieds et le demi-cercle mural ; ces 
trois séries furent concordantes et donnèrent en moyenne, 
comme latitude du gnomon de Saint-Petrone, 44° ^9' ^8''^» 
c'est-à-dire le même nombre qu'en 1 708 et 1 706, et comme 
latitude de l'Observatoire 44° ^9' Sa''. 

Les années suivantes furent employées par Manfredi 
et ses aides à des observations de planètes, d'éclipsés de 
Soleil ou de Lune, et surtout à des observations nom- 
breuses et suivies des princijjales étoiles, dans le but de 
vérifier les travaux que Bradiey commençait à publier sur 
l'aberration annuelle. Ces observations n'ont pas été im- 
primées, et nous savons seulement que quelques-unes 
d'entre elles furent faites avec une lunette méridienne en 
fer, d'environ 3 pieds de foyer, construite à Bologne 
même, et que l'on conserve encore aujourd'hui comme 
une précieuse relique. 

Ces recherches n'étaient pas terminées lorsque Man- 
fredi mourut le i5 février 1739; il fut, quelques jours 
après, remplacé à la direction de l'Observatoire par son 
élève et ami Eustache Zanotti. 

Zanotti était né à Bologne, le 27 novembre 1 709, d'une 
famille déjà illustre dans les arts et les lettres; ses pre- 
miers maîtres furent les jésuites de Bologne, dont le col- 
lège était alors célèbre, son oncle Mario Zanotti, et puis 
enfin Manfredi. Ce dernier, qui lui montrait les Mathé- 
matiques, lui inspira de bonne heure le désir de se rendi'e 
utile à la science en cultivant l'Astronomie, et Zanotti fit 
dans cette branche d'études de si rapides progrès que, 
dès 1733, après une brillante thèse sur ceux des travaux 
de Newton relatifs à la lumière, il était nommé professeur 
de Mathématiques à l'Université. 



— 73 - 

Viilt reconnu duns soa èlcTe des apti- 
tudes toutes spéciales pi)ui' rAstroiioniie, en avait depuis 
longtemps déjà fuit sou iiidè et son collaborateur, et l'aTiiit 
même dès 1 728 attaché d'une manière définitive ù l'Ob- 
servatoire, en lui donnant le titre, créé pour lui, de 
deuxième astronome. Le célèbre fondateur do l'Observa- 
toire de Bologne était cependant ^léjù fort Agé, et sa santé 
ne lui permettant plus de s'occuper activement des phé- 
nomènes célestes, il abandonna en 1789 l'Observatoire et 
sa chaire. Celle année même Zanûttî devint iiremicr 
astronome et professeur d'Astronomie. 

Il n'avait alors que trente ans et était fort désireux de 
montrer qu'il était digne de la hiiute position que lui con- 
liaït son vieux professeur. L'occasion le servit à souhait, 
car dès le mois de mai il parut dans le ciel une comète 
qu'il fut le premier à apercevoir et qu'il suivit jusqu'à la 
fin d'août ; non content de faire de cet astre errant des 
observations que La Caille considère comme des plus pré- 
cises, il en calcula l'orbite parabolique ( ' ) par une nié- 
tliode trigonomêlrique de son invention; plus tard il 
appliquai» même méthode à In comète de t'j^'î. 

L'année précédente [février 1 74')i l'Observa toii'e s'é- 
tait d'ailleurs enrichi de plusieurs nouveaux instruments 
Irès-précieux construils, eu Angleterre chez Sisson, par 
les ordresetuvec des fonds donnés par le Pape Clément Xll, 
à la demande de IVIanfredi. 

Le plus précieux de ces appareils était un quadrant 
mural, de 4 pieds de rayon, divisé avec une exactitude 
extrême et pourvu de tous les moyens de rectification 



1 



,U Balog/. 




1. III. 



-Ti- 
que les artistes anglais employaient a cette époque. Zanotti 
s*em pressa de le mettre en place dans un cabinet situé au 
premier étage de la tour, un peu à l'occident de la salle 
de Manfredi, et s'en servit aussitôt (i743) pour observer 
les hauteurs de la Polaire à son passage supérieur et in- 
férieur. Il trouva ainsi, pour latitude de TObservatoire, 
44° 29' 54", résultat peu différent de celui obtenu par 
Manfredi en 1728. 

Le second des appareils construits par Sisson était une 
lunette méridienne, en laiton, d'environ 3 ~ pieds de foyer, 
tournant autour d'un axe de longueur à peu près égale 
et formé de deux cônes réunis par leurs bases, comme dans 
nos instruments actuels. L'horizontalité de cet axe s'ob- 
tenait à l'aide d'un niveau à bulle d'air, et la lunette se 
plaçait dans le méridien en déplaçant im des tourillons 
jusqu'à ce que le Soleil d'une part et une circumpolaire 
de l'autre passassent dans son plan à l'instant voulu, dé- 
terminé par une pendule réglée suivant la méthode des 
hauteurs correspondantes. Le micromètre renfermait 
trois fils fixes verticaux et un fil horizontal. La lunette 
méridienne fut placée dans la même salle et tout à côté 
du quadrant mural, de telle sorte que les deux instruments 
se complétaient mutuellement. 

Zanotti a raconté dans une Introduction aux Éphémé- 
rides de Bologne (') les précautions infinies qu'il prit 
pour régler et étudier les deux nouveaux instruments de 
son Observatoire. La lecture de cette dissertation prouve 
d'une manière non douteuse qu'il était un des astronomes 



( ' ) Eustachii Manfredi Introductio in Ephemerides, Editio al-- 
tera Eustachii Zanotti» Bononisc, 1750. 



- 73 — 

les plus hiibiles de son époque, et que les éloges qae les 
cnnterapnrains lui ontdécei'Des étaieut vraiment mérités, 

A l'aide de la lunette méridien ne et du quart de cercle, 
Zannlii et ses deux aides, Brunel li et Matteucci, commen- 
cèrent kienliît une série d'observations suivies des prin- 
rïpales planètes, du Soleil et des étoiles zodiacales, dans te 
but d'en f.iire un caLilogue nouveau plus précis que celui 
de Flamsteed , que l'on einpinjaît généralement alors, 
quoique l'nn sût qu'il cnuteuait un assez grand nombre 
d'erreurs. Chaque étoile était observée siranltonément par 
Zanottt au quadrant mural, par Brunelli ou Matteucci à 
la lunette méridienne, et chaque observation était répétée 
plusieurs jours consécutifs, de manière à éliminer les er- 
reurs accidentelles. Deux ans d'efTorL* continus [1748 et 
I ^49 ) conduisirent les trois astronomes à un catalogue de 
447 étoiles, qui forme un appendice précieux à l'Intro- 
duction ans £pAemr^/ïrfM, que nous avons déjà citée. 

I^ soin des observations des étoiles, pour en faire un 
catalogue, des planètes, des comètes et autres plièno- 
mènes accidentels, n'était pas la seule tiicbe qui incom- 
bait H Zanotti ; il dut, à l'exemple de son prédécesseur, 
calculer la suite des Y.phèméridef de Pologne, qui s'arrê- 
taient à 1751, et publia successivement celles de i^5i 
à fijÊa; celles de l'jGS à 17741 et enfin celles de 1775 
à 1786 ('). Respectant la forme adoptée par Manfrcdi, il 



(■) Ephemeridci motaum cœlestiunt ad mevidimum 
tiippiitaitr, aiwtore E, Xanotto, 

Ex aano ijSi ad an nu m \-]&i fBononiop, i^Bo). 
~ . .7G3 - i77UBonomo., .,6'J-). 

itA - '}8fi <BononiiC, 177/,). 



- 76 - 

s^attacha cependant à accroître sans cesse leur degré de 
précision, soit en faisant usage de Tables nouvelles, soit 
en poussant plus loin la précision des principaux calculs. 
La [)ublication du catalogue de 447 étoiles et du qua- 
trième volume des Éphémérides, et quelques autres Mé- 
moires de moindre importance, avaient rendu le directeur 
de rObservatoire de Bologne célèbre dans toute l'Europe, 
et quand, à la demande de l'Académie de Paris, il devint 
nécessaire de faire dans l'hémisphère nord des observa- 
tions delà Lune, en correspondance avec celles que La Caille 
allait- faire au Cap, Zanotti fut naturellement désigné. 
Ses observations furent des plus exactes et mises sur la 
même ligne que celles de Wargentin, de Lalande et de 
Bradley. 

En même temps qu'observateur habile et consciencieux, 
Zanotti était calculateur, et il discutait toujours avec soin 
ses propres observations ; c'est ainsi, par exemple, qu'il 
chercha à employer les observations de solstices au cal- 
cul de la longueur de l'année tropique, à la détermina- 
tion de l'obliquité de l'écliptique et de la latitude de 
Bologne. Le problème fut traité une première fois par lui 
vers 1766, et repris en 1776 à l'occasion de nom- 
breuses observations du Soleil faites à la suite des répa- 
rations de la grande méridienne de Saint-Pe trône. Le 
sol de l'église s'était en effet affaissé, et Zanotti dut donner 
non-seulement les plans et les dessins, mais encore sur- 
veiller les ouvriers et les mathématiciens dans les princi- 
pales observations du nivellement et des calculs ('). Le 



(*) Zanotti, La meridiana del templo di San-Petronio rin- 
nova ta Vanno 177O. 



rai! aclievé, il se servit de cet immense gnomon pnur 
B noiobreuses observations solsticiales du Soleil, qui lui 



tannèrent, comme liititude de 

sëmeot le résultat auqnel condui! 
sui'es depuis iGgS; il put di 
litnde que, depuis quatre-vingts an 
e de Bologne u'avait pas changé. 
[ Ce fut le dernier travail de Zanotti. 



«•79'38-,3, 
toutes les an* 
conclure avec 
vimn, la lati- 






I rob- 



Depuis plusieurs années d'ailleurs, Zanotti, gravement 

ae maladie de la vesste, avait abandonné à son 

tant, Matteucci, le soin des observations astrono- 

s et la 'direction elTective de l' Observatoire, ainsi 

e la responsabilité du calcul des Éphémérides ; ce der- 

V publia les volumes relatifs aux années comprises entre 

1810. 

Tendant la direction de Matteucci, l'Observatoire s'en - 
èbitd'un bel instrument équaiorial de Dnllond, acheté 
I j8o par le sénat au prix de 1000 écus, et qui est 
D usage aujourd'hui. 
jHattencci, malade depuis près de trois ans, mourut 
Ifin Ie8 décembre iSoo. 
3 fut remplacé à la direction de l'Observatoire j)ar le 
Rvant abbé G. Sakdini (28 janvier 1801); celui-ci n'y pass:i 
que quelques jmirs, ayant été nommé professeur de Ma- 
thématiques supérieures le i3 février 1801, et eut pour 
successeur Gugltelmini, qui, à la fin de 180a [aS dé- 
cembre), quitta lui-même la chaired'Astronomie et mourut 
à Biiiognele iSdécembrc 1817. 

■ Ces changements rapides de direction et quelques in- 
%nes forcés avaient désorganisé les études astrono- 



- 78 - 

miques. « Je suis allé à Bologne par ordre du gouverne- 
ment, écrit Oriani à Piazzi, le 29 novembre 1802, et y 
ayant trouvé l'Astronomie presque entièrement délaissée, 
j'ai proposé de chercher un vaillant astronome capable de 
la faire revivre ; ayant parlé de vous au ministre et au 
vice-président, ils m'ont chargé de vous demander si vous 

accepteriez le poste de premier astronome ( • ) » Piazzi 

ne voulut pas abandonner l'Observatoire dePalertoe, qu'il 
considérait comme son œuvre, et, Oriani ayant pareille- 
ment échoué dans ses sollicitations auprès de Bohnen- 
berger, professeur d'Astronomie à Tubinge, la direction 
de l'Observatoire de Bologne fut définitivement confiée 
à Ciccolini. 

Le chevalier Ciccolini était né à Macerata le 22 no- 
vembre 1767, et, après de fortes études dans les princi- 
pales Universités d'Italie, il était venu à Paris, où on le 
retrouve, en 1799 et 1800, travaillant avec Lalande à 
l'Observatoire de l'École militaire. Revenu en Italie dans 
les premiers mois de 1801, il avait été bientôt après 
(26 avril) nommé astronome en second de l'Observatoire 
de Bologne, et puis enfin (vers i8o3) directeur de l'Ob- 
servatoire. Ciccolini ne paraît pas s'être occupé, en dehors 
des observations courantes d'étoiles et de comètes, d'autre 
chose que du calcul des Éphémérides, dont il publia les 
volumes relatifs aux années comprises entre 181 1 et 1817; 
il quitta d'ailleurs l'Observatoire le 3o octobre i8i5. 

La question de la véritable et exacte latitude de Bo- 
logne continuait cependant à être discutée, et le baron de 



(•) Corrispondenzafra Piazzi e Oriani, Lettera LVIII. 




8 la déterminer de nmiveau par des nb- 
mméridiennes du Soleil et des mesures de 
la hauteur de la Polaire faites avec un cercle répétiteur de 
Reiclienbach, bientôt après acqnis pnr l'Observatoire. Le 
résultat de ces observations, 44''^9'^9"i3o, fut presque 
mtique avec le nombre obtenu en 1743 par Zanotti, 
e trouva ainsi enlièi-enierit confirmé. 
kCaturcgli (Ptetro), qui remjiluçait Ciccolini dans les 
s de professeur d'Astronomie et de directeur de 
itliservdtoirc (3o octobre i8i5), étiit né à Bologne vers 
!t avait Oiit toutes ses études h l'Université même, 
U se l'était attaché d'une manière délinitive en le faisant 
■trer dès i8o4 comme élève à l'Observatoire. 
* Sa principale préoccupation, en dehors de quelques ob- 
""■ervations counintes sur les étoiles et les grosses planètes et 
me nouvelle mesure de la latilTide, faite en iSr^el i8f5 
iC le cercle réjiétiteur de Rcichcnbach ayant appartenu 
baron de Zncli, paraît avoir été le calcul des Ephémé- 
dont il publia les quatre volumes relatifs aux années 
rises entre 181761 i836('). C^ furent d'ailleurs les 
■niersToliimes de ces ce'lèbres Ephéméiides que les re- 
ms astninomiques ou commerciales, devenues si fa- 
rendaieiit absolument inutiles. 
Caluregli mourut à Bologne le 38 avril i833, et ne fut 
[placé ni dans sa chaire tit dans son poste de direc- 




- 80 - 

teur; l'Observatoire resta confié à ses aides, dont les prin- 
cipaux sont Bertelli et Ceschi. 

BertelU, ne à Panzano (près de Bologne), le 24 février 
i'y94, avait été d'abord au service du pape comme ingé- 
nieur hydraulique; puis plus tard professeur de Méca- 
nique et d'Astronomie à Bologne. Plus mathématicien 
qu'observateur, il n'a guère laissé que quelques Mémoires 
d'Astronomie théorique sur l'influence de la courbure des 
fils dans les observations micrométriques et sur le calcul 
des perturbations. Bertelli est resté à l'Observatoire jus- 
qu'à sa mort, survenue à Bologne le «^ février i844* 

Son successeur au titre de professeur provisoire d'As- 
tronomie fut son collègue Ceschi. Ce dernier, entré à l'Ob- 
servatoire en 181 5 avec le titre d'élève, avait été fait 
astronome adjoint le 20 janvier 1825, et devint enfin pro- 
fesseur provisoire le 7 décembre i844' Mais il semblait 
que tous les malheurs devaient fondre à la fois sur l'Uni- 
versité de Bologne ; car, quelques jours après (3 janvier 
1845), il mourait sans avoir pu, même par une seule 
leçon, prendre possession de sa chaire. 

Les pertes successives et si rapides que venait de faire 
l'Observatoire de Bologne l'avaient complètement désorga- 
nisé, et l'auteur de l'éloge nécrologique de Bertelli recon- 
naît lui-même que, depuis plusieurs années, il éttiit com- 
plètement déchu de sa renommée passée. Il n'y avait 
d'ailleurs parmi les membres de l'Université aucun savant 
familiarisé par ses études antérieures avec la pratique de 
l'Astronomie, en sorte que le gouvernement papal dut 
envoyer de Rome un astronome. Il fit choix d'Ignazîo 
Calandrelli, le neveu de G. Calandrelli, qui avait si long- 
temps observé au collège Romain avec Conti et Richebach. 



^^r Ignazin Cnlnildrelli, nommé pi-ofesseur d'Optique et 
^^K'AstroDomie p,ir un arrêté de la Sacrée -Con^'i'égatinn 
^Kdea Études, en dnle du i3 septembre \S^5, ne titrda piis 
à prendre possession de son poste, et sous son énergique 
direction l'Observatoire repi'it une vie active. Son premier 
soin fut de remettre en bon état de service les anciens 
instruments, considéroblemeut abîmés yinr l'orage du 
3i juillet i834i et cela lui donna l'occasion de reconnaître 
> plusieurs d'entre eux n'avaient pas une exactitude 
tBsantc. En particulier, il e'tuit urgent de remplacer les 
irts de cercle de Sisson et la lunette méridienne de 
^eheobach par un instrument méridien. Cette nécessité 
t comprise du gouvernement, et Qilandrelli obtint ' 

1846 l'acquisition d'un cercle méridien d'Ertel pour 
iquoi il fit aussitôt construire îi l'ouest de la grande salle 
é l'Observatoire et dans un angle de la grande tour une 
■ambre spéciale. 

e séjour d'I. Calandrelli fut d'ailleurs de courte durée 

ie IX le rappela ik Rome (1848) avant l'arrivée de 

I^DStrument d'Ertel, qu'il eut toutefois la satisfaetion de 

ttre en place en août iS5i, le Pape lui ayant permis de 

e 1^ cette occasion un voyage dans les Romagnes. 

I Le cercle méridien de Bologne est presque semblable à 

iriui de l'Observatoire du collège Romain ; son objectif a 

s lignes d'ouverture avec i'°,4o de foyer. Les cercles 

radués, d'un mètre de diamèir*, sont au nombre de deux 

\t divisés sur argent de 3 en 3 minutes, en sorte qu'avec 

e de quatre verniers les angles peuvent se mesurer ù 

Lclqnes dixièmes de seconde. La particularité la plus 

tnarquable de cet instrument consiste dans la forme des 

biliers qui portent l'appareil et ses contre-poiUs; ces piliers 



- 82 — 

sont au nombre de quatre, deux de chaque côté. Sur le 
pilier intérieur sont fixés les coussinets ; sur le pilier ex- 
térieur les contre-poids, et entre les deux peuvent passer 
les cercles divisés. Grâce à cette disposition, il n*est pas 
nécessaire, lors des retournements, de ramener en arriére 
le chariot qui soulève Tàppareil, et l'opération se trouve 
beaucoup abrégée. 

En quittant l'Université de Bologne (1848) Calandrelli 
laissait à l'Observatoire, pour le diriger et y travailler, 
un de ses plus jeunes et de ses plus brillants élèves, M. Res- 
pighi, qu'il avait peu à peu initié à toutes les délicatesses 
des observations. Dès que le cercle d'Ertel fut en place, 
M. Respighi s'empressa de l'étudier dans tous ses détails; il 
reconnut d'abord que les flexions y étaient très- faibles, 
sans doute à cause de la forme de la lunette, composée de 
deux troncs de cône assemblés par leur base, puis que ses 
tourillons étaient parfaitement ronds et presque rigou- 
reusement égaux, et qu'il n'y avait dans les cercles qu'une 
faible erreur d'excentricité. Ces études préliminaires ter- 
minées, M. Respighi s'attacha à faire une nouvelle dé- 
termination de la latitude ( ' ) par le moyen d'observa- 
tions de la Polaire ou de a du Cygne, en ayant soin de 
choisir les époques, où ces étoiles passant au méridien 
assez avant dans la nuit on, pouvait supposer que les 
mouvements de la tour, produits par réchauffement de sa 
face sud-ouest sous l'action des rayons solaires, avaient 
cessé. Un certain nombre d'observations de cette der- 



(') Respighi, S alla latitudine delV Osservatorio di Boloo^na{t. II, 
série 2* délie Memorie delV Accademia délie Scienze delV Istituto 
dl Bolognà), Bologne, i863. 



e ont d'ailleurs été faites par une méthode s 
ciale, sur kqaelle nous aurons l'occasion de revenir à 
{trupos d'une installation analogue esislant à l'Obser- 

tvatoire du Capiiole. I-a moyenne de tous ces résultais a 
■unué pour latitude de l'Observatoire ^'\''-ig'5^",go. 
■ Les moyens d'observation manquant d'ailleurs en pariîe 
à M. Respighl, il tourna une portion de son activité vei's 
des rcchei'ches théoriques et vers la discussion des obser- 
va lions météorolo^'iijues ou magnétiques accumulées dans 
les registres de ses prédécesseurs. C'est ainsi qu'il publia 
successivement, dans les Mcmorie dell' Accademia délie 
ScieazedeW Istiluto di Bologna, un travail sur le mouve- 
ment du pendule conique (t, V, i634), une Notice sur 
le climat de Boloj^ne, d'après les observations faites de 
i8i4ài843(t. VU, i856], desreclicrcLes surl'irradiii- 
tion oculaire (t. IX, iS58), ud important Mémoire sur 
k déclinaison raagoéti(jue absolue deBoIogne ( t. X, i85g). 
M. Respighj observait d'ailleurs en même temps les prin- 
cipales comètes, et en particulier celle de iS6o, sur la- 
quelle il nous a laissé une intéressante dissertation dans 
V Annuaire de l'Obsen'atoire de Bologne (année 1861). 

Bientôt après, M, Respighi était appelé à Rome par son 
ancien professeur 1. Cajandreili, et le soin des observa- 
tions astronomiques se trouvait confié à Jacopo Miclicz, 
Pmn des élèves de Santini à Padoue. 

H Micbez ne paraît pas avoir fuit des observations noni- 
Rjreuscs, et dans les publications italiennes je n'ai retrouvé 
<[u'un Mémoire de lui, relatif aux erreui-s que produit 
dans les observations une mauvaise orientation du réti- 
cule à fils obliques, dit réliciile de Biadlej-, Micbez est 



^nnort à Bologne le 1 



.874. 



- 81 - 

Son successeur a été le Directeur actuel de TObserva- 
toire, M. Alexandre Palagi, qui l'aidait déjà depuis quel- 
ques années dans le soin des observations magnétiques et 
météorologiques. L*état actuel des instruments paraît 
l'avoir forcé à abandonner d'une manière presque com- 
plète les observations astronomiques et l'Observatoire de 
Bologne n'est plus qu'une sorte de Musée où la poussière 
et la rouille rongent quelques appareils historiques. 



CHAPITRE V. 

OBSERVATOIRE OE HOOÈNE. 



'st utte ville d'astri;>nnmes j c'est Va nu' dans les 
esont nés Amici, leR.P.Secchi, M.TiiccliiDÎ. 
qiendaat une sor[e de facilité parait s'être attachée à 
a Obsei'vatoii'e nstronomique, qui n'a jumaïs eu l'éclat 
de ses voisins de Bologne et de Padoue et qui, alors que 
de riches dotitions eussent été nécessaires pour le 
construire suivant les exigences de la précision de l'As- 
trono mie moderne, a toujours été réduit à se contenter de 
maigres crédits. 

Depuis Ciissini I, diverses séries d'obsei-va lions astro- 
nomiques avaient été Taites à Modène piirMulvatiu (i66a}, 
F"nLina(iii8), de Zach{i8i2), dans le but de déter- 
miner la position géographitpie de l.i ifiur de la Ghîrlan- 
dina, qui avait servi de sommet géodésique pour la trian- 
gulation du nord de l'Italie ; en i8i5, Bianchi, alors aide 
aslrfjnomeàrobsei-vatoire de Milan, fit.-iussi dans sa propre 
maison, tonte voisine du Palais ducal, quelques mesures 



^ 86 - 

de la hauteur de la Polaire pour déterminer à nouveau la 
latitude. 

Cette série d'observations paraît avoir décidé le duc 
régnant, François III, à fonder un Observatoire, car à la 
Gn de 1818, Bianchi, toujours à Milan, était nommé 
professeur d'Astronomie à TUniversité, et recevait l'ordre 
de comjuander quelques instruments pour l'établissement 
dont la création venait d'être décidée, A la sollicitation des 
astronomes de Milan, Reichenbach se chargea de con- 
struire un cercle méridien de 3 pieds de diamètre et Amici 
prépara une lunette équatoriale. 

Pendant que les instruments se construisaient, Bianchi, 
revenu à Modène, cherchait pour eux un local convenable; 
il songea d'abord à l'une des tours de l'Université ; mais, 
après examen, on reconnut que sa stabilité était insufiBsante, 
et il dut se décider à faire construire l'Observatoire sur la 
tour orientale du Palais ducal qui offrait à son sommet 
une surface carrée de près de 10 mètres de côté, et dont 
les murs avaient encore, à une hauteur de 3o mètres, une 
épaisseur de i*", 5o. 

Près de huit ans s'étaient écoulés depuis le retour de 
Bianchi à Modène, lorsque les travaux de construction de 
l'Observatoire commencèrent enfin, dans l'été de 1826, par 
rétablissement d'une solide voûte au sommet de la tour. 
C'est sur cette voûte que l'année suivante on établissait la 
salle méridienne et le cabinet équatorial. 

Dans la première de ces pièces, Bianchi plaça le cercle 
méridien de Reichenbach terminé en 1822, qui compor- 
tait une lunette de 4 pouces d'ouverture avec 5 pieds de 
foyer et un cercle gradué de 3 pieds de diamètre et puis 
une lunette méridienne d'une ouverture égale. 



- 87 — 

Dans la seconde, sons une coupole hémisphérk[ne tour- 
nante qui domine l'ensemble de l'édifice, Tut installé 
réquatoria! d'Amici de 2 | pouces d'ouverture et dont la 
particularité' la plus remarquable est d'avoir le micro- 
mèlre à double image imaginé par son constnicieur. 

Avec ces instruments, Blanchi se mit, dès 182c), à ob- 
server quelques planètes et quelques comètes et à déter- 
miner la hauteur apparente d'ét-oiles de déclinaison con- 
nue.^, passant au méridien, au nord ou nu sud de son 
zénith, dans le Lut de déterminer la valeur numérique 
des coefficients de la formule des réfractions; il ne tarda 
point d'ailleurs à reconnaître que les appareils dont il 
disposait n'avaient ni la précision, ni la stabilité, ni même 
la puissance optique indispensable a des recherches vrai- 
ment impoitantes, et dès lors son activité se ralentit et il 
se borna à la rédaction de quelques Mémoires sur divers 
|i()ints d'Astronomie théorique. 

H ne désespérait point cependant de se livi-er un jour à 
des travaux pratiques, et, vers i858, il fut assez heu- 
reux pour persuader au marquis de Montée uccoli, de 
fonder dans sa résidence de Modène un Observatoire, 
auquel il consacra bientôt tous ses soins, abandonnant 
complètement l'Observatoire officiel (') qui fut, en sep- 
tembre 1859, placé sous la direction de M. Taccliiûi. 

Ce dernier ne resta que peu de temps à Modène et fut 
lui-même remplacé en octobre i863 pai- M. Ragnna, 
le directeur actuel. 

Les difficultés qu'avaient rencontrées BiancliietM.Tac- 
cliini ont également paraljsc les efforts de M. Ragonii, 



^^B*) G. Bii 



3 dpcembri! i8iiC. 



- 88 - 

et ce dernier a été obligé d'abandonner rAstronomie pour 
consacrer tous ses efforts à l'étude de la Météorologie et 
du magnétisme terrestre. Depuis dix ans bien des progrès 
ont déjà été accomplis dans cette voie nouvelle, et des 
résultats importants ne peuvent tarder à être obtenus. 



CHAPITRE VT. 



OBSEBTATOIRE DE PADOJE. 



Dès 1074, il exislait à Padoue un assez grand noi 
^tle professeurs de droit canon, qui en treteo nient auprès ] 
[d'eux des jeunes gens se destinant aux emplois judiciaires | 
;ou ecclésiastiques ; le nombre de ces (étudiants augmenta | 

Eancoup dans les premières années du xiri" siècle, 
tsuite de troubles arrivés a Bologne en tai^, en sorte I 
Bqu'il devint liienlnt nécessaii'e de publier des ordoD-J 
« réglant les immunités scolasliques et les privilèges J 
des étudiants et des pivDfesseurs ( iaG4]. L'Université se^ 
L trouvait ainsi fondée et, malgré quelques vicissitudes 
|:'Cnntinua îi rester importante et compta toujours parmi I 

mbres qneltjues professeurs de grand renom; 
Pftinsi, par exemple, que Galilée, le véritable fondatenrl 
de l'Astnmomie physique, y a enseigné pendant 18 ans, 1 
de 1592 à 1610. 

Le voisinage de Venise amenait d'ailleurs à Padoue uij I 
1 grand nombre d'étudiants de celte ville et la seiénis- 
! République fit toujours les plus grands sacri 



- 90 - 

pour y appeler et y retenir, en les payant richement, les 
maîtres les plus savants et les plus expérimentés ; elle ne 
négligeait point en même temps d*y créer des musées et 
des collections et d*y construire tous les bâtiments qui 
pouvaient devenir utiles aux progrès de la science. C'est 
ainsi, par exemple, que, à la demande de Toaldo, le Sénat 
de Venise fondait en 1761 l'Observatoire actuel. 

Toaldo (GiujCppe), né à San-Lorenzo de Pianezze 
(prèsde Vicence), le 11 juillet 17 19, fit son éducation 
littéraire et mathématique au séminaire de Padoue, où il 
eut pour professeur, parmi tant de savants qui ont laissé 
un nom illustre dans la Science, Tabbé Suzzi, qui, l'un des 
premiers en Italie, étudia le nouveau calcul de Descartes, 
de Leibnitz et de Riccafi. Ses études terminées ( 1742), 
il enseigna pendant dix ans, dans le séminaire même où 
il avait été élevé, la Philosophie et les Mathématiques, 
puis fut ( 1 752. ) nommé professeur d'Astronomie, de Géo- 
graphie et de Météorologie à l'Université de Padoue. 

Les professeurs successifs d'Astronomie s'étaient jusqu'à 
cette époque bornés à faire des cours à l'usage des élèves; 
Toaldo eut une ambition plus haute et voulut placer à 
côté de sa chaire un Observatoire assez complet pour 
qu'il fût possible d'y faire des travaux profitables à la 
science. Le Sénat de Venise accueillit favorablement les 
idées du jeune professeur et la fondation de l'Observatoire 
fut résolue ( 1761 ). Restait à disposer pour cet usage la 
tour de d*£zzelino et à acquérir les meilleurs instruments 
de l'époque. Dans ce but, Toaldo, qui était peu familiarisé 
avec l'Astronomie pratique, visita d'abord les principaux 
Observatoires d'Italie et se mit en relation avec les astro- 
nomes les plus célèbres. 



a tour oùestaujotu'd'hui l'Observatoire astninoi 
t construite en la^a par orJre d'EMclino III, 
servir de forteresse et de prison d'État. L'inscriptio 
vante, re'dige'e par Boscnwich, cl placée sur la poi'l 
donne accès dans le bâtiment, fait a!li 

t moderne destination de l'édifice: 
; 






.767.^ 



été fnit 
Kpbli, 
^■estio 
■Âo e 



>s travaux d'adaptation, commencés 
rreillance de Toaldn, ne furent terminés qu'en 1774. * 
coûtèrent au trésnr public 1 2000 setiuins, soit i44ooo 'i- 
«4*63. La somme témoigne du soin avec leiguel ils avaient 
ét é faits et de la générnsite de la Républitiue. 

^bligé par le titre même de sa chaii-e à s'occuper de 

Btions météorologiques, Toaldo et son neveu Chimi- 
» entreprirent, en 1769, avant même que les con- 
struction fussent terminées, une série d'observations 
du bnromètre et du thermomètre, qui a été poursuivie 
sans interruption jusqu'à ce jour. La discussion de tous 
CCS nombres a été, pour Toaldo surtout, l'objet de plu- 
sieurs Hémoires impoi-Unts, insérés dans les Mémoires de 
l'Académie de Pudoue, dans lesquels il s'est attaché ù 
dissiper l'erreur alors très-accréditée d'une influence 
des astres stir te temps, pour ne laisser subsister que la 
BOtion exacte de l'action de la chaleur solaire, variable 

Kles époques de l'année et de la marée atmosphé- 
e produite par la Lune. 





Irii rédaction 


^^^^^^1 




grande pnrtic d( 


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oulilier k Toaldo 


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publiait en menu 


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une traduction < 


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en lin un Traité de 


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il construisait ég 


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l'Observatoire, u 


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de hauteur, nvec 


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hauteurs snlsticû 


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latitude de son 


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Vers la même 


^^^^^^1 




(Irant mobile d'A 


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mobiles de 8 et 
teiminait la haut 
dctipscs de Lune 
dont la discussioi 


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de Padoue et de I 




Quelques année 


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mentdespluspréc 


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un rjuadi-ant mura 


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de riiynn, qui futi 


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servatotre, h câté 




cet instrument, ei 
large et se trouve ( 
rayons et de corde 
en 5 minutes, suiv 


$ 

-*"'^ 






»»*• 




( ' ) Sidgria» obieroi 


[ ^^^ 










Padora. 17SG. 


^ 



- 92 - 

La rédaction de ces Mémoires, auxquels il doit une 
grande partie de sa célébrité, ne faisait cependant point 
oublier à Toaldo qu'il était professeur d'Astronomie et il 
publiait en même temps ( 1774) un Traité sur la sphère, 
une traduction des Tables astronomiques de Lalande et 
enQn un Traité de Trigonométrie. Avec son aideChiminello, 
il construisait également en 1776, dans la grande salle de 
l'Observatoire, un gnomon de 10 pieds 6 pouces 4 lignes 
de hauteur, avec lequel il mesurait les années suivantes les 
hauteurs solsticiales du Soleil et fixait à 45°23'4o"iO la 
latitude de son Observatoire. 

Vers la même époque, l'Observatoire obtenait un qua- 
drant mobile d'Adams, de ?. pieds de rayon, deux lunettes 
mobiles de 8 et 10 pieds de foyer, avec lesquelles on dé- 
terminait la hauteur du pôle et l'on observait diverses 
éclipses de Lune et de Soleil, des occultations d'étoiles (*) 
dont la discussion donnait pour la différence de longitude 
de Padoue et de Paris 38'" o' environ. 

Quelques années après ( 1779)1 arrivait enfin un instru- 
ment des plus précieux, encore aujourd'hui en parfait état, 
un quadrant mural de Ramsden [fig* 4) ^® ^ pieds anglais 
de rayon, qui fut installé dans la salle principale de l'Ob- 
servatoire, à côté du grand gnomon. Le cercle divisé de 
cet instrument, entièrement en cuivre, a 4 pouces de 
large et se trouve maintenu par un système complexe de 
rayons et de cordes ; la double graduation directe est de 5 
en 5 minutes, suivant les deux systèmes de division de 



( * ) Siderum observationes habitœ a patavinœ speculœ exordiis 
usque ad annum 1779 exeuntem a /. Toaldo ac V. Chiminello, 
Padova, 1786. 




mbe à l'aide d'une pince k v 
:e dernière Tant exactement 5i si 
i tête est div 



- M- 

entières donnent directement la seconde, dont les frac- 
tions sont estimées facilement jusqu'à près du dixième. 

Quant à la lunette dont la distance focale est égale au 
rayon du quadrant, elle a 3 pouces d'ouverture et se trouve 
équilibrée autour de son centre de rotation à l'aide d'un 
levier angulaire qui se prolonge au delà d§ l'objectif et 
est chargé d'un poids considérable. L'éclairage des fils 
pour les observations de nuit est enfin obtenu par l'in- 
termédiaire d'une plaque elliptique et annulaire en ivoire, 
située en avant de l'objectif et éclairée par une lanterne 
portée par le levier d'équilibre. 

Dans Toculaire il y a une plaque mobile qui porte cinq 
fils méridiens parallèles au plan du quadrant et un fil 
horizontal. 

Les observations de latitude faites au gnomon en 1776 
étaient assez discordantes entre elles, en sorte qu'il existait 
sur cette donnée importante une certaine incertitude. Le 
quadrant mural de Ramsden ayant été placé et rectifié 
avec le plus grand soin, Toaldo l'employa donc de suite 
à de nouvelles observations des hauteurs du Soleil dans 
le but d'en déduire- la latitude. Le résultat obtenu fut 
45** 28' 43", 4 î °^^^s i^ ^^ paraît pas que dans ce travail 
les astronomes aient suffisamment tenu compte de Terreur 
qui pouvait exister dans l'origine de la graduation d'un 
aussi grand instrument, et cela sans doute parce que l'ap- 
pareil n'était pas susceptible de retournement. 

Quoi qu'il en soit, cette série d'observations est la der- 
nière à laquelle Toaldo ait pris une part active ; car, déjà 
avancé en âge, il mourut à Padoue le 1 1 novembre 1 797 . 

V. Chiminello, qui lui succédait, était né à Marostica 
( province de Vicence), le 3o juin 1 74 1 , et se trouvait, par 



t mère, cousin de Ti.>al<I<). A rg ans, ayant tcrmint- ses 
P-Audes classiques, ileiitt'u^iti séminaire dePadousoit il en- 
treprît presque aassitât ses études ai a thématiques, en s'ini* 
liant à l'analyse cartésienne, aux travaux d'EuIer, et puis 
enfin àla pratiquede l'Astronomie, lors du l'etour à Padoue 
de Ricci Zannoni, l'un des élèves de Lalande au Collège 
de France. Finalement, lorsque, en 1779, rO!)ser¥atoirc 
entra en possession du quadrant mui-al de Ramsden et 
de quelques autres instruments, il fut nommé astronome 
adjoint et membre de l'Académie des Sciences de Padoue. 
A l'époquede son entre'eà l'Observatoire, Toaido s'était 
surtout occupé d'observations météorologiques; Chimi- 
nello y pi'il une large ]tai-t et pendant seize mois il pour- 
suivit de jour et de nuit la mesure delà hauteur du bai'o- 
juètrc, de manière à mettre en relief le double mouvement 
£ de In pi-cssion atmosphérique ( ' ), mouvement qui 
^'avait point encore été rigoureusement mesuré. 

e temps, le jeune asti-onome suivait les varia- 
tions d'éclat de l'étoile temporaire apparue dans les Gé- 
meaux en 1 781 , déterminait au tjuadrant mural les oppo- 
sitions des diverses planètes et s'appliquait h mesurer 
robliquilé de l'écliptique, dans le but de cheither si la 
différence que l'on trouvait constamment entre les me- 
sures faites iiendant l'été et pendant l'hiver ne serait pas 
eicplicalile [lar une .différence dans l'humidilé de l'air et 
par uue variation dans les coefficients des formules de 
réfraction. 




- 96 - 

Ces divers Mémoires sont antérieurs à la mort de 
Toaldo, et ils faisaient espérer que Chiminello, maître de 
l'Observatoire, saurait y accomplir des travaux importants; 
mais il eût fallu pour cela un calme que ne comportait 
guère l'état politique de l'Europe. A cette époque, en effet, 
l'Allemagne et l'Italie étaient en armes et les préoccupa- 
tions de la guerre l'emportaient de beaucoup sur tous les 
autres soins ; néanmoins Chiminello découvrit la comète 
d'août 1 797 . Ce fut en quelque sorte son dernier travail 
astronomique; les pensions académiques ayant été sus- 
pendues, les élèves ayant quitté l'Université, Chiminello 
fut obligé, pour maintenir d'une manière décente et ne pas 
abandonner à une ruine complète l'établissement qui 
lui était confié, d'aliéner la plus grande partie de son patri- 
moine. Dans cette lutte de quelques années, il usa la meil- 
leure part de son énergie, et lorsqu'en 1806 il parvint 
enfin à obtenir un traitement suffisant et qu'il lui fut donné 
des adjoints pour le soulager de ses fatigues, ses forces 
l'avaient abandonné; bientôt après, en 1809, il eut une 
première attaque d'apoplexie et il succomba à une se- 
conde le 16 février i8i5, sans avoir accompli de bien 
grands travaux, mais ayant conservé intacts les instru- 
ments de l'Observatoire. 

Les aides ou adjoints que Chiminello avait appelés 
autour de lui étaient Santini et Busata. 

Santini (Giovanni), né à Capresse (province d' A rezzo), 
le 3o mai 1787, avait fait ses premières études chez un 
de ses oncles, puis au séminaire de Prato et enfin à l'Uni- 
versité de Pise (novembre 1802), où il avait appris en 
même temps le droit et les Mathématiques. De là il vint, 
au printemps de i8o5, à l'Observatoire de Milan, tra- 



- i(7 — 

hnlieravec Cesuria et OriaDÎ, qui le firent nommer, le 

Mj octobre de 1806, astronome adjoint à l'Observatoire 

pde Padoue ; bientôt après, Chïminello le chargeait de le 

remplacer dans ses cours d'Astronomie et il se trouvait de 

fuit chargé de la dircctioa de l'Observatoire. 

Un des premiers points qui attirèrent l'attention de 
Santiai fut la détermination de la position géographique de 
rObservatoire dont les coordonnées cLiient inci;rt;iiaes et 
jH>ur lequel le baron de Zach trouvait en septembre 1807,^ 
l'aide d'observations du Soleil faîtes avec un cercle multi- 
plicateur de Reichenbacli, une latitude de ^5" 3^' i'',6i, 
résultat plus graud de 21", 6 qnc celui admis alors. 
Manquant de bons instruments, Santini chercha il utiliser 
lec quadiants qu'il avait à sa disposition, en particulier 
le quadrant d'Adams, et, voulant éviter toute mesure 
d'angle, il employa une méthode particulière due à Gauss 
li consiste à cliercher à quelle heure trois astres de 
^«tions connues parviennent à la même hauteur. Eu 
pérant ainsi, il trouva, par une suite de seixe observations 
Sûtes du a mai au ao juillet 1811, que la latitude était 
le 4S°^4'^''> '^1 ^^ l"* ^'''i' ^'^ nombres ronds le même 
&ultat que celui de de Zach. 

La longitude était probablement aussi incertaine que 
i distance à l'équateur; aussi Santini continua-t-il les 
gervAtions d'occultation commencées ca [8o5 par Chi- 
[nello, et douze d'entre elles, observées de i8o5 à 181 a, 
lontrèrent à sou aide, Busaia, que la diilërence de longi- 
tude entre Paris et Padoue était de o*" 38" 9', i . 

Quels que pussent être les défauts du quadrant murai 

de Ramsden, il permettait néanmoins la mesure de la 

^HdifTérence de déclinaison des étoiles; mais, ne pouvant se 



- 98 - 

retourner, il était tout à fait impropre à la détermination 
des ascensions droites ; l'Observatoire fit donc une acqui- 
sition importante lorsque, en 1810, il reçut une lunette 
méridienne de Reichenbacli, qui fut installée à côté du 
quadrant. Cet instrument avait un objectif de 4 pouces 
d'ouverture sur 1 "*, 20 de distance focale. Le micromètre, 
formé de 5 fils verticaux et d'un fil horizontal, était éclairé 
par un rayon de lumière arrivant par l'un des tourillons, 
qui était creux, et réfléchi à 45 degrés sur un diaphragme 
elliptique situé au centre de l'instrument. Le tourillon 
plein était d'ailleurs mobile, de manière à permettre la 
rectification de l'appareil, et l'un des axes portait un cercle 
de calage divisé en degrés, sur lequel un vernier donnait la 
minute. 

Avec cet instrument, Santini et ses adjointSi commen- 
cèrent une série d'observations des planètes anciennes ou 
nouvelles, dans le but de déterminer l'instant de leurs 
oppositions. 

La santé de Chiminello, qui déclinait de plus en plus, 
r éloignait chaque jour davantage de l'Observatoire, de 
sorte que, dès le commencement de 181 3, il abandonna 
complètement l'établissement et la chaire d'Astronomie. 
Par un décret du Prince Eugène, vice- roi d'Italie, daté 
de Posen le 19 janvier 181 3, Santini fut chargé de la 
direction de l'Observatoire ; plus tard, lorsque les événe- 
ments politiques eurent changé la carte d'Europe et 
donné la Vénétie à l'Autriche, un nouveau décret du 
6 novembre 1817 le confirma dans cette position, qu'il 
a occupée jusqu'à sa mort. 

Le retour du calme avait d'ailleurs permis à Santini 
d'obtenir dès 181 5 de la munificence du Gouverne- 




baut degré d'exactitude et 
très-sensible certains 



Kfeîent autrichien aa cercle miiltiplicateur de Reichen- 
■bach, qu'il s'empressa d'employer à une nouvelle et 
plus exacte détermination de la latitude. L'idée pre- 
mière des cercles multiplicateurs est, on le sait, duc k 
Blayer, qui les imagina pour atténuer les erreurs presque 
inévitables dans la division mécanique descercles; Barda 
et lienoir furent ensuite des premiers à metti-e cette idée 
en pratique Si l'époque de la grande triangulation de la 

Ifrunce; et enQn, quelques années après, Reichcnbach 
Ippela l'attention des s.' 
Ml portant leur divisini 
|d perfectionnant d'ui 
Pétnils de construction. 
V L'instrument acquis parSantiniavait un cercle vertical 
de 1 2 pouces de diamètre divisé de 5 en 5 minutes et 
jKiurvn de quatre verniers, portés sur un cercle intérieur, 
qui donnaient les 4 secondes, de sorte que l'erreur pro^ 
bable de la moyenne des lectures se trouvait de a secondes 
seulement. La lunette était solidement fixée au cercle inté- 
rieur. L'appareil devant aussi être propre à la mesure des 
horizontaux, il ét.iit muni d'un cercle horizintal 
pi au premier et portant lui aussi une lunette. 
^ Avec cet instrumeal et de mai i8i5 k juillet i8i6, 
intini Gt un grand nombre d'nbservations de la Polaii-e, 
e p Petite Ourse, de l'étoile zénithale de l'Aigle, et enfin 
, qui lui donnéi'ent pour latitude définitive de 
• Observatoire 45''24' 3.",5o ('). 




- 100 - 

Ces recherches étaient en quelque sorte le prélude de 
celles auxquelles l'Observatoire de Padoue prit une part 
active de 1822 à 1828, pour la mesure du parallèle 
moyen. 

La masse de Jupiter est un élément important du calcul 
des perturbations de Saturne, de Mars et des petites 
planètes, et d'un assez grand nombre de comètes. Un élé- 
ment aussi important méritait donc d'être de'terminé par 
une série d'observations directes, faites avec toute la 
précision que comportaient les instrimients modernes, et 
cependant le nombre toujours employé -7-7-57 résultait 
d'anciennes observations de Pound rapportées par 
Newton dans les premières pages du troisième Livre des 
Principes; à la vérité cependant, Airy venait de donner à 
la Société royale de Londres une nouvelle valeur de la 
masse de Jupiter TirrirëT' fondée sur des mesures de diffé- 
rences d'ascension droite entre Jupiter et son quatrième 
sjitellite. Or, si l'on observait qu'une erreur de o% 1 2 sur 
cette différence de temps donnait une différence de 2 se- 
condes sur la digression, on pouvait craindre que ce résultat 
des calculs de M. Airy ne fût pas très-exact. C'est au moins 
ce que pensa Santini, qui résolut alors de mesurer direc- 
tement les digressions au moyen du micromètre ocu- 
laire à double image d'Aniici. Profitant de la présence à 
Padoue de l'un des fils d'Amici, il pria le savant directeur 
de l'Observatoire de Florence de construire pour lui une 
lunette achromatique de 3 pieds de foyer pouvant rece- 
voir un micromètre capable de mesurer une distance de 
10 minutes. La lunette bientôt construite était en effet 
pourvue d'un micromètre formé de deux demi-lentilles 
mobiles Tune devant l'autre^, à l'aide de crémaillères dont 



- 101 - 
pies échelles permettaient de mesurer les dqtbi céments cor- 
P Tespondant à i seconde. 

Alin de pouvoir plus racilement diriger In lunette Vi 

la sphère celesle, elle fut montée parai lactique ment i 

unchariolmobile. Les observations, commencées le 29 jan- ] 

[■■yier i833, durèrent jusqu'au a5 avril, et de l'amplitude 

K^» digressions mesurées Santini conclut que la masse 

Pde Jupiter était rïrrr- 

Quelques années aiirès, Santini entreprenait les obser- 
vations d'étoiles qui l'ont conduit à la publication de la . 
série de ses cabdngues. 

Les quadrants muraux qui, au siècle dernier, furent { 
à grands frais dans presque tons les Oliservatoires ' 
H'Eui'ope, présentaient deux défauts fondamentaux : le ' 
r était de ne pouvoir se retourner, ( 
le pouvait obtenir avec eux les distances au zénith, mais 
Kulement leurs différences. Le second était la difficulté 
le déterminer aveceuT les passages méridiens; car, malgré 
toute l'adresse déployée par les constructeurs, rien n'as- 
extérieure sur laquelle était la gradua- 
n et le long de laquelle se déplaçait l'oculaire (ùt rigou- 
Knsement plane. Par suite, Va\e optique, au lieu de se 
■r partout dans le méridien, déclinait tantôt à droite, 
à gauche, suivant les petites imjKrfections de 
rinstrument. Si ces petites déviations pouvaient facile- 
ment être négligées lorsqu'il s'agissait de la mesure des 
distances zénithales, il ne pouvait plus en être ainsi , 
lorsqu'on voulait déterminer des ascension.t droites. 

IPour obvier à ce dernier inconvénient, on imagmn | 
is tard l'instrument des passages, qui fut d'abord plac 
te à c&le du cercle mural, aSn (ju'une mSme personiw I 



- 102 - 

pût, après «avoir observé le passage méridien d'un astre, 
courir au quadrant mural et mesurer sa distance zénithale. 

Deux instruments, le cercle mural et la lunette méri- 
dienne, étaient donc nécessaires pour déterminer la posi- 
tion d'un astre, lorsque le génie de Reichenbach sut 
réunir dans un seul appareil les avantages des deux 
instruments. 

C'est un cercle méridien de cette espèce, sorti des |atè- 
liersde Starke, que Santini obtint en iSSy et avec lequel 
il commença les déterminations nécessaires à ses cala- 
logues. 

Le cercle méridien de TObsei^vatoire de Padoue porte 
sur deux piliers de marbre de 2 mètres de hauteur ; Taxe 
de rotation qui se termine par les deux tourillons a 
3^. pouces de long et est formé de deux troncs de cône, 
solidement fixés à un cube de cuivre; ce tube porte à son 
tour la lunette. Le cercle gradué, de 34 pouces 16 lignes 
de diamètre, est fixé sur l'un des deux cônes et tourne à 
l'intérieur du cercle des verniers ; ces derniers, au nombre 
de quatre, donnent les 2 secondes sur la graduation qui 
est elle-même de 3 en 3 minutes. Le cercle des verniers 
est d'ailleurs solidement fixé h l'un des piliers, et un niveau 
h bulle d'air, très- sensible, placé à sa partie supérieure, 
permet de s'assurer de son immobilité pendant une série 
d'observations. 

La lunette est achromatique et a 48, 5 lignes d'ouver- 
ture avec 60,5 pouces de foyer; l'oculaire est muni de 
cinq fils verticaux et de deux fils horizontaux très-voisins. 

Les observations, commencées en 1837, ^^i*^'^' pour 
résultat la publication, en 1840, d'un catalogue de 
1677 étoiles de 6® ou 7® grandeur, observées chacune au 







et cnmpris 
iléclinaisnn nnrd. L'année suivante, parut le ratalngue de 
2248 étoiles comprises entre o el 10 degrés de décli- 
naison australe. En 18S8, Santini donna de la même ma- 
nière les positions moyenne», pour 1860, de 2696 étoiles 
comprises entre 10° et i2''3o' de déclinaison australe. 

Lebut que poursuivait Santini et les moyens employés 
par lui pour l'iitteindre snnt ni^ttemenl indiqués dans la 
préface de ce dernier catalogue. " Le mode constamment 
suivi par moi pour la formation de ces catalogues a été le 
suivant : parmi les zones du célèbre Bessel (travail gigan- 
tesque fait avec un soin et une exactitude supérieure à 
In ut éloge, et qui comprend, de ^ i^^à + 45", un nombre 
d'étoiles supérieur à 5o 000, observées une fois et il un 
seul fil), j'ai cboisi les étoiles de 7", 8" et quelquefois 
9' grandeur, satisfaisant à lu condition d'être Soignées 
de 3 à 4 minutes en ascension droite, afin qu'il fût pos- 
sible d'en faire une observation complète et différant de 
^ à 8 minutes en déclinaison d'étoiles bien connues. 
Cbaque série a été observée pendant deux soirées consé- 
ives ; les étoiles fondamentales sont celles des éi>liémé- 
de Berlin. 

Un pareil travail exigeait beaucoup de fatigue, une 
forcejuvénileel de la tranquillité d'esprit; mon âge crois- 
sant, des cbagrins domestiques, d'autres occupations ont 
occasionné une longue interruption, et j'aurais tout à fait 
abiindonné mon entreprise sans l'aide et la coopération 
du tiiis-îictif et très-habile Treltenero. " 

En 1862, le travail fut encore étendu par la publica- 
tion de la position moyenne pour 1860,0 de 224^ 
étoiles comprises entre 12" 3o' et iG" de déclinaison aus- 



- 104 - 

traie ; cette portion du catalogue est la dernière à laquelle 
Santini ait travaillé par lui-même, et déjà le plus grand 
nombre des observations étaient faites par son adjoint 
Trettenero (•). 

Au cours de ces observations on avait, en i858, ap- 
porté à l'instrument méridien de Starke quelques modifi- 
cations importantes, destinées, soit à rendre ses indica- 
tions plus sûres, soit à augmenter le nombre des 
étoiles qu'il permettait d'observer. 

En premier lieu, on substitua au niveau à bulle d'air, 
qui, lié au cercle fixe des verniers, doit témoigner de sa 
fixité absolue pendant une série d'observations, un levier 
coudé très-sensible du premier genre. Le point de rota- 
tion est pris sur une pièce de bronze scellée au pilier de 
l'instrument; le petit bras, poussé par un ressort de rap- 
pel, butte contre le cercle, et le grand bras, qui est environ 
25 fois plus grand, se meut devant des divisions de 
Y ligne environ; chaque division de la graduation 
vaut 3'^8 et l'on peut en apprécier à peu près le j\-, 
en sorte qu'on mesure facilement tout déplacement du 
cercle fixe qui excède o", 5. Avec ce système (*), on se 



(*) Trettenero est né à Recoaro (province de Vicence), le 22 fé- 
vrier i8'J!2. Entré à l'Observatoire en i8/|8, il y est resté jusqu'à 
sa mort, survenue le 2! mai i863. On a de lui, indépendamment 
des observations d'étoiles faites pour les catalojrues de Santini, 
un grand nombre d'observations de petites planètes ou de co- 
mètes et les orbites de quelques-unes d'entre elles. II a suppléé 
Santini dans ses cours de i853 à i863. 

(') La première idée de cette espèce de niveau semble due à 
Hardy, et l'on en trouve une description par M. Dunkin dans lé 
tome X des Mémoires de la Société astronomique de Londres, 



- lOS — 

trouve avoir évité l'adhcrenee de la balle d'air et du tube 
qui rend parfnis les niveaux paresseux, et les indications 
sont d'un relevé rapide. 

En même temps, on substitua k la lecture des distances 
KÔnithales par les verniers la lecture par le moyen de 
X microscopes mi crn m étriqués à doubles fils placés sur 
fedîamètre horizonul du cercle fixe. 
|£nfia l'éclairage des fils du micromètre fut transformé 
me manière lout à fait originale qui mérite une des- 
liption spéciale. 

I ï-'cclairage ordinaire des fils noira sur cliamp brillant 
f donne par un faisceau de lumière qui pénètre par l'un 
B tourillons et se réfii^cbit sur un miroir elliptique situé 
^centre de la lunette, Pour obtenir des fils, ou ploMt 
a traits brillants, se détacbunt sur un ebamp obscur, on 
e sur l'axe de rotation de la lunette, et du crtté du 
irillon creux, une plaque métallique percée de plusieurs 
^tesà angle droit; ces fentes, étant éclairées, deviennent 
s objet lumineux dont l'iraîige est renvoyée jusqu'à 
I par l'intermédiaire d'un, prisme à réflexion 
taie et d'nne lentille convergente. Le micromètre ainsi 
u est d'ailleurs tout à fait différent du micromètre 
et a une collimation et une distance de fds spéciales. 
I lieu de la plaque percée de fentes, on amène sim- 
plement dans le tourillon un disque cvidé en son centre; 
les rayons lumineux de la lampe d'éclairage traversent le 
^ubc central de la lunette et viennent éclairer de petites 
erles métalliques disposées suivant des lignes perpendi- 
plnires ; une lentille convenablement disposée dans h 
portion du tube de l'instrument voisine de l'ceil donni 
BSuite dans le plan focal de l'oLjectif une image de ce; 



1 



- 106 - 

points lumineux. Ce troisième micromètre est, bien en- 
tendu, tout différent des deux premiers. 

C'est avec l'instrument méridien ainsi modifié qu'ont 
été fuites, par Trettenero, du i8 avril 1861 au 3 fé- 
vrier i863, les observations qui servent de base au der- 
nier des catalogues de la série commencée par Santini. 
Il contient 14^5 étoiles situées entre Téquateur et 3 de- 
grés de déclinaison australe ; les calculs de réduction ont 
été faits par RI. Lorenzoni. 

Le voyage fait par Starke à Padoue dans l'automne de 
i858 avait pour but, indépendamment des modifications 
de l'instrument méridien, l'installation au sommet de la 
grande tour de l'Observatoire d'un équatorial construit 
suivant les principes de l'Astronomie moderne. La lu- 
nette de cet instrument, faite chez Merz, a o™, 117 d'où- 
verture libre et se trouve montée, à la manière dite 
allemande, sur un solide pied en fmte; l'appareil est 
muni de tous les cercles gradués nécessaires et d'un mou- 
vement d'horlogerie à pendule conique. 

Pendant les premières années, cet excellent instrument 
a servi à des observations de planètes ou de comètes, 
faites d'abord par Trettenero, puis ensuite par Michez et 
M. Lorenzoni, qui se trouve aujourd'hui le directeur 
effectif de l'Observatoire. 

M. Lorenzoni, né en i843 dans les environs de Padoue, 
fit ses études d'ingénieur architecte à l'Université de cette 
ville et entra aussitôt après ( i863) à l'Observatoire avec 
le titre d'astronome assistant, titre qu'il a échangé en 1872 
contre celui d'astronome adjoint. Pendant les premières 
années de son séjour à l'Observatoire, il s'est, comme ses 
devanciers, surtout occupé d'observations méridiennes 



l 



— 107 — 

et d'observations de planètes ou de comètes nnuTelles ; 
mais LientiU la directinn de ses travaux s'est trouvée 
moiJifiée, et aujourd'hui le prinripal objet de ses recher- 
ches est l'étude des protubérances et de la constitution 
]ih;sique du Soleil. 

L'occasion de ces recherches a e'té l'éclipsé totale de 
Soleil du 22 décembre 1870; chargé par la Commission 
italienne d'aller en Sicile observer les protube'runces ijui 
seraient visibles pendant ce phénomène, M. Lorenzoni fit 
venu- en août 1869 un spectroscope à vision directe de 
Hofoiann, etemployii les mius de septembre et octobre à se 
f.uniliariser avecle maniement de son instrument et avec la 
physionomie du spectre solaire. Grâce à ces travaux 
. préliminaires, il put, à l'instant de l'éclipsé, voir dans le 
spectre des protubérances une vingtaine de lignes bril- 
lantes et mesurer exactement la position de plusieurs 
d'entre elles. Depuis son retour dePadoue, M. Lorensonî 
s'est constamment occupe de l'observation des protubé- 
rances, etaveclui l'Observatoire est entré dans l'association 
des spectroscopbtes ilaUens. Aussi, depuis 1872, trouve- 
t-on dans les Memorie degii spetiroscopisli italiani de 
nombreux contours solaires dessinés à Padoue el destinés 
à former l'Iiistoire des protubérances qui se sont montrons 
aux diirérents jours sur les boi-ds de cet astre. 

En outre, M. G. Lorenzoni a enrichi ce Recueil de 
quelques Mémoires spéciaux, sur le calcul des latitudes 
heliographiques des protubérances d'après leur angle de 
position apparente, sur la visibilité des lignes/et b et, en 
général, sur l'éclul des images monochromatiques des 
protubérances vues sur le fond d'un spectre continu, 
^^^gofin sur les conditions de l'observation au spectroscope 



- 108 - 

d'une éclipse de Soleil ou d'un passage de Vénus (*]. 

Dans ce dernier Mémoire, il démontre, à propos des 
observations de Téclipse partielle de Soleil du 26 mai 1 873, 
que la méthode d'observation avec un spectroscope simple, 
en cherchant à quel instant Tune des raies brillantes de la 
chromosphère se trouve coupée par l'astre éclipsant, 
donne très-probablement les contacts avec le bord vrai 
du Soleil, tandis que la méthode préconisée par le R. P. 
Secchi, et qui consiste à interposer un prisme entre l'ob- 
jectif et la fente du spectroscope, dpnne les contacts avec 
un cercle un peu plus petit que le disque vrai du Soleil. 

M. Lorenzoni a également publié, en 1874 ('), àes 
considérations théoriques intéressantes sur les procédés à 
employer. pour augmenter, dans de larges proporiions, 
l'aberration longitudinale des objectifs et obtenir ainsi des 
systèmes optiques qui, par l'usage d'une fente circulaire 
d'un diamètre égal à celui de l'image solaire, doni^eraient 
d'un seul coup l'image, rouge par exemple, de toutes les 
protubérances du Soleil. 

Enfin l'astronome de Padoue s'est aussi occupé des 
comètes, et a fait, sur la direction de la queue de la comète 
de Coggia, une série de recherches, d'où il conclut que la 
chevelure de ces astres n'est point exactement située sur 
le prolongement du rayon vecteur de leur orbite et qu'elle 
tourne d'un mouvement continu autour d'une droite mo- 
bile qui a été à l'origine l'axe de rotation de l'astre. 

M. Lorenzoni fait enfin partie de la Commission qu 
s'occupe des travaux géodésiques à exécuter en Italie 



(*) Memorie degli spettroscopisti itallani, t. III, p. i45; 1874. 
(') Memorie degli spettroscopisti italiani, t. III, p. 45; 1874. 



— 109 - 

pour la mesure du degré européen ; en cette qualité, il a 
dû, en septembre 1874, déterminer la latitude et l'azi- 
mut de l'extrémité nord-ouest de la base de Lecce, dans 
la province de Bari, et, Tannée suivante, faire à Padoue, 
à Milan et à Vienne, les observations de passages néces- 
saires à la détermination de la différence de longitude de 
ces trois villes. 

Tous ceux qui savent combien sont considérables et 
longs les relevés et les calculs des observations d'une dif- 
férence de longitude reconnaîtront avec nous que ni 
M. Lorenzoni, ni son aide, le professeur Abbeti, ne 
restent inactifs, et qu'entre leurs mains l'Observatoire de 
Padoue n'a pas déchu de sa gloire passée. 



Obs, d'Italie, 10 



- 110 - 



CHAPITRE VIL 



OBSERVATOIRE DU COLLÈGE ROMAIN. 



La Compagnie de Jésus a, à toutes les périodes de son 
développement, compté parmi ses membres des astro- 
nomes théoriciens, des observateurs habiles, qu'elle en- 
voyait dans tous les pays et sous tous les climats faire des 
observations utiles à la science, ou fonder des établisse- 
ments astronomiques dont plusieurs ont eu un grand 
éclat; la plupart du temps c'était à Rome, centre admi- 
nistratif de la Compagnie, que ces savants avaient fait 
leurs études et s'étaient familiarisés avec le maniement des 
lunettes. Les bâtiments successifs du Collège Romain 
ont donc, depuis une époque éloignée, abrité des instru- 
ments astronomiques : c'est, en effet, au vieux Collège 
Romain que le P. Scheiner a recueilli les premiers maté- 
riaux de la Âosa Ursina; c'est dans la même maison, 
à l'ouest de l'Église actuelle de Saint -Ignace, que 







- 111 - 
itligncz ( ' ) a observe les taches de Jupiter et les 
des comètes de 1664. i665 et 1G68; c'est 
'«ocore au mâme point qu'AscIepi [- 
jnoires sur l'aberration des étoiles et le mouvement des 
eouiètes. EqGd les salles actuelles du Musée Kircher ont 
lëté l'observatoire de Borgondi (') et l'une d'elles renferme 
/■encore une rae'ridienne trjcée jiar les PP. Maii'e et Bos- 
fiowich, à répoque oà ce dernier mesura, diins les États 
l'Église, un ai'c de méridien de un deyre. 
Les cabinets dont on pouvait disposer, dans l'ancienne 
son du marquis de Tolia, se prêtaient d'ailleurs mal 
obsei'vaticina, en sorte que tous les astroDomes qui y 
iTaïent travaillé désiraient vivement l'agrandissement de 
'Observatoire et sa translation dans une partie des bâti- 
ments d'où la vue du ciel serait pins facile. Après bien 
des demandes successives, cet agrandissement fut enfin 
décidé par Benoit XIV, dans les jircmières anne'es de son 
Pontificat, mais la mort de Borgondi, qui survint bientôt 
après, et les vicissitudes de l'Ordre des Jésuites créèrent 
des diSicuItées que Bascowich chercha en vain h sur- 
later et qui retardèrent indéfiniment l'exécution des 
préparés pour la translation de l'Observatoire au- 
j du ddme de l'Église de S^int- Ignace, 
que les PP. de la Compagnie de Jésus n'avaient pu. 



a Broielleg 



C) Golligi 
.C83. 
(') Aeclepi, né à Maccrata le iG avri 

juillet 1776. 
(*] Bor^adi, uri u Breacîa le iS oduLi 



I 1701^, mort à Rds 




— H2 — 

obtenir, G. Calandrelli fut assez heureux pour le voir 
réaliser, au moins en partie, et c'est lui que Ton doit 
considérer comme le fondateur de l'Observatoire actuel 
de la Via del Gesù. 

G. Calandrelli, né à Zagarolo le 22 mai 17491 ^^ suc- 
cessivement ses études au séminaire de Saint-Pierre-du- 
Vatican, puis à Albano. Ordonne prêtre en 1768, il fut 
bientôt après (1769) nommé professeur au collège de 
MagUano ; il y resta quatre ans, donnant à Tétude des 
Mathématiques tout le temps que pouvaient lui laisser 
libre ses devoirs de professeur. Appelé en 1778 au Collège 
Romain, que la suppression des Jésuites venait de faire 
passer sous la direction des prêtres séculiers, il se lia de la 
plus grande amitié avec le P. Jacquier, qui y enseignait 
le Calcul différentiel et intégral, et lui succéda à sa mort 
(1788) dans la chaire d'Analyse pure; mais G. Calan- 
drelli préférait les Mathématiques appliquées aux Ma thé* 
matiques pures, et parmi les premières il préférait l'Astro- 
nomie, « qui donne Tidée la plus grande de la puissance 
du divin Créateur. » 

Rome cependant manquait d'un Observatoire digne de 
ce nom, et le jeune astronome n'avait autour de lui aucune 
des ressources indispensables à l'étude pratique de la 
science qu'il aimait; les premières années se passèrent 
donc en démarches de toute espèce. Enfin les instances 
pressantes de G. Calandrelli décidèrent le cardinal 
Zelada a ériger un petit Observatoire dans son propre 
palais et c'est là qu'il observa Téclipse de Soleil du 
1 7 octobre 1 781 et le passage de Mercure du 4 niai 1 786. 
Ces premiers succès encouragèrent G. Calandrelli et 
l'affermirent dans sa résolution d'obtenir un Observatoire 




i 

I 



^^E tance f 



ligne (le Rome. Pendunt une aanue encore ses efibrts: 1 
Ebrent vains et tout se borna à quelques dessins, à la n 
rédaction de plusieurs projets, parfois adoptes, mais 
toujoure iuesécule's. En 1787 enfin, ses vœus furent 
couronnés de succès et l'on commenç.!, h l'iingle oi'iental 
de la façade du Collège, la construction d'une tour car 
qui a servi d'Observatoire principal jusqu'en 1848. 

L'exiguïté des ressources, qui avait obligé à e'carter le ] 
projet de construction au-dessus de l'Église de Saint- 
Ignace, empêcha également d'acquérir les instruments | 
que G. Calandi-elli aurait vouLu voir placer dans l'Obser- 
fatoire ; pendant les premières années, il dut se contenter 1 
<âes quelques instruments acquis autrefois par le cardinal I 
Zelada, et ses travaux ne commencèrent réeUement que 1 
lorsqu'il finit par obtenir la libre disposition du ace 
eénithal dont Boscowtcb s'était servi dans ses opérations J 
géodésiques. Avec cet instrument, Calandrelli fit, de 1801 1 
i i8o3, une série d'observations de 3a étoiles zénithales, J 
qui le conduisirent à une première détermination de la I 
latitude de l'Observatoire. 

Une circonstance fortuite vint heureusement fournir à ] 
,G- Calandrelli ['occasion d'obtenir les ressources qui Ii 
avaient manqué jusqne-là. La grande éclipse du 1 1 fé 
Trier 1 8o4 préoccupait alors l'Eui'ope, et Pie VII vint a 
Collège Romain pour l'observer; vivement frappé du zèle j 
des astronomes, le pa[>e leur accorda les sommes indis- 
pensables pour les dépenses coulantes, l'entretien de quel- 
ques élèves et l'achat des instruments les plus nécessaires, 
en particulier d'une lunette méridienne de i", 17 de dis- 
tance focale qui, construite à Munich par Reichenbach, 
tat installée, en i8i3, dans un petit cabinet situé au pre- 



.^ 114 - 

mier ëtage de l'angle oriental du Collège; la grande épais- 
seur des murs de celte portion du bâtiment, la possibilité 
d'appuyer directement sur eux un solide arc de voûte, 
avaient fait préférer cet emplacement à ceux que Ton 
aurait pu trouver dans l'Observatoire lui-même. 

Sans attendre que les instruments fussent au complet, 
Calandrelli déterminait la parallaxe de Wéga (1806), 
étudiait la comète de septembre 1807, s'occupait de la 
détermination des coefficients de la formule de réfraction 
de Laplace (1808) et de la formule barométrique du 
même auteur. L'âge même ne ralentissait pas son ardeur 
et, quoique forcé par sa santé à abandonner en 181 5 sa 
chaire de Mathématiques, il ne pouvait se résoudre à lais- 
ser à ses coadjuteurs le soin des observations, et il tra- 
vaillait chaque nuit comme un jeune homme. 

Parmi les assistants que G. Calandrelli introduisit 
successivement à TObservatoire, deux surtout, A. Conti 
et G. Ricchebach, sont restés célèbres par le concours 
dévoué qu'ils lui ont toujours prêté et par l'activité qu'ils 
ont déployée. 

Andréa Conti, né en 1777, à Riofreddo (diocèse de 
Tivoli ), vint à Rome dès son enfance, et, par les soins de 
l'un de ses oncles, il fut admis à suivre les cours du Col- 
lège Romain, où il eut pour professeur de Physique et de 
Mathématiques l'abbé Calandrelli. Ce dernier trouva en lui 
des dispositions remarquables et se lia avec son élève d'une 
amitié qui, chaque jour, devint plus vive. Conti, intro- 
duit à l'Observatoire avec le titre d'aide, se donna bientôt 
tout entier aux observations. Un de ses premiers soins 
fut de procéder, de 1807 à 18 12, à une nouvelle déter- 
mination de la latitude de l'Observatoire, en employant 



^^nt cercle multij 
^^Stniit à Paris pa 



- 113 - 



cercle multiplicateur de 19 pouces de diamètre, con- 
it à Paris par Bellet, et la méthude des circumpolaires, 
déduisit de ses mesures (4i''53'54",32), 
sur a et p Petite Ourse, se trouva, concorder avec celui 
qu'obtenait eu même temps Oriuni à l'aide d'un cercle de 
Lchenbach de 1 2 pouces de diamètre, et aussi avec celui 
le secteur de Boscowich avait donné à G. Calan- 






B 

^^B A la même époque, Conti calculait l'eclipse de Soleil 
^^He 1804, l'orbite de la comète de 1807, une Table des 
^^Sarallaxes de hauteur et de longitude, puis les éclipses 
de 1811 et 1816, l'orbite de la comète de 181 1; il s'occu- 
pait enfin des observations de Jupiter et d'Uranus, dans 
k but de corriger les Tables de ces planètes données par 
touvard et par Orîani. 

I Cette série de recherches était à peine terminée, que 
t lunette méridienne, commacdée à Reichcnbacli par 
les soins de Delambre, arrivait de Munich à Rome (i8i3}i 
mais mid heureusement on n'avait aucun local convenable 
pool' la placer, et il fallut attendre pour l'utiliser que 
^^toe vn donnât (18 i3j les fonds nccessaices h la construc- 
^^Bm d'un cabinet spécial, situé ù l'est de l'ancien Obser- 
^^âtoire (1818). Les soins de cette installation, l'étude de 
l'instrument lui-même, absorbèrent les dernières années 
du séjour de Conti au Collège Romain, et, au moment où. 
il allait pouvoir commencer les observations, des événe- 
ments politiques le forcèi-ent à (juitter ( 1824) l'établisse- 
ment témoin de ses travau s. Depuis celte époque jusqu'à 
■a mort, survenue le i» février 1840, Conti paraît ne plus 

Ïîoccupéd'Astronomie, et l'on ne retrouve de lui qu'un 
ouvrage ; Posizioni geograjïche dei principali luoghi 



_ 116 — 

di Roma e dî suoi contomi, sorte de plan géodésique de 
la ville, publié Taiinée même de sa retraite et dont il 
avait réuni les matériaux dans les mois antérieurs. 

Le second des élèves et coadjuteurs de G. Calandrelli, 
Giacomo Ricchebach, était né à Rome même, en 1776, 
et s'eA, en dehors des observations courantes de la Lune 
et des planètes, occupé d'une nouvelle détermination de 
la latitude à l'aide des passages supérieurs et inférieurs 
des circumpolaires (1816- 18 18) et d'observations de 
distances zénithales du Soleil, faites dans le but d'arriver 
à une rectification des Tables de cet astre. Ricchebach 
parsut avoir observé au Collège Romain depuis 1810. 

Pendant que Conti et Ricchebach enrichissaient ainsi 
de Mémoires précieux les Opusculi astronomici, Calan- 
drelli s'occupait du calendrier et songeait à de nouvelles 
recherches d'Astronomie sidérale, auxquelles il se pro- 
mettait de consacrer ses derniers efforts ; mais un chan- 
gement dans le gouvernement des États-Romains ne 
devait pas lui permettre de terminer sa vie dans 
l'Observatoire qu'il avait créé et à la construction duquel 
il avait contribué de ses deniers. En 1 824, l'avènement de 
Léon Xn ayant rendu aux jésuites le Collée Romain, 
Calandrelli, Conti et Ricchebach se retirèrent tous les 
trois, malgré les efforts que fit le Pape pour retenir le 
premier. Calandrelli se réfugia au couvent de Saint* 
Apollinaire (24 octobre 1824), emportant avec lui la 
majeure partie des instruments qui étaient sa propriété 
ou celle de son ordre et dont il espérait se servir utile- 
ment dans sa nouvelle retraite ; mciis il mourut bientôt 
après, le 25 décembre 1827. Conti lui survécut jusqu'au 
12 février 1840 et Ricchebach jusqu'en i84i* 



— 117 - 

Après le dépari des trois astronomes, il n'était resté au 
allège Romiiin que le petit instrument des passages de 
Reichenbach , deux jiendiiles nLediocres, un cquatorial de 
Dnllond de i5 pouces de foyer et un cercle géodésique de 
Bellet. Le P. Dumouchel, (]ui avait fait ses études mathé- 
matiques k l'Ecole Polytechnique de Paris el que la Com- 
pagnie Tenait de désigner poui" diriger l'Observatoire, dut 
donc avoir pour premier soin de se procurer des instru- 
ments. On reconnut, d'ailleurs, immédiatement que les 
plaintes antérieures de G. CalaiidrelH et de ses élèves sur 
la mauvaise situationdel'ObsGrvatoire étaient parfaiieraent 
fondées et qu'aucune installation convenable ne pouvait 
être préparée dans le local actuel. Dumouchel dressa donc 
plusieurs projets, soit pour la translation de l'Observa- 
toire dans une villa voisine de Rome et appartenant à la 
Compagnie, soit pour la construction de cabinets dans les 
bâtiments mêmes. Le premier projet ne put être admis 
1 cause des grandes dépenses qu'il eût nécessité et surtout 
^parce que, les astronomes ou l«s aides devant remplir au 
K^Collége ceriaines chaires, il était impossible de les éloi- 
gner de la ville et de leurs élèves. 

Pendant que l'on discutait ainsi sur le plan le plus 
convenable, l'Observatoire recevait, par les soins des 
Pères Généraux, ou par suite de donsde quelques membres 
de l'ordre, timie une série d'instruments nouveaux, dont 
le plus important était une lunette équatoriale deCauchoix, 
e (1825) pal- le P. de Fortis, et qui fut provisoire- 
hient placée au sommet de la grande tour. 

Avec ces instruments, Duraoucbel, de Vico et ses col- 
les se mirent courageusement à l'œuvre, el leurs tra- 
nux firent connaître au dehors l'Observatoire, sur lequel 



- 118 - 

s'étendît dès lors la bienveillante protection des Généraux 
successifs. 

François de Vico fut un astronome plus actif que Du- 
mouchel; né à Macerata, le 19 mai i8o5, il fit son édu- 
cation d'abord au collège des Nobles d'Urbino, alors 
dirigé par les PP. jésuites, puis ensuite à l'Université de 
Sienne et, enfin, entra dans Tordre le 28 décembre iSaS. 
Son grand mérite se montra dès l'abord, et, avant même 
que son noviciat fût terminé, il était professeur d'huma- 
nités au Collège Romain ; mais ce n'étaient pas les études 
littéraires qui l'attiraient le plus, et dès cette époque il 
donnait à l'Astronomie tout le temps que lui laissait libre 
le soin de sa chaire. 

Lors donc que ses études sacrées se trouvèrent ache- 
vées, il demanda et obtint l'autorisation de se consacrer 
tout entier aux recherches astronomiques, et le P. Du- 
moucliel, très-âgé, lui remit bientôt le soin de toutes les 
observations, en lui laissant la responsabilité de la marche 
de l'Établissement, dont il devint le directeur en titre en 
i838. Une des premières préoccupations de de Vico fut 
de faire une nouvelle détermination de la latitude du Col- 
lège Romain ; Bosco wich, Calandrelii, Conti et Ricche- 
bach s'étaient, il est vrai, déjà occupés de cette question ; 
mais, dans les dernières années, la construction des instru- 
ments avait réalisé de grands progrès, la connaissance 
de la déclinaison des étoiles avait été poussée plus loin 
que précédemment à la suite des travaux d'Argelander, 
en sorte qu'on pouvait espérer obtenir un résultat plus 
exact. Le travail fut, en effet, repris et, de 4oo5 obser- 
vations d'étoiles, faites avec un théodolite très-précis de 
Gambey, dont les cercles avaient i pied de diamètre, et 



— 119 — 
en employa Dt les Tiibles de réfraction de Bcssel, 
coDclut une latitude de4i°5i'52", i3, infL-rieure de a se- 
condes Èi celle ([u'avaicnt ti'ouvée ses devanciers. La dé- 
termination de la diflerence de longitnde entre Rome , 
Kaples et d'autres villes voisines prÂ)Ccupa aussi le jeune 
directeur, et il s'efforça d'obtenir une valeur exacte de 
cet ele'iDent en employant, soit la méthode des éclipses 
ou occultations d'étoiles [182g), soit celle des étoiles 
filantes, indi([uée par flobile en i838. 

Mais un des travaux qui font le plus d'honneur ù l'ba- 
bileté de de Vico, celui ijui fixa sur lui l'attention de 
tous, est l'observation suivie [1837a 1843) des satellites 
d'Uranus, il T'aide de la lunette équatorÏLile de Cauchois. 
On croyait, en effet, que ces satellites ne pouvaient être 
visibles que dans le grand télescope d'Herschel; l'astro- 
nome romain montra qu'ils étaient non-seulement visibles, 
mais encore observables, dans une lunette de 6 -j- pouces 
d'ouverture, en prenant toutefois la précaution, à 
l'exemple de l'astronome de Slough, de cacher la planète 
par un diaphragme de forme convennble ; le même arti- 
fice lui permit également d'observer ];i division en deux 
1 portion extérieure de l'anneau de Saturne. 
p A la même époque, de Vico observait les taches de 
a et déterminait, ^ lu demande de Schumacher, la 
e de la rotation de cette planète, Il l'aide de la pério' 
tàtè qu'il avait remarquée dans les apparitions succes- 
e troncature à la corne australe du croissant 
de cet astre, et en décrivait la surface avec le concours 
d'un de ses aides, dessinateur habile, le R. P< Sestini. 
Cest à peu près aux mêmes années que remonte l'ori- 
^^Kice d'un travail étendu, entrepris en commun avec le 



— 120 — 

P. Vittorio délia Rovere, sur les nébuleuses d'Andro- 
mède, d'Orion, de la Grande Ourse, d'Hercule; les deux 
Révérends Pères s'étaient proposés de mettre à profit la 
grande transparence du ciel de Rome et le pouvoir op- 
tique remarquable de la lunette de Cauchoix, pour faire 
un dessin exact de ces corps, pour les décrire et fixer la 
position des principales étoiles qui y sont comprises. Les 
quelques dessins qui furent publiés, de i838 à i843, font 
vivement regretter qu'ils n'aient point terminé leurs re- 
cherches et surtout qu'ils n'aient pas employé de gros- 
sissements supérieurs à 64 fois. 

Ces divers travaux, en faisant connaître au dehors le 
nom de de Vico, lui assurèrent une légitime influence au- 
près des supérieurs de son ordre et lui permirent d'ob- 
tenir enfin, pour l'Observatoire, un cercle méridien 
d'Ertel, d'une construction précise. Commandé à la fin 
de février i84i par le Père Général de Roothaan, Tinslru- 
ment arriva à Rome en septembre i852, et fut bientôt 
après installé au centre du cabinet méridien occupé 
jusque-là par le cercle de Reichenbach. Dès que cette 
lunette fut mise en place et convenablement rectifiée, de 
Vico et ses coadjuteurs commencèrent une série de zones 
comprenant toutes les étoiles visibles jusqu'à la 1 2* gran- 
deur, série qui devait peu à peu s'étendre à tout le ciel 
visible. Ce travail, en grande partie perdu par suite d'un 
accident, avait été poussé avec une activité telle, qu'en 
1848 on avait déjà catalogué toutes les zones comprises 
entre le zénith et 62 degrés de distance zénithale sud ; 
l'exactitude n'était pas à la vérité poussée très-loin, mais 
elle était amplement suffisante pour la construction de 
cartes destinées à la recherche des petites planètes. 



- 121 - 
r^tîîSe des phénomènes accidentels de la voîkte céleste I 

n'était pas, d'ailleurs, ndgiigée à l'Observatoire du Col- 
lège nomuia; de Vico et son coadjuteur, le P. B. Gam- 
bara, surveillaient attentivement la venue des comètes, et 
ils furent assez heureux pour en découvrir de nouvelles 
les 21 août 1844 (comète périodique de Vico), a5 fé- 
vrier 1845, 24]""^'^^ 1846, rg février 1846, 2 mai 1846, 
29 juillet 1846, 23 se])tembre 1846, 3 octobre 1847; 
celle dernière, remarquable par son éclat et le grand dé- 
veloppement de sa chevelure, fut étudiée d'une manière 
toute spéciale. A toutes ces découvertes le P. B, Gambara, 
qui veillait constamment au chercheur et avait acquis 
une connaissance toute spéciale du ciel a pris, à la vérité, 
une grande part. 

Les événements politiques de 1848 vinrent encore 
nne fois interrompre les travaux de l'Observaloire, Le 
P. de Vico dut quitter Rome d'abord, l'Italie ensuite, et 
mourut bientôt après à Londres (iS novembre 1848), 
Le P. Sestini partit pour Cambridge (Amérique), em- 
portant avec lui, peut-être pour la mettre momentané- 
ment eu sÛL-eté, la lunette équatoriale de Cauchoix, et le 
corpsentier des professeurs et des astronomes se trouva 
dispersé. Tous les projets d'amélioration formés s'éva- 
nouirent donc. Heureusement cette situation ne se pro- 
longea que quelques mois, et la Compa(jnie de Jésus étant 
renlri'e au Collège Romain, en 1849, oh chercha de suite 
il remettre l'Observatoire en activité, et les anciens in- 
struments se retrouvèrent bientdt installés à leur place 
primitive. 

Le travail ayant été repris sous la direction du P. Sec- 
^Bflhi, on ne tarda pas à se convaincre de nouveau que le 



— 122 - 

local actuel était tout à fait insuffisant, et qu'il y avait 
urgence à transporter les instruments dans une autre 
partie du Collège. Le cercle méridien surtout, placé dans 
un cabinet dont les fondations n'étaient pas stables, ne 
pouvait, sous peine de rester inutilisé, demeurer plus 
longtemps dans la position qu'il occupait; la lunette de 
Cauchoix avait elle-même besoin de réparations impor- 
tantes, et le dôme qui l'abritait devait être modifié. 

Les désirs de restauration que formulait ainsi le P. Sec- 
chi auraient peut-être eu le sort des projets anciens, si 
un savant et ardent amateur de la science, le P. Paolo 
Rosa de Conti, non content de consacrer son temps à 
des observations, n'avait voulu contribuer encore de sa 
propre fortune à l'amélioration de l'établissement en con- 
sacrant une grande partie de son patrimoine à l'achat 
d'un puissant équatorial. Il fallut à cette occasion faire 
de nouvelles études pour trouver à cet instrument un 
emplacement absolument stable, et leur résultat fut de 
prouver que l'Observatoire actuel ne pouvait, en aucune 
manière, recevoir utilement le nouvel appareil. Force 
fut donc de se résoudre à le transporter ; après bien des 
recherches, on en revint au très-ancien projet de Bos- 
cowich : construire des salles d'observations sur les murs 
latéraux et les piliers du dôme de Saint-Ignace. La réso- 
lution prise, les plans furent bientôt dressés et approuvés 
par le P. Général, P. deRoothaan. 

Quoique les projets eussent été préparés avec une très- 
sévère économie, les fonds dont pouvait disposer le Col- 
lège étaient insuffisants. Néanmoins on se mit à l'œuvre, 
et, lorsque les fonds de la province romaine se trouvèrent 
épuisés, on eut recours à la générosité de Pie IX, qui 







ina, snr sa cassette particulière, 5oo, j. 

RR. PP. Pierling et Beck donnèrent égalûmeiit cer- 

sommes, et les constructions purent ainsi être ler- 



Les plans avaient, d'ailleurs, été dressés en vue d'un 
Obsei-valo ire d'Astronomie physique. Ne fallait-il pas, en 
effet, continuer les travaux de Physique astronomique 
continences avec tant de succès par le P. de Vico? Pou- 
nait-il y avoir une meilleure manière d'utiliser avec profit 

transparence du ciel du Rome? Enfin il avait pai'u an 
''B. P. Secchi que le nombre et la nature de l'esprit des 
personnes qui devaient le seconder ne permettraient 
guère d'entreprendre des ti-avaux de longm 
travaux fondamentaux de la science, catalogues, obser- 
vations regulières des corps célestes, etc., doivent, en 
effet, pour devenii- vraiment utiles à l'Astronomie, être 
longtemps poursuivis par la mÈme mélhode, et toutes les 
observations doivent être rigunre use ment réduites et pu- 
bliées. Pour cela, il faut un personnel i 
consacrant tout entier à son ceuvre sans être distrait, 
comme les aides de l'Observatoire, par les soins du pro- 
fessorat. 

C'est donc, estimait le savant directeur de l'Obsc 
toire du Collège Ilomain, aux grands Observatoires natio- 
naux, pouiTTua de grandes ressources en personnel et en 
matériel, qu'il appai'tient de cultiver cette branche de la 



L'Astronomie physique, au contraire, exige de n 
grandes ressources, une moins grande continuité dans les 
efforts et peut être étudiée avec profit dans des élablisse- 
ments moins importants. oPurAstronomie physique, nous 



— in — 

entendons, dit le P. Secchî, non-seulement T étude de 
l'apparence des corps de notre système solaire et des nou- 
veautés célestes qui, comme les comètes, se montrent de 
temps à autre, mais encore celle des étoiles, étoiles dou- 
bles, groupes stellaires, nébuleuses. » Les grandes décou- 
vertes des deux Herschel et de Struve, les travaux de 
Dawes et de Lassell ont montré la haute importance de 
ces recherches, en faisant voir que tous ces systèmes 
obéissent aux mêmes lois que le nôtre. Les étoiles doubles, 
découvertes et observées par Struve, demandent de nou- 
velles mesures pour que Ton puisse calculer leurs orbites; 
les nébuleuses découvertes par Herschel n'ont pas encore 
été cataloguées d'une manière exacte, et leur description 
physique, ébauchée avec le grand télescope de lord 
Rosse, a besoin d'être complétée et corrigée à Taide d'un 
instrument différent. 

L'Astronomie physique offrait donc un vaste champ 
aux observateurs du Collège Romain, et c'est ce champ 
qu'ils résolurent d'explorer. 

Le cercle méridien d'Ertel, dont les observations an- 
térieures prouvaient l'exactitude, était largement suffisant 
pour la détermination de Theure et pour l'observation 
des étoiles de comparaison. La lunette de Cauchoix, mon- 
tée équatorialement, paraissait pouvoir être utilisée pour 
l'observation des grandes comètes et des taches du Soleil. 
Pour les études plus délicates sur la constitution phy- 
sique des nébuleuses et pour les recherches sur les étoiles 
doubles, il fallait nécessairement un équatorial puissant: 
on pensa qu'un 9 pouces de Merz serait suffisant, et l'ex- 
périence a prouvé qu'il en était vraiment ainsi. 

Construction, instruments, tout était terminé en oc- 



', put être solennellement 
môme mois pnr Pie IX ; 



— 12S - 
lobre i853, et l'Observatoire 
inauguré dans le courant du 

mais, avant de parler des travaux qui y ont été ac- 
complis parle P. Sccchiet ses coadjuteui's, je dois donner 
ici une courte description de rétablissement, où bien 
peu de modiQcations ont été introduites depuis cette 

L'Observatoire actuel du Collège Romain est construit 
sur le bras oriental de l'Église de Saint-Ignace^ les cabi- 
nets de travail portent sur les murs de ce bras qui ont 
■jo centimètres d'épaisseur; les chambres destinées aux 
iustrunients sont fondées, non pas sur la voûte même de 
l'édifice, mais sur les massifs des piliers intérieurs, con- 
struits pour porter une voûte qui n'a pus moins de 
i^^.So de diamètre et de 80 centimètres d'épaisseur. On 
jugera, d'ailleurs, de la solidité de ces piliers en pensant 
qu'ils ont ^8 métrés carres de section à la base, et qu'à 
leur sommet ils se dilatent pour former les corniclics de 
la coupole circulaire et pour se relier avec les murs exté- 
rieurs; cba.cun de ces piliers offrait donc, à sa partie 
;>érieure, une base assez étendue pour permettre la 
instruction d'une chambre d'observation. 
^Xa salle méridienne offre la forme d'une ellipse de 
7 mètres sur 4'". 80, et s'ouvre sur l'extérieur par quatre 
grandes fenêtres et une trappe de 8S centimètres de large. 
Les piliers de gi'anite du cercle méridien d'Ertel sont so~ 
lidement liés à la bâtisse ancienne et se ti'ouvent très- 
stables. L'objectif de la lunette a 3 j pouces d'ouverture 
avec une distance focale de i", 55. Les cercles gradués, 

t^o centimètres de diamètre, sont divisés sur argent 
3 en 3 minutes, et les lectures s'y font avec quatre 



- 126 - 
microscopes micrométriques à a fils mobiles ('). L'a- 
zimut de la lunette se détermine au moyen d'un colli- 
mateur de 92 centimètres de foyer place au nord et 
d'une mire placée au sud, à 5oo mètres de distance. 
Deux pendules, Tune sidérale de Dent, avec compensation 
à mercure, l'autre de temps moyen, sont associées au 
cercle méridien et servent soit aux observations astro- 
nomiques, soit à donner au canon du fort Saint-Ange le 
signal du midi moyen. 

La chambre équaloriale est ronde et surmontée d'une 
coupole cylindrique en bois, de 7", 72 de diamètre. Le 
mur circulaire sur lequel cette coupole tourne, au moyen 
de boulets, est porté tout entier par un système de voûtes 
appuyées sur le mur extérieur de l'église, tandis que le 
pilier de l'instrument est solidement lié au pilier du dôme 
et se trouve tout à fait indépendant du reste de la con- 
struction. La fente de la coupole a i",20 de largeur et 
s'ouvre au moyen d'une trappe composée de trois frag- 
ments, mobiles par une chaîne à la Vaucanson, qui se re- 
couvrent l'un l'autre. 

L'équatorial (*) est semblable à celui que W. Struve 
a minutieusement décrit dans le premier volume des 
Annales de l'Observatoire de Pulkoiva. L'objectif a 
g pouces français (o'^,244) d'ouverture libre avec 
4™, 328 de distance focale et se trouve porté par un tube 
en bois, de forme légèrement conique, qui est fixé à l'axe 
de déclinaison par deux solides colliers en bronze, dis- 



(*) Jusqu'en i85a les lectures ont été faites avec quatre ver- 
niers. 
(') L'équatorial a été mîa en place le 25 octobre 1854. 



Dts de 94 oentimèlres. Pour éviter les flexions de l'in- 
■ument deus leviers de cunlre-flexion sont, suivant le 
fslènie de Merz, lixe's d'une part en un point du tube 
n de l'objectif et de l'autre appuient sur l'ensemble 
i monture par l'intermédiaire de l'un des colliers. 
L'axe horaire a une longueur de i", 12, ce qui donne à 
l'insii'unienl une grande stabilité, et se trouve soutenu 
par un système spécial de contre-poids. Les cercles d'as- 
cension droite et de dcclinaison ont tous deux ^o centi- 
mètres de diamètre, et par l'intermédiaire d'un vernier 
ils donnent, l'un la seconde de temps, l'autre les 4 se- 
condes d'arc. Notons enfin que les micromètres sont 
^poscs pour montrer des fils obscurs sur un champ 

Il des fils brillants sur un champ obscur. 
|I1 existe encore au Collège Bomain un second instru- 
it ^quatorial, construit de i83i à iS5?., en donnant 
monture parallactique, de la Torrae que repré- 
la fig. 5 , h l'ancienne lunette méridienne de 
ichenbach; la lunette a donc o"',072 d'ouverture, 
pavec une distance focale de 1", 17, et la longueur de la 
porUon de l'axe horaire, comprise entre les deux coussi- 
nets sur lesquels elle tourne, est de o^i^S. L'instrument 
sert aujourd'hui à observer, par projection, les taches 



^D'ailleurs, le R. P. Secchi *t ses aides n'attendirent 
., pour se metti'e à l'œuvre, que tous les instruments 
jf l'Observatoire fussent monle's. 

■En i85i , alors que l'Observatoire ne renfermait encore 

le cercle méridien d'Ertel et la lunette de Cau- 

Wis, ils observent quelques petites planètes, quelques 

mèies et l'éclipsé de Soleil du 38 juillet i85i. Cette 



- 128 - j 

Fie- 5. I 




ï 



Pctil ûqualorlnl du Collège RoniBiii. 



^^f dernière obsen'ation mérite surtout d'être mentionnée, 

^^F piirce que les mesures phntomeLriijues et calorifîfiues, 
faites liaiis cette circonstance, sont devenues l'origine 
de recherches étendues sur la distribution de la cha- 
leur solaire. Ces travaux, re[3ris en i865, en projetant 
l'image amplifiée du Soleil sur la piie thermo-électrique 
de Melloni, ont démontré que !a chaleur rayonnée par le 
Soleil diminue d'une manière continue du centre à lu 

• circonférence et que, toutes choses égales, le rayonne- 
ment est plus grand dans l'hémisphère nord que dans 
l'hémisphère sud. La première de ces conclusions démon- 
trait qu'il esiste autour du Soleil une atmosphère absoi-- 
bante, épaisse, et jetait ainsi, \ l'époque oi'i elle fut 
publiée, un jour tout nouveau sur la constitution physique 
^^m ie l'astre central de notre système. 

^^k Dès que le nouvel observatoire fut terminé, le champ 1 
^^Biiesrechercliess'accrut j et, dès 1 856, le P. Secchi publiait 
^^E'ia première partie de ses recherches sur les étoiles dou- 
^^H blés ( ' ) . Le but qu'il s'était proposé était de mesurer à 
^^K nouveau les positions réciproques des étoiles doubles de I 
^^BStruvc et d'Herschcl, en porLmt surtout son attention 
^^H sur les étoiles les plus australes; il étudiait, en outre, plu- 
^^Vneurs groupes d'étoiles situées dans Persée, le Sagittaire, 
les Gémeaux, Aotinotis. Ces travaux ont été continués de- 
puis (*), et en iS6â et 1875 le P. Secchi a publié deux 1 
( Mémoires sur le marne sujet. 



(1) Memorie deir Oise 




•rio del Col/rgio Bomaita, i, 



{') Mistti-e micromflriche dcllir itelle doppie 
micromelriche délie stelle doppie, lerie t 



- 130 - 

Les excellentes qualités optiques dont réquatorial de 
Mcrz avait fait preuve dans cette première série de re- 
cherches permirent également l'examen de plusieurs 
nébuleuses planétaires. Le P. Secchi, secondé par la trans- 
parence du ciel de Rome, arriva à résoudre complète- 
ment les nébuleuses de la Lyre, d'Andromède et de 
THydre. Il dessinait en même temps la grande nébuleuse 
d'Andromède et la nébuleuse d'Orion (*), à laquelle 
il trouvait une forme semblable au dessin donné par 
Herse hel. 

Ces observations et quelques autres sur la distribution 
des étoiles fixes, les planètes et l'anneau de Saturne, 
jointes à la nécessité de publier, en les discutant, toute 
une série d'observations météorologiques et magnétiques 
commencées par Conti et Ricchebach, occupèrent les 
astronomes du Collège Romain jusque vers 1860; dans 
l'intervalle (i 854-1 855) ils avaient d'ailleurs été dans la 
nécessité de mesurer à nouveau sur la voie Appia la base 
qui avait autrefois servi à la triangulation de Boscowich 
et sur laquelle s'appuyait toute la triangulation de la partie 
méridionale de l'Italie; celle vérification, rendue néces- 
saire par les erreurs que les travaux des ingénieurs fran- 
çais, en 1809, et ceux de Ricchebach, en i834, avaient 
fait supposer dans l'opération primitive et aussi par l'in- 
certitude sur le terme le plus éloigné, fut faite avec un 
soin particulier à l'aide de règles géodésiques de Porro, 
récemment comparées aux mètres étalons de l'Observa- 
toire de Paris. 



(*) Sulla grande nebulosa di 5* Orione, Firenze, 1868. 



— 131 — 
«Tannée 1860, les études d'Astronomie physique 
venaient de vnir s'onvrir devant elles un champ loiil nou- 
veau ejui promettait la moisson la plus féconde. Le Mé- 
moire de Kirchhoff, sur les l'aies noires du spectre solaire 
et la constitution physique de cet astre, avait reporté 
l'attention sur les observations autrefois faites par Fi-aun- 
hofer, puis reprises par M. Laraont et pai' Donati, sur 
le spectre des étoiles. Dans l'intervalle, les instruments 
d'Optique et d'Astrunomie avaient d'ailleurs fait de tels 
progrés que les observations qui, de Fraunhofer à Donati, 
n'avaient pu être faites que sur quelques rares étoiles de 
i" grandeur, semblaient devoir pouvoir s'étendre à un 
beaucoup plus grand nombre. 

Le P. Secchi fut l'un des premiers à entrer dans cette 
voie où il a attaché son nom à des découvertes impor- 

L'occasion de ces recherches fui la lecture du Mémoire 
de Donati et de la description do spectroscope à vision 
directe qu'HoQmann venait de construire , suivant des 
principes analogues fi ceux d'Amici; ce dernier instru- 
ment paraissant devoir se prêter très- facile ment aux. ob- 
servations que le P. Secchi voulait entreprendre, il en 
commanda de suite un à Paris ( mai 1862J ; mais l'appa- 
reil ne put être livré immédiatement, et, avant qu'il fût 
parvenu à Home, M. Janssen était arrivé dans cette der- 
nière ville avec un de ces instruments [novembre 1862); 
les astronomes du Collège Romain eui'ont ainsi l'occa- 
sion d'examiner, avec le physicien français, le spectre de 
quelques étoiles, comme Sirius et nd'Oriiin. En décembre 
de celte même année, le P. Secchi reçut enfin le spec- 



^■^roscope d'BolTmar 



t |.U1 ( 






- 132 - 

cherches, dont les premiers r^ultats ont été publiés 
en i863, dans le Bulletin météorologique du Collège 
Romain, 

Le spectroscope à vision directe a, sur les autres com- 
binaisons de prismes, l'avantage de donner lieu à moins 
de perte de lumière, de ne pas changer les habitudes de 
Tastronome et, enfin, de s'adapter plus facilement aux 
équatoriaux usuels ; cependant, pour Tusage de la spec- 
troscopie stellaire, on doit lui faire subir quelques modi- 
fications. La première consiste à remplacer l'échelle 
lumineuse qui, par réflexion sur la surface du dernier 
prisme, sert de mire par une fente mobile à Taide d'une 
vis micrométrique et faiblement éclairée; la seconde est 
la suppression de la fente et son remplacement par une 
lentille cylindrique qui donne de l'étoile une image lumi- 
neuse linéaire, très-propre à donner un spectre très-pur. 
C'est avec un instrument de cette nature que le P. Secchi 
dessinait, en i863, les spectres de Sirius, de Bételgeuse 
(a d'Orion) et d'Antarès. 

Malgré l'ouverture considérable du grand équatorial 
de Merz, sur lequel était monté le spectroscope, le grand 
nombre des lentilles que renfermait le spectroscope d'Hoff- 
mann était cause d'une telle perte de lumière, qu'il y avait 
peu d'espoir de pouvoir soumettre à l'étude prismatique 
les étoiles de 3® ou 4* grandeur. Heureusement le P. Secchi 
eut, en août i863, l'idée d'une dernière simplification» 
qui lui permit de soumettre les faibles étoiles à ses re- 
cherches. L'appareil auquel nous faisons ici allusion, et 
que reproduit la figure ci-jointe [fig* 6), est réduit au 
prisme à vision directe qui vient se placer entre l'objectif 
et le foyer de la lunette équatoriale. Par suite de la for- 



madon d'une causliqne, l'image de l'étoile devient une 
ligne allongée suivant le plan de dispersion du prisme, 



i 




SpectTDScope Blellakc du K. P. Secchi. 
spectre linéiiire qu'il suffit de regarder avec un < 




Siiectrp Je l'éloilc! lrm[)Dniire de lu Couroii 

laii-c ordinaire pour oblenir un spectre non pas abso- 
lument pur, mais consei'vant une grande (juantité de lu' 



J 



^ - 134 - 

raière et montrant nettement encore un grand nombre 
do raies. 

Soit avec l'un, soit avec l'autre de ces instruments, le 
P. Secchi a, depuis i863, ëtudié un très-grand nombre 
d'étoiles, dont l'éclat s'abaisse parfois jusqu'à la «j® gran- 
deur. Ces recherches sont exposées dans une série de 
quatre Mémoires {^) successivement publiés en 1867, 
1868, 1870 et 1872 dans les Mémoires de la Société ita- 
tienne des quarante et dans les Atti dell* Âccademia dei 
nuovi Lincei; leur ensemble a conduit le savant directeur 
de l'Observatoire du Collège Romain à classer les étoiles 
en quatre types. 

Le premier est celui des étoiles blanches, en réalité un 
peu azurées, comme Sirius, Véga, etc., dont le spectre est 
formé de trois fortes bandes noires, la première coïnci- 
dant avec F, la seconde un peu moins réfrangible que H, 
la troisième située dans l'extrême violet : cette dernière 
n'est visible que dans les plus brillantes. Parfois on ren- 
contre encore dans le spectre de ces étoiles quelques 
lignes extrêmement fines, disséminées dans le jaune et le 
vert. 

■ 

Les étoiles du deuxième type : Bételgeuse, Antarès, 



(*) Sugli spettri prismatici délie stelle fisse (y/tti délia Società 
italiana dei XL, série 3", t. I, 1 867) ; 

Sugli spettri prismatici délie fisse; Memoria sccunda {ilnd,, t. II, 
i868)j 

Sngli spettri prismatici de' corpi celesti; Memoria tertia (ibidi, 
t. II, 1870); 

Sugli spettri prismatici de' corpi celesti {^Atti di Nuovi Lincei t 
anno XXV, 1872. 







i 



d'Hercule, etc., ont un spectre forme de six àsept zones 
illantes, séparées par des lignes 'noires irès-voisines, 
formant des espèces de canQelures. Cea dermères sont sur- 
tout remarquables dans a d'Hercule et ^ de Pégase. 

I^ spectre des étoiles du troisième type : Arcturus, lu 
Chèvre, Pollux, etc., est formé, comme le spectre solaire, 
d'un très-grand nombre de lignes fines, espacées sans 
oinlre 3j}|)ai'eat. 

Les étoiles du quatrième type : Lalande I3â6i et 
Schjellerup, n" iSa, ont un spectre formé de trois zones 
lumineuses ; une vive dans le vert, uae faible dans le 
fjrieu, une assez vive dans l'orangé. 

£nlln un petit nombre d'étoiles, y de Cassinpée et 
de la Lyre, etc. , ont, ^ la place de la raie noire F, une 
ofTrentainsi d'une façon permanente un 
phénomène analogue ù celui que présentait, en mai 1866, 
l'étode temporaire de la Couronne [_^g'. 7). LeR.P.Sccchi 
a méine rcnconti'é dans R des Gcmeaux le type plus com- 
plexe d'un spectre à zoues cannelées avec plusieurs lignes 
brillantes. 

Cette détermination du type des spectres du plus grand 
imbre des étoiles visibles sur l'horizon de Rome serait 
!jàun travftU d'une haute importance; mais le P. Secchi 
est allé plus loin, il a pu mesurer, d'une manière suffi- 
samment précise, la posîtiim de certaines lignes de ces 
specii'ea, en particulier de F, de D et de C, et s'assurer 
ainsi tiue les étoiles contiennent, comme le Soleil, plu- 
sieurs de nos corps simples; dans quelques cas, il a aussi 
constaté, en même temps que Sf. liuggins, le changement 
de rêfrangibilîté de ces raies, par suite du mouvement 
propre de l'étoile dans l'espace. 




- 130 — 

C^ mesures ont été faites, soil avec le apectroscope 5. 

fenlc et lentille cylindriques, soit, îi partir de iS^o, par 

l'ancien procéilc de Fraunliofer, en pinçant un prisme de 

flinl de 12 degrés et de 6 pouces de diamètre [y%. 8] 




PriBme objectif du R. P. Secchî. 

devant IVibjectif de l'équatorial de Merz; ce procède, 
loi-squ'on peut l'appliquer avec un prisme couvrant toute 
la surface de l'objectif, serait même, d'uprèa le P. Secchi, 
le meilleur de tous ceux dont on peut faire usage pour 
les étoiles faibles. 



^i31 - 

Pendant l'ex^cnlion de ce travail, les observaleura du 
Collège Romain n'ont pas négligé d'étudier, par les 
mêmes procédés, les nébuleuses, tes comètes et les pla- 
nètes. Dans cette voie, les résultats obtenus ont toutefois 
été moins importants et l'on me permettra, je l'espère, de 
les passer ici sous silence, aGn d'analyser avec un peu 
plus d'étendue les observations faites sur le Soleil, en 
vue d'arriver à une connaissance de sa constitution phj- 
I signe. 

Ixs plus anciennes observations du F, Secchi sur ce 
nijet remontent à 184^ et soat relatives i la température 
!S divers points de la surface solaire et aux taches, dont 
3 étudiait dès lors les mouvements et les transformations. 
«espériences hélio thermiques ont toujours été faites en 
rojetant successivement sur une pile thermo-cleclrique les 
fuyons provenant des divers poiats de la surface solaire ; 
Efelles de 1S42, de i85a et de i855 ont démontré que la 
chaleur décroit régulièrement à partir de l'équateur et 
qu'elle est, au centre du disque, double de ce qu'elle est 
sur les boi'ds. Quant à la cause de cette décroissance, elle 
réside évidemment dans l'existence au-dessus de la photo- 
sphère d'nne atmosphère possédant un pouvoir absorbant 
assex considérable- 

La mesure de l'intensité absolue de la radiation solaire 

l'était le complément nécessaire de ces premières études; 

I elle a été entreprise en 1863 et i863 en cherchant 

i température à laquelle arrive, sous l'inOuence de 

rayons directs du Snleil, un thermomètre noirci plao 

ï une enceinte à température constante. A Rome, . 

t pression de ^58 millimètres et b, l'allitude de 5a mè- 

i, l'excès de la température du thermomètre sur celle | 



- 138 - 

deTenceinte est, dans l'appareil du P.Secchi, de 12 degrés 
environ. 

Mais j'ai hâte d'arriver aux travaux de l'Observatoire 
du Collège Romain sur les protubérances. Ces travaux 
ont commencé en 1860, lorsque le P. Secchi fut au 
Desierto de las Palmas observer Téclipse totale de Soleil 
du 18 juillet (']; de la discussion de deux observations 
directes et] de l'étude des photographies il déduisait 
que les protubérances ne sont ni une illusion d'optique, 
ni des montagnes lunaires, ni le résultat de diffractions 
dans notre atmosphère, mais qu'elles ont une existence 
réelle sur le Soleil; qu'elles sont de nature gazeuse et 
suspendues dans une atmosphère transparente qui en- 
veloppe le Soleil tout entier au-dessus de la photosphère 
et de la couche rose dont les protubérances sont des 
parties détachées ; que les gloires n'ont pas une existence 
réelle et sont un effet d'illumination de notre atmo- 
sphère ; que la couronne représente l'atmosphère solaire 
extérieure. 

Ces conséquences, dont plusieurs ont été reproduites 
par les autres observateurs de l'éclipsé, ont, on le sait, 
reçu une confirmation éclatante par les observations de 
réclipse totale de 1 868 et par les études spectroscopiques 
postérieures. Dès que le P. Secchi connut à Rome le 
résultat des expériences de MM. Janssen etLockyer, il ar- 
riva à voir avec son spectroscope, et par le procédé de 
la fente tangente au bord solaire, les principales lignes 



( * ) Relazione délie osservazioni faite in Espagna durante VecUsse 
totale del i8 luglio 1860. (Roma, 1860.) Réimprimé dans le tome II 
des Memorie delV Osservatorio del collegio Romano (nuoTa série). 






des protubérances et à les dessiner à l'aide de sections 
horizontales. A cette méthode, très-pénible et [teu exacte, 
fut bientôt subslituéeeeUe de ZOUner pour l'observation 
avec une fente large et un spectroscope suffisamment 
dispersif. Dès lors le travail prit une marche normale, et 
les résultats arrivèrent en foule. Ce fui d'abord la dé- 
monstration de la multiplicité des lignes brillantes du 
spectre des protubérances et de la composition chimique 
complexe de ces flammes ; ensuite la classification de ces 
corps en trois types principaux (protubérances filamen- 
teuses, nubiformes, rayonnéesj, qui, s'ils ne sont pas net- 
tement distincts entre eux, ofTrent au moins cet ënorme 
avantage de remplacer par un nnot unit]ue une descrip- 
tion complexe; puis enfin les relations entre la forme 
et la nature chimique de ces corps. L'étude journalière 
de ces phénomènes permit d'ailleurs de démontrer la ra- 
pidité excessive du développement des protubérances 
qui, dit le R. P. Secchi, œ sont incontestablement des 
éruptions, daos le sens naturel de ce mot ; nous ne sau- 
rions en douter à la manière dont les masses incandes- 
centes sont lancées dans l'atmosphère solaire ». Quant à la 
cause de ces mouvements, le savant directeur de l'Obser- 
vatoire du Collège Romain admet l'hypothèse d'une 
poussée venant de l'intérieur. 

Les dessins que le P, Secchi a faits des principales pro- 
sibles depuis décembre iSfig jusqu'à ce 
jour ont été, dans tous les cas importants, complètes 
par des mesures rigoureuses de lu hauteur de ces flammes. 
Cette mesure, ill' obtient par deux procédés différents: 
soit en mesurant sur une image du Soleil projetée par le 
chercheur de l'équatorial la quantité dont il faut déplacer 



— 140 — 

la lunette pour faire passer la fente du spectroscope du 
haut au bas de la protubérance, soit en plaçant sur le 
trajet des rayons solaires qui tombent sur la fente une 
lame de verre plane et partout de même épaisseur. L'in- 
clinaison qu'il faut donner à la lame, pour transporter suc- 
cessivement au même point du cfatimp le haut et puis le 
bas de la protubérance, donne par un calcul simple la 
hauteur cherchée. 

L'étude attentive du relevé des protubérances que l'on 
observait chaque jour sur les divers points du bord so- 
solaire a encore conduit, par de simples moyennes, à la loi 
de distribution de ces corps. D'après la discussion de six 
ans et trois mois d'observations : 

Le maximum principal de fréquence des protubérances 
correspond à la région des facules et des taches ; le mi- 
nimum [secondaire, situé dans les régions équatoriales, 
tombe dans la partie du disque qui sépare les zones 
royales des taches et des facules. Enfin il y a vers les pôles 
deux minima absolus. 

La hauteur moyenne est la plus grande dans les zones 
demaxima. 

Les protubérances sont, comme les facules et les taches, 
sujettes à une variation à longue période dont les maxima 
et les minima paraissent coïncider. 

Cette relation entre les protubérances et les facules ré- 
sulte d'ailleurs directement de l'observation de chaque 
jour; pour la mettre en évidence, il suffit, à l'exemple 
du P. Secchi, de dessiner simultanément le disque so- 
laire, en notant avec soin la position des facules et des 
taches voisines du bord, et les protubérances visibles sur 
son contour. Quand on rapproche les deux dessins, on 




— lil - 

mt toujours les protubcrances venir se placer au V 

;e des facules. 

M.iisj'arrive maintenant à une découverte du P. Sec 
fencore contestée par plusieurs astronomes, et relative à 
lia direction des protubérances. Les protubérances e'mp- 
, tives ne semblent suivre aucune loi relativement à leux 
inclinaison, elles lancent leurs jets dans toutes les direc- 
tions ; mais, suivant le directeur de l'Observatoire du 
Collège Romain, il n'en est pas de même des pi-otubé- 

Irances qui présentent la forme de Qammes et de pana- 
ches : CCS flimmes, que l'on rencontre dans les latitudes 
moyennes, sont pour la plupart inclinées vers les pôles, en 
porte qu'il paraît exister dans l'atmosphère du Soleil des 
courants nombreux dont la direction dominante est vers 
tes pâles. 
I L'ensemble des faits précédents, ainsi que l'exameu des 

modifications rapides que subissent les taches, prouve que 
.' le Soleil n'est pas un corps solide invariable et qu'il est 

^^K^yelnppé d'une couche gazeuse incandescente et épaisse 
^^Hparcourue pur des espèces de vagues qui la transportent 
^^Rle l'éqaateur vers les pâles. Les taches, les facules, les 
^^B|)rotubérances, toutes ces manifestations de l'activité so- 
^^^Haire sont sujettes à des variations à longues périodes et 
^^K^ ^^^ vai-iations accidentelles. En présence de ces faits, on 
peut donc se demander si les dimensions du Soleil, si sou 
diamètre ne seraient pas sujets à des oscillations? La ques- 
tion mérite certainement d'être examinée avec le plusgrand 
toin, caries valeurs dti diamètresokiredéterminéesàdin'é- 
rentes époques par les astronomes lesplus habiles diffèrent 

de quantités supérieures aux erreurs probables des observa- 

^^K^na. Carlini a bien montré autrefois iju'unc partie de ces 



— Ii2 — 

difiërences pouvait être attribuée aux erreurs instrumen- 
tales, aux procéde's d'observation, à la constitution de 
rœil de l'observateur ; mais il n'est pas arrivé ainsi à les 
faire disparaître entièrement. Le R. P. Rosa (*), en obser- 
vant chaque jour au chronographe les passages méridiens 
du Soleil, est arrivé à démontrer d'une manière directe 
que le diamètre mesuré du Soleil subit des variations à 
courtes périodes dont l'amplitude surpasse notablement 
les erreurs accidentelles probables des observations. Ces 
variations se retrouvent d'ailleurs aux mêmes dates et 
dans le même sens dans les séries simultanées obtenues 
par différents astronomes, et leur réalité ne peut par suite 
être mise en doute. Quanta leur explication on en est en- 
core aux conjectures. 

Tels sont dans leur ensemble les principaux travaux 
effectués à l'Observatoire du Collège Romain depuis que 
le R. P. Secchi en a pris la direction. Si Ton considère que 



( * ) Studil intorno ai diamctri soîarl, Memoria del P. Paolo 
Rosa; Roma, 1873. 

Le P. P. Rosa, né à Civitacastellana le 23 juin 1826, fit son 
éducation au collège des Nobles sous la direction des PP. jé- 
suites, et montra de bonne heure une grande aptitude pour les 
Mathématiques. La Révolution de 1848 l'ayant obligé à quitter 
ritalie, il se rendit en Amérique, et entra bientôt à l'Observatoire 
de Georgetown. De retour en Italie vers 1849, il fut admis à l'Ob- 
servatoire du Collège Romain, auquel il fît don du grand équato- 
rial de Merz et d'une pendule de Dent. Pendant que le nouvel 
Observatoire se construisait, il fut ordonné prêtre, et puis chargé 
de la direction du collège de Ferentino. A la suppression de ce 
dernier, il revint à Rome et reprit ses études d'Astronomie, qu'il 
a poursuivies jusqu'à sa mort, survenue le 11 juillet 1874* 



- 143 — 

les astronomes sont peu nombreux, que souvent ils sont 
distraits par diverses nécessités professionnelles, on ne 
peut s'empêcher d'admirer l'importance des résultats 
qu'ils ont obtenus et l'on voudrait que tous les Observa- 
toires d'Europe apportassent à TAstronomie un pareil 
contingent. 



- . ^~-^ 



- 144 — 



CHAPITRE VIII. 



OBSERVATOIRE DU GAPITOLE. 



Lorsqu'en 1824 les PP. jésuites rentrèrent au Collège 
Romain par les ordres de Léon XII, celui-ci voulait con- 
server à l'Observatoire G. Calandrelli ; mais ce dernier 
crut devoir suivre ses élèves et se retirer en même temps 
qu'eux. Le pape cependant eût été désireux de le voir 
continuer à s'occuper d'Astronomie et lorsque, peu de 
temps après, il augmenta le nombre des chaires de TU- 
niversité de Rome, il eut soin de créer dans cette der- 
nière une chaire d'Optique et d'Astronomie qui devant 
avoir à côté d'elle un Observatoire, était destinée à Calan- 
drelli ou à Conti ; en même temps ils furent tous les deux 
invités à chercher dans Rome un emplacement propre à 
la construction d'un second Observatoire astronomique. 

Calandrelli, qui s'était établi à Saint-Apollinaire avec 
quelques instruments, mourut bientôt après (1827], et 
Conti resta seul chargé de préparer les plans du nouvel 
établissement, qu'il désirait placer dans les bâtiments de 




ture 
■plut 



- ItH — 
Saiot-Apollinaire même. Les devis allaient être présenta 

au pape lorsque survint sa mort, et tons les projets furent 
par cela même ajournés d'abord, abandonnés ensuite. 

A lu même époque Felicinno Scarpellini, proressi 
Physique, venait d'obtenir la permission d'habiter dans le 
pnlais sénatorial du Capitole et de transporter auprès de 
lui sa nombreuse collection d'instruments de Physique et 
aussi d'Astronomie [') ; pour placer utilement quelques- 
uns de ces derniers, le gouvernement fîtmi 
sur la terrasse de la tour occidentale du Capitole u 
de cabinet qui ne tarda pas à prendre le nom d' Obseiva- 
loire du professeur Scarpellini. Cette chambre contenait : 
nn quadrant mural deo^.gSdc rayon, divisé de 3 en 3 mi- 
nutes et pourvu d'une lunette à objectirnon achromatique ; 
un modèle en bois d'un instrument des passages; un excel- 
lent cercle répétiteur de Reichenhach, ayant o'", 33 de 
diamètre ; une lunette piirallactique de o", o58 d'm 
ture portée sur un pied en bois ; un télescope donné à 
'Académie des Lincei par le prince Torionia et quelques 
Jre importance. Ces instiniments étaient 
plutôt propres à servir à des démonstrations de cours 
qu'à des mesures véritables ; cependant Scarpellini ob- 
serva plus lard avec l'un d'eux, réquato ri al, l'occultation 
de a du Taureau par la Lune (19 mars i85o) et quel- 
éclipsGS de Lune ou de Soleil, comme pouvait le Taire 
physicien qui n'avaii aucune instruction astronomique. 



f {' ) Pantifico nuofo Osservaton'o Jalla Hamana Unii-crticà. "So- 

"œ ilariche del pror. 1. Calandrclli. (itfi dcW AecadeTma dti 

fiii'nceijnnno VII, p. 3S7.) 

Obs. d'Italie. lî 



- liG - 

Le cabinet de Physique du Capitule était cependant 
ouvert à tous ceux qui s'occupaient de sciences, et I. Ca- 
landrelli eut l'occasion de venir y observer la grande co- 
mète de 1843. 

Ignace Calandrelli, né à Rome le 22 octobre 1 792, avait 
fait son éducation au Collège Romain, alors dirigé par des 
prêtres séculiers, puis avait été successivement coadjuteur 
de G. Calandrelli, de Conti et de Ricchebach à l'Observa- 
toire du Collège Romain, professeur de Mathématiques 
au séminaire de Saint- Apollinaire (i8i4), professeur 
d'Optique a l'Université de Rome (iSSg) : conservant 
le désir de se consacrer à l'étude de l'Astronomie, il crut 
trouver dans l'appaiitionMe la comète de 1 843 l'occasion 
de faire créer au Capitole un Observatoire véritable, et, 
par ses démarches actives, il obtint, en effet, les sommes 
nécessaires à la construction d'une monture solide pour 
la machine parallactique et à l'achat d'une pendule. Le 
pape décida même qu'une dotation annuelle serait ac- 
cordée au nouvel établissement. 

Mais, sur ces entrefaites, le prince Orsini venait d'ob- 
tenir pour lui-même l'appartement qu'habitait Scarpel- 
lini et qu'il était nécessaire de traverser pour accéder à 
l'Observatoire, et la Commission des antiquités ne voulait 
pas tolérer l'existence, au-dessus du Capitole, de cabanes 
qui déparaient l'architecture du monument. I. Calan- 
drelli, impuissant à vaincre les obstacles qui s'opposaient 
{linsi à la réalisation de ses vœux, demanda et obtint ( 1 845) 
d'être nommé professeur d'Optique et d'Astronomie à 
l'université de Bologne, qui possédait déjà un Observa- 
toire célèbre où il espérait pouvoir travailler utilement et 
pour lequel il obtint un instrument méridien. 



— Ii7 - 
; lie 1848 ramenèrent 'n Rome I. Ca- 
indi-elli, et Pie IX le nomma aussitôt membre ordinaire 
'-^ et astronome de l'Académie des Nuotï Lincei, en lui assu- 
rant un logement au Capitole. Vers la fin de l'année, le 
pape doanaît les fonds nécessaires ^ l'achat d'un cercle mé- 

^^^jndien et à la construction d'un Observatoire sur la tour 

^^hnïeatale du palais. 

^^H La masse principale du palais du Capitale a ^té con- 

^^ Stmite en 1 Sgo par Bonifacc IX sur les ruines de l'antique 
T.ibularium romain; dans la suEte, d'autres pontifes l'em- 
bellirent et cherclièrent à en faire une citadelle redou- 
table en j ajoutant des tours. C'est ainsi que, de l447 '* 
1455, Nicolas V fit bAtir la tour orientale qui sert au- 
jourd'hui de base à l'Observatoire et dont les murs, de 
4 mètres d'épaisseur à la base, s'élèvent à S'j™, 81 au- 
dessus du sol de la place, en formant à leur sommet un 
carré de près de 1 1 mètres de côté. C'est sur cette surface 
que sont disposés les cabinets astronomiques. 

Les murs de la tour n'étant point d'ailleurs orientés 
suivant le méi'idien astronomique, il devint nécessaire de 
construire dans le sens est-oue&t, au-dessous de la voûte 
qui termine l'édifice, et s'appuyant directement sur les 
murs anciens, un solide arc de voûte sur lequel il serait 
possible de faire porter les piliej'S du cercle méridien. En 
outre, comme l'ancienne chambre méridienne ne paraissait 
point assez grande, on ajouta à l'est et à l'ouest deux ca- 
binets semi-circulaires qui doublèrent presque sa surface 
et permirent de comprendre dans son intérieur, outre 
les colonnes du futur instrument méridien, un pilier sur- 

Ê l'une coupole t(uirnante, destinée 11 recevoir le 
lalorial. 



~ 148 - 

Ces diverses constructions étaient à peine terminées 
que le cercle d'Ertel arrivait à Rome et se trouvait bientôt 
mis en place (mars i853). La lunette de cet appareil a 
g", 094 d'ouverture avec une distance focale de 1™, 32i. 
Les cercles gradués, au nombre de deux, ont o™,32 de 
rayon et portent une division de 2 en 1 minutes; les lectures 
s'y font au moyen de quatre microscopes portés par un cercle 
de fer, de o'",43 ^^ rayon, et l'approximation peut être 
poussée jusqu'au centième de seconde. En outre, l'appa- 
reil est muni d'un cercle de calage le long duquel un ver- 
nier donne la minute. Le micromètre porte sept fils verti- 
caux fixes, un fil d'ascension droite mobile et deux fils 
horizontaux fixes et très^yoisins. 

Les observations au cercle d'Ertel furent commencées 
par I. Calandrelli dès 1 854, àams le but de déterminer la 
latitude de l'instrument. En 1752, Boscowich avait bien 
mesuré la latitude du Collège Romain avec un secteur 
zénithal, et cette opération avait été reprise ensuite par 
G. Calandrelli ; mais ces observations, successivement ré- 
duites par divers astronomes, Oriani, Ricchebach, Calan- 
drelli lui-même, s'étaienj montrées assez discordantes pour 
Liisser quelques doutes sur la latitude de Rome. D'ail- 
leurs elles ne donnaient que la latitude du Collège 
Romain et non celle du Capitole, qu'il était indispensable 
de déterminer autrement que par une triangulation ap- 
prochée entre les deux établissements. I. Calandrelli se 
mit donc à l'œuvre, et de nombreuses observations faites 
en 1854 et i855 sur a de la Lyre, 7 du Cygne, 7 d'An- 
dromède, a du Cygne, il déduisit, pour latitude de son 
Observatoire, 4i°53'34'', 348. 

L'exécution de ce travail avait amené I. Calandrelli 






- t(( 

chercher dans les catalogues, réputés les plus eiocis, 
positions des éttiiles cju'il nyuit observées, et la. com- 
istm de leurs coordonnées lui avait bien vite moatré 
ore, un siècle après la fondation de 
itronoRiie de précisioD, des incertitudes assez grandes, 
sur la position des plus belles étoiles^ il foi'mu 
une liste de ipaeltjues étoiles qu'il se mit k ob- 
' d'une manière continue, dans le but d'obtenir it 
fois leur situation très-exacte et la grandeur de leur 
mouvement propre. Le catalogue de ces étoiles fut pu- 
blié en décembre i855 et suivi en iSS^ et en i8â3 de 
deux Mémoires sur leurs mouvements propres ('). L'as- 
tronome du Capitule s'y occup'e en particulier de la va- 
riabilité des mouvements propres de SJriuset deProcyon, 
lestion déjà ti'aitèc par fiessel et par Struve. 
Parmi tes travaux de Calandrelli, qui remontent h 
le de l'installation du cercle méridien, nous devons 
citer des recherehes raiitutieuses sur les réfractions 
i une petite hauteur au-dessus de l'horizon. 

Au Capitole les travaux théoriques alternaient d'ailleurs 
ivec les observations, et Cal[Lndrelli s'est occupéavec succès 
lu calcul des orbites d'un grand nombre de planètes 
Egérie, Irène, Parthénope, etc.) et de comètes (comète 
|855, lit; i858, V; 1865, I, etc.). 



fl'),'Soprai,«oi>, 



ti prtiprii délie stelU{Altidelf Àccadem 



■..\): 

^a* Sot morimcnla praprio di Sirio t_^ttf deW Accadtmia dei 

K/i tincei, t. XI, XII et XIII) ; 
|î« Kaori ricerrie sul molo proprio délie jlelle t, Art! dfll' Mva- 
Bifl Ja Naori Lincei, 1. XVI, p. 3Cj el ^\xi ). 



- 150 - 

Pour l'observation de ces astres^ il manquait cependant 
un instrument indispensable, et dont il sollicitait sans cesse 
l'acquisition, un ëquatorial de grande dimension. Après 
bien des démarches, il fut enfin assez heureux pour l'ob- 
tenir (1860) de la générosité du marquis de Ferraioli et 
pour le placer dans une coupole hémisphérique indépen- 
dante, située au sud-ouest de la salle méridienne. L'instru- 
ment, sorti des ateliers de Merz, a une lunette de 
4 j pouces d'ouverture, montée, suivant la méthode alle- 
mande, sur un pied en fonte, et se trouve pourvu d'un 
mouvement d'horlogerie a pendule conique. 

Calandrelli n'eut pas d'ailleurs la satisfaction d'utiliser 
longtemps ce bel instrument ; atteint d'une maladie grave, 
il était, dès les premiers mois de i865, dans l'impos- 
sibilité de travailler utilement, et il mourut au Capitole 
le 1 2 février 1 866 ( ' ) . 

M. L. Respighi, astronome à Bologne, et qui depuis plu- 
sieurs mois déjà remplaçait Calandrelli dans sa chaire, fut 
bientôt après élevé au poste de difiecteur de l'Observatoire 
du Capitole, auquel il a su imprimer une activité considé- 
rable. 

Une des premières questions sur laquelle se porta l'at- 
tention de M. Respighi fut une nouvelle détermination de 
la latitude ; il ne supposait pas que les observations de son 
regretté prédécesseur, soit au petit cercle répétiteur de 
Reichenbach, soit à l'instrument méridien de Starck, eus- 
sent été assez nombreuses pour éliminer complètement 



(*) M.Volpicelli a publié, dans le tome XIX des Nuovi Lincet, 
une courte biographie de Calandrelli et la liste de ses princi- 
paux travaux. 



i erreurs provenant d'une incertitude dans la cj 
inaîson des étoiles, et, comme elles avaient toutes ( 
laites directement, on pouvait craindre (]u'elies ne fussent 
toutes entacliées d'erreur par suite d'une flexion du tube 
de la lunette. Dans une longue s^rie d'observations, qui 
s'étend h presque toute l'ynnée r866, M. Respighi s'astrei- 
gnit donc à observer soit directement, soit par rëflesion 
sur le bain de mej-cure, un grand nombre d'étoiles situées 
symétrique ment de part et d'autre du zénith ( ' ). 

De l'ensemble de toutes les observations il a conclu, 
pour latitude ducercle méridien duCapitole, 4i"53'33"55, 

Kantité inférieure de o*,8o à celle trouvée par 1. Calan- 
îlli, mais qui coïncide d'une manière très-satisfaisante 
EC la latitude que l'on peut déduire trignnométriqae- 
ait de celle de l'Observatoire du Collège Romain. 
C'est à des préoccupations de même ordre qu'est due 
tstallalion, en 1868, d'une lunette zénithale. M. Re$. 
pighi avait déjà, pendant son séjour à Bologne, montré 
tous lesavantagcâ d'uniuslrum«ntde cette espèce et pré- 
paré la construction de l'un d'eux. La lunette nénîtiiale 
de robservatoii'e du Capitole sort des ateliers d'Ertel à 
Munich et se compose d'une lunette dont l'objectif u 
o™, 108 de diamètre avec nne distance focale de i*", 58?.. 
L'appareil e d' Il s m nt'su d uxpT en marbre, 
P'ia manière d ne lun e m d nn o dm re, et peut 
r suite se a b 1 p g d oiles ; cette 

i- np] 1 n In m n i ne grande 

ibilitc et p m d I pi e y n ent dans le 



[') SuUa laLladine dctf OurryaCorlQ delta Romana Uainriilà 
^Campidoglio^Attidell' Acearlemï-adti Nuoci fAacei, Atmo iZZ-}). 



méridien. Entre ]es deux piliers a été pratiqué un puits 
de 2 1 mètres de profondeur, au fond duquel est disposé un 
bain de mercure à fond de cuivre; l'amalgamation qui en 
résulte est favorable à la stabilité de la surface et procure 
par suite des images stellaires très-calmes. Quant au mi- 
cromètre, il se compose de treize fils fixes disposés 
symétri(juemeut par rapport à l'axe de la lunette et 
de deux fils mobiles indépendants, tous perpendi- 
culaires au plan méridien ; des observations prélimi- 
naires et répétées donnent les distances des fils fixes et la 
valeur du pas des deux vis micrométriques. Pour faire 
une observation, on caJe alors l'instrument de manière à 
déterminer le nadir avec l'un des fils mobiles et à pointer 
en même temps l'étoile réfléchie avec l'autre fil mobile; 
pour obtenir la distance zénithale de l'astre, il ne reste alors 
qu'à mesurer la distance relative des deux fils mobiles ou 
plutôt à rapporter leur position à deux fils fixes voisins. 

Cette lunette zénithale est aujourd'hui employée par 
M. Respighi à mesurer les déclinaisons des étoiles voisines 
du zénith de Rome; les résultats, d'une concordance re- 
marquable, montrent en même temps tout le parti qu'on 
pourrait tirer d'un instrument analogue pour la détermi- 
nation rapide des latitudes des sommets géodésiques au 
moyen d'étoiles d'une déclinaison bien connue et étudiée 
à loisir dans un observatoire stable. 

Parmi les travaux de M. Respighi qui, commencés à 
Bologne, ont été poursuivis à Rome dès les premières 
années de son séjour dans cette ville, nous devons encore 
citer une série d'études sur la scintillation des étoiles. 
Il y a une soixantaine d'années, Arago rattachait les va- 
riations rapides d'intensité et de couleur que subit l'éclat 



des étoiles i un pliénomène d'interférence entre les rayons 
de l'étoile ijtii arrivent à IVibserviiteur après aviiir acquis 
une certaine différence de marcIie par lenr passage dans 
des couches d'air d'iuégale densité; plus lard, en iSSa, 
H. Montigny précisait davantage la même explication par 
l'observation speclroscopique des bandes mobiles que pré- 
sente l'image d'une étoile allongée par un prisme plactî 
entre l'objectif ei l'oculaire d'une lunette. Dans les pre- 
miers mois de 1868, M. C. Wolf, observant par un pro- 
cédé peu différent de celui de M. Monlîgny, décrivait le 
phénomène du mouvement des zones obscures du specti'e, 
étudiait leur inclinaison sur le plan de dispersion, incli- 
naison variable avec la position du spectroscope, et déve- 
loppait Texplicntioa du pliêuouiène à jl'aide de la théorie 
des interférences. Ces mêmes phénomènes ont été plus at- 
tentivement étudiés par M. Respighi dans une longue 
suite d'observations faites en 1868 et 18G9 [ ' ) et il a no- 
it ajouté aux observations de ses prédécesseurs la 
inonstratiundecefait remarquable que, pour les étoiles 
ouest, le mouvement des zones obscures a lieu 

s rouge au violet, tandis que, pour celles situées à l'est, 
toxnouvement a lieu du violet au rouge, précisément en sens 

nttraîre du premier. Le savant astronome du Capitole 
ailleurs qu'un phénomène aussi régulier ne peut 

npliquer |>ur la théoi'ie des interférences et admet que 
■ soustraction partielle de certains rayons du sj>ectre est 
i par tu dispersion produite par les couches d'aii 




- iU — 

de plus en plus denses que le mouvement de la Terre 
amène sur la trajectoire des rayons lumineux d'une étoile 
située à Touest. Pour les étoiles, situées à TEst, c'est le cas 
inverse qui se présente, et les variations de réfraction se 
produisant dans un sens difiërent, il en résulte un mou- 
vement contraire des bandes obscures. L'explication 
complète du phénomène exigerait plusieurs pages, et je 
dois par conséquent renoncer à la tenter. 

Les derniers et les plus importants travaux de M. Res- 
pighi sont relatifs à Tanalyse spectrale des protubérances 
et à la constitution physique du Soleil ; commencés à la 
fin de 1868, ils sont encore aujourd'hui une des princi- 
pales occupations de cet astronome, et je dois entrer à 
leur égard dans quelques détails. 

On se souvient qu'à la suite de Téclipse totale de 1868 
MM. Janssen et Lockyer montrèrent la possibilité de con- 
stater chaque jour l'existence des protubérances du bord 
solaire et que quelques mois aprèsM. Zollner, en employant 
une lunette de grandeur médiocre, fit voir que, pour ob» 
server la forme et les détails dé ces flammes, il suffisait 
d'employer un spectroscopetrès-dispersif et de donner à sa 
fente une largeur convenable. Les astronomes s'emparèrent 
immédiatement du procédé et se mirent à l'envi à dessiner 
les protubérances et à étudier leur distribution sur le bord 
de notre grand luminaire. IVE. Respighi fut un des pre- 
miers à se lancer dans cette voie (octobre 1869) et le 
premier, je crois, à signaler que les protubérances se ren- 
contraient le plus ordinairement à la latitude des taches 
solaires et qu'elles paraissaient en relation avec les facules, 
de sorte que les trois phénomènes ne seraient que les ma- 
nifestations successives et diverses d'une même force. 



ser valeur du Capitale ndoptc d'uilleurs l'idée que les 
protubérances ont tontes, quelle que soit Icui* forme, une 
origine eruptive, il dirait volontiers volcanique avec 
M. Zollner, et que leurs apparences diverses résultent 
seulement d'un développement |))iis nu moins avancé ; il 
n'est pus rare en eSet de voir dam une même jom-née une 
protubérance commencer par des jets très -brillants, 
pi-eadi-e ensuite la forme d'un piiriache et puis, les parties 
lufèrieures étant retombées sur la photosphère, se trans- 
former en un nuage isolé, sans relation appureute Livec la 

L'iustrument employé par Al. Respighi ù l'étude des 
]>i-o[abér3nces est son équatortal de 4 7 pouces, sur le- 
quel se monte un spectniseope à vision directe et à cinq 
prismes, constniil par Hoffmann , Par suite de la dimension 
restreinte de la lunette écjunloriale, la fente du spectri>- 
sciipe peut prendre une largeur assez grande [mur contenir 
en entier la plupart des protubérances, et grAcc à la 
{grande dispersion du système des prismes, ainsi qu'un 
fort grossissement que supporte la luuelie astronomique 
du spectruscope, les flammes soljiires peuventêtre étudiées 
dans leur entier sous une dimension apparente assex 
(jrande pour en montrer les princî|>auE détails. La gran- 
deiir reliitive des jirincipales parties de l'appareil du Gi- 
pîlole est donc très- favorable À l'étude de h distribution 
et de la forme générale des protubérances; aussi M. Res- 
pighi a-t-il pu sfij-naler dès l'origine que lu fréfiuence des 
protubérances présente un minimum à l'équateui- avec . 
det» raa\ima entre 20 et 3o degrés de latitude, sud ou 
ucH, et deux uouveauK minlma très-marqués aux pAles. 
Ces résultats ont éié déduits de l'étude des profils du 



— 156 — 

bord solaire dessiné chaque jour où Tétat du temps le 
permet ; mais ces mêmes dessins se prêtent encore à Texa- 
men d'une autre question très-controversée entre les 
spectroscopistes italiens : les protubérances ont-elles, 
comme l'a annoncé le R. P. Secchi, une tendance à s'in- 
cliner vers les pôles ou vers l'équateur du Soleil ? Sont- 
elles, par leur partie supérieure, entraînées dans des 
vents généraux analogues à nos alizés terrestres? M. Res- 
pighi trouve que les protubérances n'ont aucune tendance 
à s'incliner dans un sens plutôt que dans l'autre, et il 
n'est pas éloigné de penser que l'inclinaison, constatée par 
les astronomes du Collège Romain, tient en partie à la 
nécessité où ils sont d'observer les protubérances par 
tranches et non pas dans leur entier. 

Pour ses études sur la scintillation et aussi pour ses re- 
cherches sur l'atmosphère solaire. M. Respighi s'est par- 
fois servi d'un autre procédé, celui qui avait été employé 
par Fraunhofer en 181 4» et qui consiste à placer un 
prisme devant l'objectif de la lunette équatoriale. Un 
prisme de cette sorte, d*un angle réfringent' dç 12 degrés, 
capable de couvrir toute la surface de l'objectif de Téqua- 
torial du Capitole, fut construit sur ses indications à la 
fin de 1868 par Merz et appliqué, vers la fin de cette 
même année, à l'observation des spectres stellaires qui 
devenaient ainsi très-brillants et d'une netteté tout à fait 
remarquable. Plus tard, lors de son voyage dans l'Indous- 
tan ('), le savant directeur de l'Observatoire du Capitole 



(') Osservazione delV eclisse totale del 12 décembre 1871 n 
Poodoocottah nelV Indostan (^Attl del Accademia deiNuovi Lincei 
del 3 marzo 1872). 



- 137 — 

appliqué ce même système :i l'observatidn de la Cou- 

onne de l'éclipsc totale du i a décembre 187 1 el ronsialé 

(pie les diverses images spectrales des protubérances n'é- 

—-talent pas absolument identiques et que la raie brillante 

l-i474 ^^ Kirchboff était particulière au spectre de la noo- 

[ronnc. 

Après avoir ainsi résume d'une manière fort brève les 
% de M. Eespighi snr les protubérances. Je ne puis 
tonettre de signaler ses idées sur la constitution physique 
Kflu Soleil, idées qu'il a exposées en 1870 dans sa troisième 
,r les protubérances solaires ( ' ]. Pour le directeur 
f l'Observatoire du Capiiole, I.1 masse centrale et gazeuse 
1 Soleil, portée à une température très-élevée, est en- 
reloppéeet fortement comprimée par une couche liquide 
'"incandescente. L'opacité, le défaut de transparence et de 
diathermanéité de cette enveloppe empêchent le rayonne- 
ment lumineux ou caloriGque delà masse interne; la sui'- 
face (le cette couche ou plutât ses parties superRoielies 
—constituent la photosphère et son t par conséquent la source 
BBu rayonnement calorifique ou lumineux du Soleil. 
~ Cette couche liquide est ensuite enveloppée d'une at- 
mosphère d'hydrogène incandescent, d'une hauteur égale 
i quatre ou cinq fois le diamètre terrestre, dont les parties 
inférieures renferment différentes vapeurs métalliques. 
G;tle atmosphère, la chromospbère, produit jtar son ab- 
sorption élective les diverses raies noires du spectre. Enfin 
une dernière atmosphère moins dense et à une tempéra- 



(') Salle oiirmuiom' spettroscopiche del bordo 
éerante lolaii. >ola III (Jlli dei' S'hoïi Lincei, 
/f dic«mbro 187a. ) 



- 158 - 

ture moins élevée formerait la couronne des éclipses to- 
tales. 

Les taches enfin sont des sortes de scories nageant sur la 
couche liquide, et les protubérances sont des jets de gaz 
enflammés, qui s'échappent à travers des ouvertures acci- 
dentellement pratiquées dans la couche liquide. 

La théorie de M. Respighi sur la constitution physique 
du Soleil est, on le voit, bien voisine de celle exposée par 
M. ZoUner dans les Mémoires de l* Académie de Munich , 
en février 1873; mais nous n'avons pas à la juger ici et 
nous ne devons pas rechercher si l'équilibre d'une enve- 
loppe liquide, comme celle imaginée par l'Astronome 
romain , ne serait pas immédiatement rompu par l'exis- 
tence même du jet volcanique des protubérances. 

Les études sur la constitution physique du Soleil occu- 
pent d'ailleurs encore toutes les journées de M. Respighi, 
tandis que ses nuits sont consacrées aux recherches sur la 
scintillation et à l'observation méridienne d'étoiles, com- 
prises entre la i " et la 6*, qui sont ensuite employées par 
les officiers de l'état-majôr italien dans leurs opérations 
géodésiques. 




a guère plus d'un demî-siècle que l'Astroi 
pratique est cultivée k flajiles. Ce n'est [loint quV 
cette époque on ne puisse trouver parmi les savimls nés 
dans le roy.iume des Deiix-Sîcilea, ou appelés dans !e midi 
de l'Italie par la douceur du climat et les beautés de la 
nature, les ooms de quelques physiciens uu mathémati' 
ciens s'ctant adonnés à des spéculations asironnmiques, 
<m aynnt obsei'vé un peu au hasard et presque toujours 
sans instruments appropries, quelques occultations d'é- 
toiles ou quelques éclipses de Lune ; mais ni François 
FonUina (i6o2-i656), qui a découvert lu rotation de 
ftUi's, les taches de Vénus et les bandes de Jupiter, ul 
Jean-Alphonse Borrelly [1G08-1659) n'eurent d'Observa- 
]e disciples, et leurs travaux sont complètement 

^bés dans l'oubli. 
KX<e premier, parmi les savants napolit^iins, qui ait eu à 

t disposition des instruments est le P. Nicolas-Marie 



- 160 - 

Carcanl, de Tordre des Écoles Pies. Directeur d'une mai- 
son d'éducation pour quelques gentilshommes, il avait, 
vers 1750, fait venir d'Angleterre et installé chez lui un 
quart de cercle, des lunettes et une pendule ; ses travaux 
paraissent d'ailleurs s'être bornés à la construction d'un 
gnomon et à l'observation de l'éclipsé de Soleil du 25 oc- 
tobre 1^53. Au témoignage de Lalande, ces instruments 
existaient encore en i ^65, à l'époque de son voyaga en 
Italie ; mais ils furent dispersés en 1767, lors de Pexpul- 
sion des jésuites par Ferdinand IV et lors de la réorgani- 
sation de l'Université de Naples. 

Cette réforme fut le signal d'une renaissance scientifique 
et littéraire; les nobles et riches familles s'associèrent 
pour la création de chaires à l'Université, et le prince de 
Tarsia, ayant pris goût pour l'Astronomie, fit venir à 
grands frais de Londres, un cercle azimutal de Sisson, de 
I mètre de rayon, avec lequel Rizzi Zannoni (i 738-1814) 
entreprit quelques observations sur la latitude de Naples. 

Quelques années après, Ferdinand IV, accédant aux 
désirs souvent exprimés des savants napolitains, confia à 
un jeune élève de Toaldo et de Chiminello, Joseph Ca- 
sella, le soin de construire un Observatoire véritable sur 
l'angle nbrd-est du magnifique palais de la Bibliothèque 
et du Musée Royal. Les bâtiments étaient à peine com- 
mencés (1790) que les événements politiques vinrent in- 
terrompre les travaux, et Casella, désespérant de mener à 
bien son entreprise, résolut de se contenter de disposer 
pour quelques instruments une des tours de l'ancien cou- 
vent de San-Gaudioso ; c'est là qu'il fit de 1798 à 1807 
quelques observations de latitude, d'éclipsés ou d'occul- 
tations par la Lune. 



- Ifil — 

A la mni-t de Casella, 8 février 1808, le soin de diriger 
l'Observatoire fut successivement confié au P. Messia d;i 
Prado (1808 à 1813) et puis à Frederico Zuccari [1812 à 
1817], qui avait fait ses études astronomiques à Milan 
sous la direction d'Oriani (']. Ce dernier fît jilacerà Sati- 
Gaudioso une lunette méridienne de Reichenbach de 
3 pieds de distance focale, un cercle répétiteur du même 
artiste ayant 12 pouces de foyer, un télescope d'Amici, 
une pendule d'Arnold et quelques autres instruments de 
moindre importance avec lesquels il commença (juelques 
recherches sur la position astronomique de la ville de 
Naples. 

L'Observatoire de San-Gaudioso, mal placé au centre 
de la ville, eut à peine quelques années d'csistence ; car 
dès 1812 Murât, alors roi de Naples, fit construire pour 
des astronomes de l'Univcrsîté un majrni&que ba- 
ient sur la colline de Miraduis, au lieu dit Capo dl 
'onfe, La première pierre fut jiosée le 4 novembre 1812; 
mais les consti'uctions, d'abord poussées activement, fu- 
rent bienldl négligées, puis tout fi fait abandonnées, sous la 
pression des évéuements politiques. 

Avec les traités de i8i5, Ferdinand IV reprit posses- 
l'oyaume des Deux-Siciles, et l'un des premiers 
prince, ami des Sciences, l'ut de donner les 
rdres Indispensables à l'aclièvement de l 'Observatoire. A 
:te occasion, le célèbre P. Piazzi reçut le titre de direc- 
général des Observatoires du royaume et vint passer 
ilqoes mois à Naples pour arrêter définitivement les 







- 162 - 

plans du nouvel édifice. Dès lors, les constructions mar- 
chèrent rapidement et, quoique un moment arrêtées par 
la mort prématurée de Zuccari, i5 décembre 1817, elles 
furent terminées en i8ig, et à la fin de la même année 
le nouveau directeur, G. Brioschi, put prendre possession 
de robservatoire et y commencer de suite ses travaux. 

L'Observatoire de Capo di Monte est situé sur la partie 
la plus haute de la colline de Miradois, qui elle-même forme 
un des points élevés des collines qui ferment au nord-est 
la baie de Naples entre la pointe du Pausilippe et la terre 
de Labour. Du haut de ses terrasses on domine la mer, 
la ville, et l'on a devant soi le sommet toujours fumant du 
Vésuve. Le bâtiment lui-même a une physionomie monu- 
mentale (*) [fig» 9). Du coté du sud, un portique, à six 
colonnes doriques surmontées d'un entablement, dans 
lequel on lit l'inscription suivante : 

FERDINAKDUS I 
ASTRONOMIE INCREMENTO 
ANNO HDGCCXIX 

est flanqué à droite et à gauche de deux corps de logis qui 



( ' ) En parlant des tracas nombreux que lui cause la construc- 
tion de l'Observatoire, Piazzi écrit à Oriani: « Molto pero mi 
duole che flnora il lavoro consista principalmente in bugne, 
imposte, triglifi, cornicioni, ecc, di travertino, onde rivestire Te- 
diflzio. Ma senza di cio io sarei lapidato. I Napolitani sono per- 
suasi che una pomposa e ricca fabbrica, cui si dia il nome di 
specola astronomica, sia tutto cio che demanda la Scienza. Na- 
poli, 23 aprile 1818 ( Correspondenza astronomica fra Piazzi et 
Oriani, Lettera CLVIII). 



^^^Ke terminent 
^^^raonne accès ili 



■ 163 - 



i terminent par denx pavillons en saillie. Le portique 
bnne accès ilaus une salle vuiltée, «outenue par douze 
colonnes doriques de marbre de Carrare, qui sei't de bi- 
bliothèque et de cabinets de collectious et s'ouvre à di 
et à gauche sur les salles méridiennes, 

mble de l'édifice est lui-même environné d'un 





e jardin qui assure son isolement et renferme vers le 
^^d la maison où sont logéii les astronomes. 

L'Observatoire de Waples, quoique construit depuis le 

K^mmencement du siècle, est donc conforme aux exigences 

I ie l'Astronomie moderne et singulièrement propre aux 

^observations de précision que l'on doit poursuivre dans 

n établissement de premier ordre. 

Tel est l'Observatoire dont Carlo Brioschi reçut la di- 



- 1G4 — 

rectionle i" décembre 1818. Choisi par Piazzi et Oriani 
parmi les jeunes astronomes italiens qui avaient fait leur 
éducation à l'Université et à l'Observatoire de Milan (*) , 
Brioschi avait déjà donné des preuves de son habileté 
comme observateur et paraissait aux deux amis plus 
propre que tout autre à assumer la responsabilité de la 
direction d'un établissement nouveau, en voie de création, 
encore sans traditions, et qu'il fallait rendre célèbre. Si 
le jeune astronome, il avait trente ans ('), n'était ni un 
écrivain abondant ni un professeur bien habile, comme 
tel autre de ses concurrents, il était familiarisé avec les 
calculs astronomiques les plus délicats et plusieurs cam- 
pagnes heureuses (181 3- 181 g), dans lesquelles il avait 
mesuré les triangles de la chaîne des Apennins, lui avaient 
permis de développer une aptitude particulière pour 
vaincre ou tourner les difficultés qui se présentent sans 
cesse dans l'emploi des instruments nouveaux. 

Brioschi arriva à Na pies au printemps de 18 19, et son 
premier soin dut être de mettre en place les instruments 
qui avaient été acquis en Allemagne d'après les conseils 
et par les soins du baron de Zach. 

Le plus important de ces instruments était un cercle 
méridien de Reichenbach, qui fut établi dans la salle mé- 
ridienne occidentale sur deux forts piliers de marbre, 
isolés du plancher et reposant directement sur la masse 
naturelle de la colline. L'axe de rotation, en bronze et 



(* ) Brioschi est entré à l'Observatoire de Bréra en i8o5, avec le 
titre d'élève en second; il l'a quitté en 181 3 pour entrer à l'In- 
stitut militaire. 

(') Brioschi est né en 1782, dans le nord de l'Italie. 




- \m - 

; pièce, se termine par deux tourillons en 
', posant sur des coussinets triangulaires en bronze 
n. est mobile verticalement, l'autre htirizontale- 
e que la combinaison de leurs mouvements ' 
permet de rectifier lu position de l'iDstrumeut. Le corps 
même de lu lunette est formé de deux troues de cône so- 
lidement Sxées jiar des vis nombreuses sur le cube cen-- 
traldel'axede rotation. L'objectif, porté par l'un d'eux, 
a 10', 8 d'ouverture libre et i'",64 de foyer Le micro- 
mètre oculaire se compose de cinq flls verticaux lixes, 
d'un fil horizontal fixe et d'un fil horizontal mobile il 
. .l'aide d'une vis micromélrique ; la loupe oculaire, portée 
^|tar la plaque même du fil mobile, se meut en même temps 
l^ne ce dernier, qui reste toujours ainsi au centre du 
Bcliuinp et paraît par conséquent toujours reciiligne, ce 

fquî évite les erreurs de parallaxe provenant de la courbure ' 
■apparente d'un fil vu très-obliquement. Cet inconvénient j 

: la courbure existe pour les Gis verticaux; muis, ainsi 
■bjuele fait remarquer Briosclii, les erreurs qui en résultent 
W*B comiiensent dans toute observation de passade com- 
' plète faite aux cinq fils symétriques. 

L'illnminatioa du champ est obtenue à l'aide d'une ' 
lampe dont les rayons traversent le tourillon ouvert et ] 
viennent se dilFuser sur une couronne elliptique argentée, 
située dans le cube centrul et inclinée n 4^ degrés sur ] 
l'axe de la lunette. 

Pour la mesure des distances polaires, le cAne Est de \ 
I rase de rotation portait, invariablement fixé 
I cercle de près de i mètre de diamètre divisé sur argent 1 
r de 3 en 3 secondes ; à l'extérieur de ce cercle existait une 
I alidade percée en son centre d'une ouverture circulaire. 





- 166 - 
dnns Inquelirentrnit à frottenient doux l'axe des tourillons 
et mainlcnae dans une position G^e h l'aide d'un bras 
verticitl pourvu à son extrémité inférieure d'une vis sans 
fin dont l'ècrou etnit solidement scelle à la colonne orien- 
tale du (fercle méridien. Les bras lioriaontaui de l'alidade 
se terminaient par des verniers qui, à l'aide de loupes, 
donnaient les a secondes. Pour vérilier tjiie ce système 
d'alidade restait bien fixe pendant toute une série d'obser- 
vations ou pour pouvoir constamment ramènera l'hori- 
zontale la ligne des xéros, ce dernier appareil dtait sur- 
monta d'uTi niveau à bulle d'air ti-ès-sensible. 

Le cercle méridien ne pouvait, d'après sa construction 
même, se retourner aisément, et, pour s'assurer de sa posi- 
tion par riipport au méridien, il était nécessaire d'eroplojer 
l'observ.ition di's étoiles par réflexion. 

A côté du cercle méridien et dans la même salle se 
li'ouvait placée une excellente lunette méridienne, égale- 
ment de Reichenbiich, de i i*^, ^ d'ouverture et de i'",98 
de foyer. Son réticule renfermesept fils verticaux, et l'o- 
cnlaire est mobile horizontalement, de manière à pouvoir 
se placer siiccessivemeut devant chacun d'eux. Un demi- 
cercle de laiton porté sur l'axe des tourillons sert d'ap- 
pareil de calage, et l'inslmment peut être retourné â 
l'aide d'un chariot particulier construit sur les plans de 
Brioschi, 

A cfité de la lunette méridienne se trouve une pendule 
d'Arnold à compensation à grille et à échappement à ancre.' 

Outre ces deux, instruments méridiens, l'Observatoire 
se trouvait encore posséder, pour les mesures de préci- 
sion, deux cercles répétiteurs semblables de Reichenbaeh. 
plus petits, mais construits sur un mode analogue à VJM 




est pi 

H Cl. 

T L'a 



— ifil — 
e RiimsdcD, que Plazzi avnit rendu célèbre jutr 

'Irserpal/aiis de Palerme; c'était même lu, au muiDS 
l'illustre directeiu- g^nériil des Observa- 
toires des Deux-Sicilea, les appareils les plus importimia 
du nouvel établissement, ceus dans lesquels il .avait le 
plus de cunILince, et ea cela il partageait les idées de 
la plupart des astrouonies de soa temps, en particulier 
du barnn de Zach, dont la Cnn-espondance astronomique 
est pleine d'affiimations sur l'exactitude merveilleuse que 
tonnaient ces cercles répétiCeui-s. 

! des tourelles Est et Ouest de TObservatoii'e 
mfertnait un de ces instruments. 

L'axe vertical de ces cercles ré]iétiteurs reposait par su 
partie inférieure sur un coussinet de bronze scellé dans 
une plaque de marbre, qui elle-même portait vers l'Est et 
vers l'Ouest deux colonnes de marbre servant de sup- 
ports à une architrave métallique en fer et en bronze, 
dans laquelle se trouvait pris un cylindre 
broHM, mobile au moyen de tjuatre vis buttantes, rece- 
vant dans son intérieur l'extrémité supérieure de l'axe 
vertical du cercle répétiteur. 

ËLe cercle d'azimut, fixé d'une manière Invariable à l'aïe 
vertical, avait ^5 centimètres de diamètre. Divisésur ar- 
gent de 5 en 5 minutes, il tournait devant deux 
snlidement liés au support de marbre de l'appareil et 
donnant les 4 secondes; cette appro^iimation était am- 
plement suffisante pour des cej-cles destinés à des mesures 
d'angles verticaux. 

Maïs la partie la plus importante de ces instruments 

était le système des cej'cles verticaux.disjmsés de manière 

^^Lâ jiermettre la répétition. 



i 



- 168 — 

Vers son milieu , l'axe vertical creux est traversé par 
un prisme annulaire de bronze , dans lequel vient se pla- 
cer, puis se fixer par huit vis, un deuxième prisme égale- 
ment en bronze. Cette pièce, percée suivant son axe d'un 
trou bien cylindrique, reçoit un premier axe creux auquel 
est invariablement fixé le cercle gradué; et dans ce premier 
axe vient à son tour passer un axe plein qui porte à la 
fois le cercle alidade, qui se trouve ainsi intérieur au 
cercle gradué, et le cube sur lequel seront fixés les deux 
cônes de la lunette. Le cercle gradué a i mètre de dia- 
mètre; il est divisé de 3 en 3 minutes, et les quatre ver- 
niers donnent les 2 secondes. Le mécanisme qui permet 
de faire tourner ces cercles indépendamment Tun de 
l'autre, de manière à produire la répétition, ne diffère pas 
sensiblement de celui qui est employé dans les théodolites 
de petite dimension, et il est inutile de le décrire ici. 

La lunette fixée au cercle alidade par son centre et 
par l'extrémité voisine de l'oculaire a i™,3o de distance 
focale et 0*^,084 d'ouverture. Comme la lunette du 
cercle méridien, elle est pourvue d'un système de leviers 
et de contre-poids destinés à prévenir, ou tout au moins à 
beaucoup réduire, la flexion de sa partie objective. 

Nous ajouterons enfin que, les cercles et la lunette se 
trouvant du même côté de l'axe vertical, il avait été né- 
cessaire, tant pour parer à l'usure des axes de rotation hori- 
zontaux que pour ramener le centre de gravité du système 
sur l'axe vertical, d'établir à l'opposé des cercles un sys- 
tème de contre-poids. 

Parmi les instruments acquis par Ferdinand IV, dès la 
fondation del'ObservatoiredeCapodimonte, il en est encore 
un que nous devons décrire ici, quoiqu'il ne paraisse pas 



■ iii9 - 

ïvoir été mis en usage pendant les premièiiis années: c'est 
réquatnrial (fig. lo). Construit en 1811 par Rcicheobach 
et Utschneider, il est ÎDStallé à demeure dans la tourelle 
située au nord de la salle de la Bibliothèque. L'axe ho- 
raire, long de i^jSS et tout entier en bronze, porté piu'ses 
deux estréinités sur un mnssif en lave du Vésuve; le cercle 
équalorial a 74 rentimètres de dinmÈtre et donne les 
4 secondes par le moyen de deux vemiers. Quant au cercle 
de déclinaisun et h la lunette, il^ sont portés par un axe 
fixé au tiers supérieur de la longueur de l'axe horaire; 
le cercle a o", ^4 "Je diamètre et donne les 4 secondes; la 
lunette a i ", 20 de longueur focale avec «ne ouverture de 
o"',o84, et son objectif est de Fraunhofer. 

A cet équatoriat on avait associé une excellente [leu- 
dule de Berthoud, à échappements à ancre et à repos. 

Pour compléter la revue déjà Ifmgue de tous les instru- 
ments de l'Observatoire de Nnples, il nous reste à parler 
des instruments portatifs. I,c plus important d'entre eux 
était un étjnatorial de Rcîchenbach et Fraunhofer, de 
o™, 175 d'ouverture et de Z™,a-y. de distance focale, dis- 
poiié suivant la méthode allemande et monté sur un pied 
mobile en bois, construit dans la forme de celui du célèbre 
équatnrial de Pulkova. En outre, un mouvement d'hor- 
logerie à volant devait permettre à la lunette de suivre le 
mouvement diurne. 

Venaient ensuite un télescope d'Amici ayant 2'", 70 de 
foyer avec 18 centimètres d'ouverture, un télescope gré- 
goiien de Short, de i'". 3o de foyer et de o"',i65 d'ou- 
verture, un cercle et un théodolite répétiteur deReichen- 
bach, et enfin un secteur êquatorial de Sisson, provenant 
^^Ld« l'ancien Observatoire de San-Gaudioso. 




t ressources expérimeD taies que nous veDoos 
de menlionoer ne purent iminédiiilement être c 
ttuvre par H. Brîosclii et ses aides, M_M. Cupoccî, du) Re, 
Antonio Nobîle et Nlcolo Fergola. Le jeune directeur dut 




tournei' ses premiers efforts vers l'étude et la mise en 
bon état des instruments qui lui paraissaient les plus im- 
portants et les plus capables d'inspirer aux astronomes 
étrangers confiance dans les résultats obtenus; aussi, 
laissant à ses aides le soin de faire les ubservutinnsavec la 




^* rieu 

qui 

que 

^ que 

^kefiet 

^* inen 



- 171 - 
léridienne el le cercle méridien de Reichenbacli, 
tourna tous ses efforts vers l'étude des cercles répétiteii 
célèbre artiste. Le premier vnlume des Commen- 
taires {') f/f t'Obseri'alaire de Ntipics nous montre, en 
effet, Brioschi étudiant ces instriimentsau point de vue de 
la flexion et de la méthmie à employer d'abord pour les 
;ler et ensuite pour réduire les observations faites avec 
'leur secours. Cette étude ilélicate l'absorba pendant plu- 
sieurs années, et souvent il eut à se défendre contre Piazii, 
é heureux de le voir publier immédiatement 
quelques résultats; mais il ne Toulait donner au public 
di^s nombres à l'nbri de toute critique. Ce n'est, en 
Tet, qu'en 1824 qu'il publie lit partie descriptive du vo- 
donl nous venons de parler, et qu'en 1826 seule- 
ment qu'il donne ses observations de 1819 et de 1620. 

Parmi ces observations, nous devons citer tout pnrtt- 
culièrement : celles d'une série de circumpolaires par les- 
quelles il trouve, pour Ut latitude de l'Observatoire de 
Capodimonte, 4o°5i'46",63, et dont il cherche aussi ii 
déduire la parallaxe de quelques étoiles; celles du Soleil 
dont il déduit les corrections dos Tables deCarUni('). 

Enfin l'éclipsé de Soleil du 7 septembre i8ao lui 
avait donné l'occasion de faire une première détermina- 
tion de la longitude de Naples, longitude qu'il trouve 
!e à 47"44'i 3 à l'est de Paris. 



' (') Commenlarj asti\ 
"•rlo Brioachi. Publié 

(*) C» Tables arnicnt éKè piibli 
n pour iStg et i3io. 



liei delta Èpecota reale ai NapoU, 
181I-1B16. (Le premior voluma a i 



Le volume des Commentaires , dont nous avons extrait 
la plupart des détails précédents, est la seule publication 
d'ensemble que Brioschi ait faite au nom de l'Obser- 
vatoire de Naples; il ne restait cependant pas inactif, 
et, lorsque sa mort survint le 7 février i833, il préparait 
la publication d'un catalogue d'étoiles pour lequel les 
observations se retrouveraient dans les archives de Capo- 
dimonte. 

Son successeur à la direction de l'Observatoire de 
Naples fut Capocci, qui y était entré en 1 82 1 , lors de sa 
fondation , et que ses aptitudes poussaient vers les re- 
cherches théoriques ('). Le travail le plus considérable 
qu'il nous ait laissé est la dix-huitième heure des cartes 
célestes dont l'Observatoire de Berlin avait pris l'initia- 
tive, et pour lesquelles il s'était associé avec divers Ob- 
servatoires de l'Europe. Outre cela, M. Capocci a observé 
et calculé les orbites de plusieurs comètes, et en particu- 
lier des comètes IV, i825; V, 1826; I, 1843, et publié 
plusieurs Notes sur l'anneau de Saturne et les taches so- 
laires. 

D'autres préoccupations venaient d'ailleurs distraire Ca- 
pocci de ses études d'Astronomie théorique ; il s'était en 
effet, depuis i843, donné la tâche de populariser les no- 
tions astronomiques et la composition de ses ouvrages 
parfois humoristiques, comme son Foyage à la Lune, 
l'éloignait peu à peu de l'Observatoire. 

C'est dans ces circonstances qu'éclata la Révolution 
de 1849, ^^ ^^ *^ ^^* remplacé à la direôtion de l'Obser- 



(*) Il était tellement habile pour le calcul des orbites, que le 
baron de Zach lui donne quelque part le nom d'Encke italien. 






— 173 

Toirc par M. del Re, qui y occupait une position d'aslro- 
nome udjoint depuis 1 8a i . Ce dernier avilit calculé autre- 
fois l'orbite de la quatrième comète de 1 826 ; mais il ne 
paTiiit pas s'être beaucoup occupe de l'Observatoire, car 
jusqu'à la réintégration de M. Capocci, en 1861, il ne 
^'est fait il Naples aucun travail important. M. Capocd 
est mort à Naples en 1864. 

Le désarroi de l'Observatoire dura jusqu'en i864i 
époque où A. de Gaaparis fut appelé à la direction de l'é- 
tablisaement de Capodimonte, et par son énergie en pro- 
cura la renaissance, 

M. A. de Gasparisesi né en 1819, dans les montagnes 
Abbruzzea ; destiné à la prêtrise, il étudiait les lettres 
[tA la théologie, lorsque, vers iSSg, il eut l'occasion de 
rencontrer H. Capocci, quedei affaires de famille avaient 
conduit dans son pays natal. L'astronome trouva chei le 
jeune homme des disp(«itions spéciales pour les sciences 
exactes, et lui conseilla de venir i l'Université de Haples 
^ur y étudier les Mathématiques. M. de Gasparis se 
rendît eu effet dans la capitale, et, après deux ans de la- 
borieux efforts, il entra à l'École des Ponts et Chaussées, 
et puis ensuite à l'Observatoire (1843), avec le titre 
d'aide-a s iro no me . 

carrière se dessine dès lors d'une manière brillante. 
Ventât, familiarise avec les travaux ordinaires de l'Astro- 
ipare du |)etil équatorial de Fraunhofer, 
ilacé dans la tour nord, et se donne h l'oiiservatioa et Ma 
ihercbe des planètes nouvelles. Sa première décou- 
'erte, celle d'Uygie (i4 avril 1849], est bientôt suivie de 
celles de Parlhénope (11 mai i85o), d'Égérie (2 no- 
vembre i85o], d'Eunoniia (ag juillet i85i ), dePsyché 



- 174 - 

(17 mars i852), de Massalia (19 septembre iSSa), de 
Thémis (6 avril i853), d'Ausonia (10 février 1861 ], de 
Béatrix ( 26 avril i865). • 

Pendant que M. de Gasparis faisait ainsi succéder les 
découvertes de planètçs aux découvertes de planètes, il 
portait son attention sur les procédés de calcul qui per> 
mettent de déterminer les orbites de ces astéroïdes, et 
publiait sur cette question un nombre considérable de 
Mémoires. Il perfectionne d'abord les méthodes qui con- 
duisent à la connaissance du plan de l'orbite (1846]; 
puis il cherche les formules propres à déterminer les élé- 
ments de Tellipse, dans le cas où les observations sont 
assez distantes pour qu'on soit obligé de tenir compte 
des termes qui renferment les septièmes puissances du 
temps ( 1862), et, enfin, il publie des Tables numériques 
propres à abréger le calcul des racines de l'équation des 
comètes. 

Les étoiles doubles qui tournent autour l'une de l'autre, 
en suivant une courbe déterminée par les lois de l'attraction 
universelle, devaient aussi être l'objet des recherches de 
M. A. de Gasparis, tant à cause de l'intérêt du sujet lui- 
même qu'à cause de l'analogie qu'il présente avec celui 
des orbites planétaires. Herschel, qui a publié en i832, 
sur cette question, un Mémoire devenu classique, em« 
ploie une méthode presque géométrique. L'astronome 
anglais représente d'abord graphiquement toutes les ob- 
servations dont on dispose, puis trace la courbe qui pa- 
raît les représenter le plus exactement. C'est ensuite sur 
cette courbe qu'il mesure les rayons vecteurs nécessaires 
au calcul de l'ellipse, projection sur le fond du ciel de 
l'ellipse réelle suivant laquelle se meut le satellite. De la 



- 173 — 

connaissance de cette courbe projetée il passe {lar an 
second calcul à la courbe vraie. Dans son Mémoire de 
1 87 1 , M. de Gusparis suit une mrirche un peu différente ; 
après avoir, comme IlerscKel, cherché à éliminer par une 
construction graphique les erreurs inhérentes aux obser- 
vations, il cherche directement et sans calculs intermé- 
diaires l'ellipse vraie et sa situation dans l'espace. 

Les recherches théoriques que nous venons d'esquisser 
en quelques lignes ne représentent qu'une faible partie 
des services rendus k lu Science par M. A. de Gasparis. 
Non content de tenir par lui même haut et ferme le dra- 
peau de l'Observatoire de Capodimonte, il s'est appliqué 
à s'entourer de jeunes astronom es, qu'il a guides au tra- 
vers des premières diiEcultés, électrisés par son exemi>ie, 
et qui 3 leur tour sont devenus des maîtres. 

En même temps les instruments onl été modifiés et 
restiurés, de nouveaux appareils ont été acquis ou com- 
mandés, et l'Observatoire de N.iples a été à même de 
commencer une importante série de travaux qni se pu- 
blient aujourd'hui dans tes Mémoires de V Académie des 
Sciences physiques et maihémali-ques de cette ville. 

Le premier en date parmi ces travaux est L-i détermina- 
tion de la différence de longitude entre Rome et Na- 
ples{'). opération qui se rattache à tout un ensemble de 
recherches qui auront pour résultat final la vérification 
directe des triangulations Faites par l'Etat-major tout le 
long de la péninsule italique. 

Les observations ont été faites en janvier i 




- 176 - 

Naples, par M. E. Fergola, à l'aide de la lunette méri- 
dienne de Reichenbach etd*un chronographe de Hipp; à 
Rome, par le R. P. Secchi, avec son cercle méndien 
d'Ertel et un second chronographe du même système. 
Par l'observation de 1 08 étoiles observées en dix soirées 
et par l'échange de 1 34 séries de signaux, la différence de 
longitude a été trouvée de ^"6*, 247, avec une erreur 
probable de ±0*, 02.7 . 

Ce premier élément une fois trouvé, il restait encore 
à procéder à une révision de la latitude admise pour Ca- 
podi monte depuis les travaux de Brioschi. Tel est Tobjet 
du Mémoire de M. E. Pergola, intitulé : Détermina zione 
novella délia latitudine del R, Osservatorlo di Capodi^ 
monte (*). La méthode d'observation employée dans cette 
série de recherches est celle due à Talcott et qui consiste 
à observer la différence de distance zénithale de couples 
d'étoiles qui passent au méridien vers le nord et vers le 
sud et à des distances très-approximativement égales du 
zénith. Dans la méthode des passages supérieurs et infé- 
rieurs des étoiles circumpolaires employés en 1820 par 
Brioschi, on pouvait craindre, malgré toutes les précau- 
tions minutieuses prises par ce savant astronome, que l'éli- 
mination des erreurs de flexions des cercles répétiteurs 
de Reichenbach ne fut pas complète ; et pour se confirmer 
dans cette pensée, il n'y a qu'à voir toutes les difficultés 
qu'a causées la détermination de cette flexion, que rien ne 
prouve d'ailleurs, à cause de la forme dissymétrique de 
l'instrument, devoir varier proportionnellement au sinus 

( ' ) Atti délia R, Accademia délie Scienze fisiche e materna^ 
tiche di Napoli, t. V. Adunanza del di 2 novembre 1872. 





- 177 - 

ê Li distance Eénithale. Or c'étaient ces mêmes cercles ré~ 

•squeBI. FergoJiise trouvait oblige d'employei 

nécessaire m eut conduit à faire usage de 
la mélhnde de Taicott, qui nécessite une connaissance 
exacte de ta déclinaison des étoiles, mais permet d'em- 
ployer l'instrument dans la même position par rapport à 
la verticale, et par suite avec la même flexion, quelle 
qu'elle soit d'iiilleurs. Quant aux eKiiles, elles doivent être 

K choisies de telle sorte que leur diUérence de déclinaison 

T avec le lîl micrométrique horizontal 

s faire intervenir la graduatiun du cercle, qui peut dès 

s être sans inconvëuicut défectueuse. 

Les observations, au nombre de 85o, se rapportent h 

Sa couples d'étoiles, et forment deux séries, s'étendant, 

J!uQe du a5 j'unvier au 20 avril rS^ ( , l'autre du 21 se|>- 

re au 3i décembre de la même année; elles ont 

é pour la latitude du centre de la coupole occident 

ï de l'Observatoire' de Capodimonte ^o''5i' 4^", i^i. 

mbre est inférieur de i", 2 à l'ancien résultat de 

hioschi. 

* Un dernier travail de Géodésie astronomique, la déter- 
EginatioQ de la longitude de Pnlerme, s'imposait encore 
L astronomes de Naples, et était demandé par les ingé- 
cliargés de l'exécution de la carte tupographique de 
icile, La différence de longitude deNapleset dcfalerme, 
',69, telle qu'elle est donnée dans le Naïuical 
liai; ne repose sur aucune série d'observations 
les ; elle résulte probablement d'un transport de 
ronomètres, inuis rien n'indique si elle est 
Uos exacte que celle de 3'" 36"', 3, qui a été 

8 par Anlonio Mobile au moyen de l'observation 



}servation ^^^H 

J 



- 178 - 

simultanëe de quelques étoiles filantes. C'était donc une 
détermination à reprendre, et elle a été faite du 12 oc- 
tobre 1869 au 1*' février 1870 par MM. A. Nobile et Tac- 
chini ( ' ) . A Capodimonte on s'est, comme précédemment, 
servi de la lunette méridienne de Reichenbach; à Pa- 
lerme on a observé avec le cercle méridien de Pistor et 
Martins. Les deux stations étaient d'ailleurs Tune et 
l'autre munies de ch'ronographes de Hipp. 

Les observations faites pendant cinq soirées ont donné 
pour différence de longitude 3°* 35*, 828 avec une erreur 
probable de zh o', o 1 3. 

Les astronomes de Naples ayant ainsi payé leur tribut 
à l'œuvre générale de la géodésie italienne ont pu consa- 
crer leur temps et leurs efforts à l'étude de problèmes 
spéciaux d'Astronomie pure ; leurs travaux sont alors en- 
trés dans une voie nouvelle qu'indiquent déjà quelques 
Mémoires. 

C'est ainsi, par exemple, que .M. Arminius Nobile a 
publié, dans le courant de Tannée 1875, deux Mémoires 
relatifs aux étoiles doubles. Le premier (*) a eu pour 
objet la détermination des angles de position de plusieurs 
systèmes doubles ou multiples qui avaient - autrefois été 
mesurés par Struve ou Dembrowski. Les observations 



(*) Determinazione telegrafica délia differenza ai longitudine 

fra gli Osservatori di Napoli e Palermo délie osservazione di 

Tacchini et Nobile {Rendiconto, anno XIII, fascicolo 3° délia 

Accademia délie Scienze Jisiche et matematiche di Napoli . 

Adunanza del di i3 décembre 1878). 

(') Misure di angoli di posizione di alcuni distenze di s telle 
multiple ( Rendiconto -délia R. Accademia délie Scienze fisi^he e 
matematiche di Napoli, Gennajo 1875). 



- 170 — 

ont été faites avec uoe luaette de Merz, de o*", i3i d'na- 
verliire et de 2",o56 de distance focale, acquise depuis 
quelques années et moulée parallacti(|iicment sur un pied 
en bois consti'nit par Fraunhofer, à l'époque de la créa- 
tion de l'Observatoire, pour son équatorial de o", 1^5 
d'ouverture. La mesure des distances muluelles des mêmes 
. a é[é quelques mois plus tard l'objet d'un second 
il [ ' ) plus important, puisq u'il a été fait par une mé- 
ide nouvelle que nous devons indiquer, au moins briève- 
ment. Cette méthode, dont l'idée primitive se trouve dans 
uueNotedeM. A. de Gasparis, insérée aux numéros 1177 
et 1201 de» Aslronomitc/ie Nacfàrie/iien, cfinûstÉ^danxiev 
à la lunette parallactique un mtiuvcmeut un peu plus lent 
on un peu plus rapide que le mouvement diurne, en sorte 
çjue les étoiles se meuvent lentement dans le champ. La 
iion droite entre les deux composantes 
We étoile double se trouve alors accnsée par une diffé- 
icedans le temps des passages à ua même fil, et cette 
différence peut êti'e rendue aussi grande que l'on veut en 
réglant c()nvenab]ement le, mouvement d'horlogerie. Toute 
la difficulté de la méthode consiste à mesurer, avec une 
jsion suQisante et pendant la période même des ob- 
'ations, la vitesse de la lunette. Pour cela, M. A. Nobile 
'ajouté à la vis sans fin du mouvement d'horlogerie une 
de o™, t^ de diamètre, qui porte i8o dents et com- 
innique le mouvement à un pignon à 6 dents sur lequel 
trouve centré un disque de buis de o"', 07 de diumètre. 



ievali MU J 



imoiio mcroiloper l'osstrvailone délie dUlanct 
!l/e mitliiple («eiitlicoiiio dMi B. Accademia 
e walfiiiaiL/tr di Napoti. Novembre iH;5). 



— 180 - 

Ce dernier est divisé en quatre quadrants, et à chaque point 
de division se trouve fixée, dans le sens du rayon, une 
fourchette en acier qui, à chaque révolution, vient plon- 
ger dans deux petites masses de mercure en rapport avec 
les deux pôles d'une pile et ferme ainsi le courant dont le 
passage se trouve alors enregistré sur un cbronographe. 
Grâce à ce système, on peut à chaque instant mesurer 
le nombre de tours faits par la vis sans fin, nombre dont 
on déduit facilement la vitesse de l'instrument. 

Cette méthode a été, à titre d'essai, appliquée à trois 
étoiles doubles et a donné des résultats satisfaisants. 

Les instruments à l'aide desquels ont été faits les tra- 
vaux précédents sont la plupart d'une date assez ancienne, 
et l'on peut craindre que, malgré les modifications qui leur 
ont été apportées, ils n'aient pas toute l'exactitude indis- 
pensable aux observations de haute précision qu'il est 
aujourd'hui nécessaire d'entreprendre pour perfectionner 
dans les détails les théories astronomiques de nos devan- 
ciers. A ce titre il est donc désirable de voir successivement 
remplacer les instruments ds Reichenbach ; c'est ce que 
M. de Gasparisa compris defmis longtemps déjà et ce qui 
commence à se faire. 

A l'époque de mon séjour à Naples, on venait en effet 
de placer dans la salle méridienne Est, jusqu'ici inoccupée, 
un admirable cercle méridien de Repsold. La lunette a un 
objectif de o™, i63 d'ouverture, avec une distance focale 
de 2 mètres. Le micromètre, muni de fils mobiles en as- 
cension droite ou en déclinaison, est disposé de telle sorte 
que les fils peuvent apparaître, soit brillants sur un 
champ obscur, soit noirs sur un champ éclairé. A l'axe 
de rotation de la lunette, est invariablement fixé un cercle 



- 181 - 

divisé, de i mètre de diamètre, sur lequel les lectures se 
font avec un système de quatre microscopes micrométriques 
portés sur un second cercle en métal ; pour s'assurer que 
ce dernier reste immobile pendant la série des observa- 
tions, on a placé sur un de ses rayons un niveau très- 
sensible, dont les indications doivent rester invariables. 
Cet instrument méridien est d'ailleurs pourvu de mires et 
de collimateurs pour mesurer sa flexion horizontale, et 
d'un chariot de retournement ; à côté de lui se trouve une 
excellente pendule de Grimaldi. 

M. Fergola destine cet appareil à l'observation d'un 
catalogue d'étoiles fondamentales. 

Les équatoriaux de Reichenbach et de Merz doivent 
aussi céder la place à des instruments du même genre, 
mais plus puissants. La lunette de Fraunhofer, de o™, 1 75 
d'ouverture et de 3™, 02 de distance focale, vient en effet 
d'être montée équatorialement sur un solide pied en fonte, 
de forme dite allemandey et l'on doit très-prochainement 
la placer dans une tour construite au nord de l'Obser- 
vatoire. 



Obs. <r Italie. iG 



- n2 - 

Le volume des Commentaires y dont nous avons extrait 
la plupart des détails précédents, est la seule publication 
d'ensemble que Brioscbi ait faite au nom de l'Obser- 
vatoire de Naples; il ne restait cependant pas inactif, 
et, lorsque sa mort survint le 7 février i833, il préparait 
la publication d'un catalogue d'étoiles pour lequel les 
observations se retrouveraient dans les archives de Capo- 
dimonte. 

Son successeur a la direction de l'Observatoire de 
Naples fut Capocci, qui y était entré en 1821, lors de sa 
fondation , et que ses aptitudes poussaient vers les re- 
cherches théoriques ('). Le travail le plus considérable 
qu'il nous ait laissé est la dix-huitième heure des cartes 
célestes dont l'Observatoire de Berlin avait pris l'initia- 
tive, et pour lesquelles il s'était associé avec divers Ob- 
servatoires de l'Europe. Outre cela, M. Capocci a observé 
et calculé les orbites de plusieurs comètes, et en particu- 
lier des comètes IV, 1825 ; V, 1826; I, i843, et publié 
plusieurs Notes sur l'anneau de Saturne et les taches so- 
laires. 

D'autres préoccupations venaient d'ailleurs distraire Ca- 
pocci de ses études d'Astronomie théorique ; il s'était en 
effet, depuis i843, donné la tâche de populariser les no- 
tions astronomiques et la composition de ses ouvrages 
parfois humoristiques, comme son Voyage à la Luncy 
l'éloignait peu à peu de l'Observatoire. 

C'est dans ces circonstances qu'éclata la Révolution 
de 1849, et qu'il fut remplacé à la direction de l'Obser- 



(*) Il était tellement habile pour le calcul des orbites, que le 
baron de Zach lui donne quelque part le nom à!Encke italien. 



noire par M. del Ae, qui y occupait une position d'astro- 
l^nnme adjoint depui 



. Ce dernici 



it calculé autre- 



fois l'orbile de la quatrième comète de 1 836 ; mais il ne 

paraît pas s'être beaucoup occupe de l'Observatoii'e, car 

jusqu'à la réintégnitiuQ de M. Capncci, en 1861, il ne 

M'est fait à Naples aucun travail importtnt. M. Capocd 

■«8t mon à Naplea en i864> 

Le désarroi de l'Observatoire dura Jusqu'en i864, 
il A. de Gasparis fut appelé à la direction de l'é- 
tablissement de Capodimonte, et par son énergie en pro- 

M. A. de Gasparisest né en 1819, dans les monta^jnes 

s Abbruzzes ; destiné à la prêtrise, il étudiait les lettres 

t la théologie, lorsque, vers i83g, il eut l'occasion de 

mcontrer M. Capocci, que des affaires de faniille avaient 

»nduit dans son pays natal. L'astronome trouva chei le 

e homme des dis|>usitions sjiéciales pour les sciences 

tes, et lui conseilla de venir à l'Université de Naples 

' y étudier les Mathématiques. M. de Gasparis se 

Kodit en effet dans la capitale, et, après deux ans de la- 

Mfieux elTurts, il eutra à l'École des Ponts et Chaussées, 

Ket puis ensuite à l'Observatoire [1842], avec le titre 

Jd'aide-astronome, 

~Sa carrière se dessine dès lors d'une manière brillante. 
ÇBientât, familiarisé avec tes travaux ordinaires de l'Astro- 
^Bomie, il s'empare du petit cquatorial de Frauubofer, 
■placé dans la tour nord, et se donne à l'observation et à la 
rtecherche des planètes nouvelles. Sa première décou- 
■^erte, celle d'Hygie (i4avril (849), est bientôt suivie de 
Mlles de Parthénope [11 mai i85a], d'Ëgérie (2 no- 
l'iremkre i85o], d'Eunomia (29 juillet i85i], de Psyché 



- 174 - 

(17 mars i852), de Massalia (19 septembre iSSs), de 
Thémis (6 avril i853), d'Ausonia (10 février 1861 ), de 
Bëatrix ( 26 avril i865). • 

Pendant que M. de Gasparis faisait ainsi succéder les 
découvertes de planètçs aux découvertes de planètes, il 
portait son attention sur les procédés de calcul qui per- 
mettent de déterminer les orbites de ces astéroïdes, et 
publiait sur cette question un nombre considérable de 
Mémoires. U perfectionne d'abord les méthodes qui con- 
duisent à la connaissance du plan de l'orbite (1846]; 
puis il cherche les formules propres à déterminer les élé- 
ments de Tellipse, dans le cas où les observations sont 
assez distantes pour qu'on soit obligé de tenir compte 
des termes qui renferment les septièmes puissances du 
temps ( 1862)-, et, enfin, il publie des Tables numériques 
propres à abréger le calcul des racines de l'équation des 
comètes. 

Les étoiles doubles qui tournent autour l'une de l'autre, 
en suivant une courbe déterminée par les lois de l'attraction 
universelle, devaient aussi être l'objet des recherches de 
M. A. de Gasparis, tant à cause de l'intérêt du sujet lui- 
même qu'à cause de l'analogie qu'il présente avec celui 
des orbites planétaires. Herschel, qui a publié en i832, 
sur cette question, un Mémoire devenu classique, em- 
ploie une méthode presque géométrique. L'astronome 
anglais représente d'abord graphiquement toutes les ob- 
servations dont on dispose, puis trace la courbe qui pa- 
raît les représenter le plus exactement. C'est ensuite sur 
cette courbe qu'il mesure les rayons vecteurs nécessaires 
au calcul de l'ellipse, projection sur le fond du ciel de 
l'ellipse réelle suivant laquelle se meut le satellite. De la 



- 173 - 
inausance de cette courbe projetée il passe par un 
id calcul à la courbe vraie. Dans sou Mémoire de 
, M. de Gasparis suit une marche un peu différente ; 
ime Qerschel, cherche à éhminer par une 
«nstructinn graphique les erreurs inhérentes aux obser- 
rations, il cherche directement et sans calculs interme- 
raie et sa situation dans l'espace. 
Les recherches théoriques que nous venons d'esquisser 
1 quelques lignes ne représentent qu'une faible partie 
s rendus à la Science par M. A. de Gasparis. 
a content de tenir par lui même haut et ferme le dra- 
eau de l'Observatoire de Capodimonle, il s'est appliqué 
;r de jeunes astronomes, qu'il a guidés au tra- 
iremièrea difficultés, electrisés par son exemple, 
ftqui à leur tour sont devenus des maîtres. 
Ed même temps les instruments onl été modifiés et 
r restaurés, de nouveaux appareils ont été acquis ou com- ' 
mandés, et l'Observatoire de Naples a été à même de 
commencer une importante série de travaux qui se pu- 
blient aujourd'hui dans les Mémoii-es de l'Académie des 
t Sciences physiques et malhémaJÎques de cette ville. | 

Le premier en date parmi ces travaux est la détermina- 
lion de la différence de longitude entre Rome et Na- 
ples ('), opération qui se rattache à tout un ensemble de 
recherches qui auront pour résultat final la vérification 
directe des triangulations faites par l'État-major tout le 
loDg de la péninsule italique. 

Les observations ont été faites en janvier 1869 : à 



I 



^') Jttl délia R. jtccademia delU Seit 
deNapoH, 1. V. Adunâtua del ili 1' 



- 186 - 

résidence idçs grands ëinirs; d'une i solidité comparable' à 
celle des constructions romaines, elle était la plus élevée 
de ^utes celles de Palerme, et dé son sommet oïi avait un 
horizon presque complètement découvert* Gëtte tour, 
orientée du nord- nord -ouest au sud-sud -est, est; de forme 
rectangulaire; les murs ont 17 pieds d'épaisseur a la base 
et 6 pieds au sommet. 

C'est sur sa terrasse que s'élevèrent en quelques mois 
(juillet 1790-février 1791) les constructions de l'Obser* 
vatoire. 

Ces constructions se composaient d'une longue galerie 
ouverte par de nombreuses* fenêtres et devant servir aux 
observations extraméridiennes. Vers le nord cette pièce 
donnait accès au cabinet de la lunette méridienne; vers 
le sud elle ouvrait sur deux escaliers circulaires condui- 
sant au célèbre cercle de Ramsden. 

Ce cercle était enfermé dans une rotonde de 1 4 pieds de 
diamètre dont les parois étaient formées de persiennes 
soutenues par huit colonnes de marbre blanc de 8 pieds de 
hauteur; sur ces colonnes reposait une architrave égale- 
ment en marbre qui servait de support à un toit sphérique 
mobile, pourvu d'une trappe de i pied de large : c'est au 
centre de cette pièce, sur un pilier appuyé directement 
sur les murs de la tour Saint-Ninfa, qu'élait placé le cercle 
répétiteur (•). Cet instrument, dont nous reproduisons 
ici le dessin, se compose essentiellement d'un axe vertical 



(*) Le cercle de Piazzi se trouve encore aujourd'hui dans la 

position où il fut placé en 1789, mais il a été légèrement abimé 

en 1848. M. Gacciatore est d'ailleurs dans l'intention de le faire 
réparer. 



- 188 - 

constitué par l'ensemble de quatre colonnes métalliques, 
réunies à leurs extrémités par deux plateaux également en 
métal. Le plateau inférieur se prolonge par un cône ter- 
miné lui-même par un tourillon en acier trempé qui entre 
à frottement doux dans une pièce de bronze de forme cir- 
culaire, fixée sur deux autres pièces également circulaires 
et mobiles, l'une du sud au nord, l'autre de Pesta l'ouest, 
de manière à pouvoir donner au tourillon inférieur telle 
position qu'il sera nécessaire. Le plateau supérieur porte 
directement un tourillon cylindrique en acier qui tourne 
dans un cube de bronze porté par quatre colonnes en fonte 
de 3 ~ pieds de diamètre, qui se recourbent et viennent se 
réunir ensemble au-dessus du centre du pilier, où elles 
maintiennent solidement l'extrémité supérieure de l'axe 
vertical. 

Le cercle azimutal fixé à la base du cône inférieur a 
8 -'^ pieds de diamètre et est divisé de lo en lo minutes, 
en sorte qu'avec deux verniers opposés on obtient la 
minute. 

Le cercle vertical double, qui est la partie la plus im- 
portante de l'appareil, a i'",54 de diamètre et tourne, 
emportant avec lui la lunette, autour d'un axe doublement 
conique dont les extrémités posent sur des pièces trans- 
versales fixées sur les grandes colonnes verticales; deux 
colonnes plus courtes, terminées par de doubles galets 
mobiles, viennent soulager les tourillons et, en diminuant 
leur frottement, empêcher leur usure trop rapide. Le 
cercle est directement divisé en 6 minutes, et, grâce à deux 
microscopes micrométriques situés aux extrémités du 
diamètre vertical, l'approximation des lectures peut être 
poussée jusqu'à la seconde. 



• Qiinnl h tn lunette, elle est achromatique et a 3 pouces 
B'nuverture .irec 5 pieds de distance focale ; elle possède 
cinq oculaires positifs et uu oculaire à prisme pour les ob- 
servations duns le voisinage du zénitb. Les fils des micro- 
mètres s'éclairent à l'aide d'un réflecteur elliptique placé 
Ivers le centre de la lunette et d'une lauterne latérale. 
La lunette méridienne, construite également à Londres, 
^it installée dans le cabinet nord de la galerie, sur des 
piliers qui reposaient sur un solide arc de voûte jeté en 
(pavers de la tour. Son objectif achromatique avait 
8 pouces d'ouverture avec 5 pieds de distance Tncalc. 
Dans l'oculaire, il y avait 5 fils d'ascension droite. Le 
cercle des disLuccs polaires, divisé de 20 ea 20 minutes, 
donnait les minutes à l'aide d'un vernier. On avait placé 
à coté de la lunette une excelle Qte pendule deMudge, ac- 
I ^ise du comte de Biiihl . 

Outre les appareils i)récéd*nts, Piazzi avait encore 
I Acquis, pour l'Observatoire, un sextant de Hadley, un 
1 télescope à miroir de 4 pouces, un télescope construit par 
[■ Herschel lui-mÈmc, et enfin diverses pendules et quelques 
[ autres instruments accessoires. 

il, h l'époque où Piazii installidt ainsi l'Obser- 
I Yatoire de Palerme, que le catalogue de Flamsted, cata- 
l'jngue que l'on savait défectueux dans plusieurs de ses 
I parties. Les observations de Bradiey étaient enfouies 
I dans les arcliives de l'Université d'Oxford et n'avaient 
I iBBCore donné qn'un catalogue de £87 étoiles, dans lequel 
it déjà constaté un grand nombre d'erreui's de ré- 
B'^uction ei où l'on en soupçonnait un bien plus grand 
■ sombre. Le D'' Homsby n'avait |>as encore publié ses 
I observations et Bessel n'avait fait paraître aucun des tra- 



- 490 - 

▼aux qui devaient rimmortaliser. Mayer, qui s*était occupé 
des étoiles zodiacales, s'était contenté de les observer ime 
seule fois, en sorte que son ouvrage inspirait peu de con- 
fiance. Des trois catalogues de La Caille, celui du ciel 
austral était de peu d'usage et celui des étoiles zodiacales 
ne semblait pas devoir être beaucoup meilleur que celui 
de Mayer. Les différences entre ces divers catalogues ve- 
naient d'ailleurs d*ètre rendues sensibles par les travaux 
de Wollaston qui les avait tous réduits à l'époque de 1790. 

On sentait en même temps le besoin de perfectionner 
les Tables du Soleil et de la Lune, afin de les mettre d'ac- 
cord avec ce que les travaux de théorie pure venaient 
d'apprendre sur les lois du mouvement de ces corps. Or, 
pour entreprendre un pareil travail avec quelques chances 
de succès, il fallait de toute nécessité déterminer d'une 
manière précise la position des étoiles fixes auxquelles on 
rapportait ces astres mobiles. 

Un catalogue d'étoiles n'empruntant rien aux anciennes 
observations était donc désiré de tous les astronomes : 
il fut entrepris de divers cotés en même temps, en Alle- 
magne par le baron de Zach, en Italie par Cagnoli et par 
le R. P. Piazzi. 

Dès que les instruments de l'Observatoire de Palerme 
furent réglés, Piazzi, prenant pour guide la compilation de 
Wollaston, commença à observer à son cercle entier et à 
la lunette méridienne les trente-six étoiles fondamentales 
de Maskelyne et les autres étoiles qu'il désirait cataloguer. 
Chaque étoile fut observée cinq fois pendant cinq jours 
consécutifs, et plus s'il y avait entre les déterminations 
successives quelques différences supérieures à celles que 
l'on était en droit d'attribuer aux erreurs d'observations^. 




- 191 — 

!"^reille manièi'e d'opérer, il ne pouvait se glisser 
d'erreui's, ni dans les observations, ni dans les calculs, i 
sorte que le i«sultat devait éti-e irréprochable, 

C'est par cette méthode d'observation que, le t" jai 
Piazzi découvrit la première des petites pla^ 
Mars et Jupiter, Cérès; mais laissons-le ra- 
ter lui-oiémc cette découverte : 

( Le i" janvier, j'ai, écrit-il à Oriani le 24. du même 
"inois { ' ), observé dans l'épaule Jn Taureau une étoile de 
8* gi'andeai-, qui le soir suivant, le 2, s'était avancée de 
3' 3o" environ vers le nord, et d'environ 4 minutes vers le 
Bouvier. Je vérifiai mes observations le 3 et le 4, et je trou- 
vai à peu près le même mouvement. Les 5, 6, ij, 8 et 9, 
le ciel fut couvert. J'ai ensuite revu l'étoile le 10 et le 1 1 
et puis les i3, 14, 171 '8, 19, ai, 22 et aS. Lors de la 
première observation, elle avait pour ascension droite 
Si'^Y et pour déclinaison boréale i6''8'. Du 10 au 11 
son mouvement est devenu de rétrograde direct; et l'ob- 
servation du 2.3 donne pour ascension droite 5i"46' et 
pour déclinaison I7''8'. J'ai annoncé cette étoile comme 
étant une comète, mais elle n'est accompagnée d'aucune 

»Bébnlnsité, et son mouvement très-lent et presque uni- 
ftwine me fait penser que c'est pent-Ètre quelque chose 
lie mieux qu'une comète. Cependant je me garderais bien 
4e faire part de cette conjecture au public. " 
Les astronomes ne tardèrent pas à se convaincre que 



m;iiii. 



{^)CorrispondenzaasironomicafraG. Plaui e B. Oriaai, pui- 
Nieala per ordîne di S. E. il Ministro delta puilica IttruMtone. 

""liUno, iB;5). Le lire XL. 



-- 192 - 

Piazzi avait découvert une nouvelle planète, et bientôt son 
orbite fut calculée par Oriani, par Burckhardt et enfin 
par Gauss. 

La découverte de Cérès valut à Piazzi beaucoup d'hon- 
neurs. « Le roi, écrit-il à Oriani le i5 avril 1802, adonné 
l'ordre de faire frapper une médaille pour cette nouvelle 
divinité...» ; et plus tard, le 4 juin 180?. : « le Roi m'a 
gratifié d'une pension de 200 onces. Voyez si le nom de 
Ceres Ferdinandea a été bien choisi ! » 

Le directeur de l'Observatoire de Palerme reçut proba- 
blement la pension ; mais, à sa demande, la somme qui 
devait être affectée à la médaille fut employée à l'achat 
d'un petit équatorial de Troughton, muni d'une lunette de 
o"*, 066 d'ouverture; cet instrument, installé dans la 
coupole située au nord de la salle méridienne, a servi jusque 
dans ces dernières années à l'observation des comètes. 

Le soin d'observer Cérès, la rédaction de son Mémoire 
sur cette planète ('), l'obligation de tracer une grande 
méridienne dans la cathédrale de Palerme ne détournaient 
pas Piazzi de l'observation des étoiles de son catalogue. 
Aidé par N. Carioti et plus tard par N. Cacciatore, il me- 
nait de front les observations et les réductions qui furent 
terminées en 1802, et l'année suivante il publiait, en 
un magnifique volume in-folio, son premier catalogué de 
6748 étoiles : Prœcipuarum stellaruni inerrantium posi- 
tiones mediœ, ineunte seculo xix ex observationibus habitis 
in spécula Panormitana ab anno 1 792 ad 1802 (Panormi, 
î8o3). Ce travail valut, en i8o3, à son auteur la mé- 



(*) Risultamenti délia nuova Stella {9 dXeviaOf 1801) et, délia sco' 
perta del nuovo pianeta Cerere Ferdinandea (Palermo, 1801). 






- 193 — 

daîlle que Lalantle venait de fonder poui- les tn 
trononiiques les plus utiles. 

Peadant le cours de l'impressiou, Maskelyne avait 
pour 1802 lin nouveau catalogue de ses étoiles 

indam enta les, qui ussi{,mait à celles-ci des jKisitions assez 
différentes de celles qui avaient servi de base aus calculs 
dePiam; en même temps, Lalandc faisait connaître une 
théorie nouvelle et plus precisc de la précessioa, et 
Delambre donnait une nouvelle vnletu' de la constante de 
l'aberration. Les éléments de réduction du calulogue de 
Palerme se trouvaient ainsi modifiés, et il devenait né- 
cessaire de les calculer à nouveau. Piuzzi n'hésita pas un 
inslaot à reprendre une partie de ses observations et tous 
les calculs. Dès i8o3, son aide, Hiccolo Cacciatore, se 
niit à observer à la lunette méridienne de Aamsdcn les 
36 étoiles de Maskelyne et le Soleil, dans le but de déter- 
miner directement leurs ascensions droites par des com- 
paraisons avec Procyon et Altaîi" ; en même temps, Piazzi 
observait chaque jour la déclinaison du Soleil et calculait 
les équinoxes. Ces nouvelles recherches, commencées à 
l'équinoxe de septembre iijo3, furent continuées jus- 
qu'en 1806 et amenèrent la publication d'un nouveau 
cat:dogue de i zo étoiles et puis d'un second catalo(^e de 
1 00 étoiles fondamentales ( ' ] . 

Ce ti'avail préliminaire effectue, il restait à reprendre 
les réductions des étoiles du grand catalogue; ce fut 
l'oeuvre des années suivantes, et enfin, en 1814. parut la 




( ' ) Ce» deux catulojjues sa lr<ii<vent dans le Livre VI, Dei real 
Ostenatorio di Pakrmo UM Vt {Paleimo, iBoG). 



- 194 - 

deuxième édition du catalogue de Païenne ( ' ). Œuvre de 
vingt-deux années d'efforts incessants, cette publication 
valut de nouveau à son auteur le grand prix d'Astro- 
nomie de l'Institut de France, 

Ce n'était pas d'ailleurs le seul résultat important que 
Piaz^i eût tiré de ses observations. Les déterminations 
des solstices furent l'occasion d'un long Mémoire sur 
la préçession des équinoxes [Effemeridi di Mllano pel 
i8o4)f d'une détermination de l'obliquité de Técliptique 
[Atti délia Società italiana^ t. XI) et de quelques autres 
Notes moins remarquées, mais où l'on retrouvait toujours 
la recherche de l'exactitude qui caractérisait si bien les 
productions de l'astronome de Palerme. 

Cependant, avec Tâge, la santé de Piazzi commençait 
à être ébranlée, et dans ses lettres à Oriani il se plaint 
souvent d'indispositions plus ou moins graves qui l'em- 
pêchent de travailler. La célébrité était aussi venue, et le 
Gouvernement des Deux-Siciles lui demandait des travaux 
qui le détournaient peu à peu de ses chères observations. 
C'est ainsi qu'à partir de i8i4 Piazzi se trouve chargé 
d'introduire le système métrique dans le royaume de 
Naples, et qu'en 1817 on lui impose la charge de diriger 
la construction de TObservatoire de Capo di Monte. Nous 
avons raconté ailleurs les difficultés que rencontra alors 
Piazzi. Dans les courts séjours qu'il fit depuis cette 
époque en Sicile, il s'occupait de la publication de ses 



( * ) Prcecipuarum stellarum positiones mediœ, ineunte seculo xxi 
tfjr observationibus habitis in spécula Panormitana ab anno 1 792 
ad i8i4* (Panormi, i8i4)* 



- 198 — 

leçons d'Astronomie et de recherches sur le mouvement 
propre et la parallaxe des étoilos. 

C'est au milieu de ses travaux que la mort vint le sur- 
prendre à Naples, le aa juillet 1826. 

Depuis 181 7, la direction de l'Observaioire de Palerrae 
se trouvait confiée au plus digne et im plus laborieux des 
iiides de Piazzi, à Nicolas Cacciatore. 

Nicolas Cncciatore, né à Caste! -Ter mini, le 26 janvier 
1780, avait montre dès son enfance un esprit plus mdr 
que nele comportait son %e et ca même temps une' curio- 
sité des plus éveillées; toute chose était pour lui un objet 
d'examen et ainsi il s'instruisait tout seul. Comme bien 
d'autres, il fut destiné par ses parents au sacerdoce et dnt 
en conséquence apprendre la Ihéolugie et le grec, et c'est 
pour étudier cette dernière langue qu'il se rendit à Palerme 
en 1 799. Le jeune écolier, qui avait déjà appris seul 
l'Algèbre, ne tarda pas â devenir un des élèves les plus 
actifs de Piazzi, el dès 1600 il prenait part à ses travaux. 
Nous avons vu que, quelques années plus tiird (i8o3- 
1806], c'était lui qui observait les ascensions diwtes des 
étoiles de Maskelyae. Bientôt après, il calculait l'orbilc 
de la comète de 1807. 

Placé en 1817 à la tête de l'Observatoire de Palerme et 
disposant de tous ses instruments, Caccîalore entreprend 
une détermination de la réfraction qui convient à ce climat 
et qui n'était pas alors connue avec une approximation 
suffisante, et continue les observations, commencées par 
son pre'décesseur, des équinoxes et des planètes en oppo- 

C'est au milieu de ces tr-avanx que le trouve la Révo- 
lution de 1820. Le Palais rojal et l'ObservaKàre sont 



- 196 - 

envahis par la foule, les papiers sont dispersés et brûlés 
en partie, et ce n'est qu'au péril de sa vie, après avoir 
été traîné en prison, qu'il parvient à sauver l'Observatoire 
d'une destruction complète (* ). 

Ce fut un coup funeste pour la prospérité de cetétiiblisse - 
ment, qui ne reprit quelque activité qu'en 1822, après un 
séjour de Piazzi à Palerme. La dispersion des papiers 
n'avait cependant pas été si complète que bien des obser- 
vations ne pussent être encore réunies, et Nicolas Caccia- 
tore publia en 1826 (*) les observations faites de 1794 
à 1726 sur les oppositions des planètes, les observations 
du Soleil de 181 7 à 1826, des observations sur les mou- 
vements propres de 173 étoiles étudiées par Bradley, 
Piazzi et lui-même, et enfin une série de positions des 
comètes de 1821, 1822, 1825 (comète d'Encke) et de la 
grande comète de 1825. ^ 

Ayant ainsi mis à jour l'arriéré de toutes les observa- 
tions, N. Cacciatore reprit l'observation des étoiles du 
catalogue de Piazzi et s'appliqua à certaines recherches 
spéciales, parmi lesquelles nous devons citer la détermi- 



( ') « Nella depredazione e nei fatti di sangueche avvennero nci 
giorni 17, 18 e 19 di luglio, a stento si sono salvati gli stro- 
menti... ; fu spogliato il mio quarto, la llbraria posta sossopra, e 
gcttata per terra, e lacerate le carte, che rinchiuse aveva in cas- 
sette di latta . cosi dei mici lavori di osservazioni piu non resta 
che la copia che trovasi presso di voi. (Lettre de Piazzi à Oriani, 
en date de Naples, le 5 septembre 1820). 

Parmi ces papiers, qui étaient alors dans les mains d'Orianiet 
qui lui furent légués par Piazzi, se trouvait le catalogue d'étoiles 
qui a été publié par Littrow. 

(*) Del real Osservatorio di Paîermo libri VIT, VIII e XIX 
(Palermo, 1826). 



- 197 - 

de rabliquité de l'ccliptli 






. astronomes J 
s trOMvé I 

une différence entre le nombi'e déduit des obserratinnB 
du solstice d'hiver et celui résultant des observations ] 
du solstice d'été, et cela sans jamais parvenu* à faire dis' 
paraître une différence théoric[uement inexplicable. La 
cause généralement invoqriée pour rendre compte de cette ' 
_ anomalie était une différence dans la réfraction des | 
rayons Itimineus du Soleil et des étoiles. Cacciatove, con- 
ncu que cette explication ctiiit inadmissible, pensa qut 
raison véritable du phénomène pourrait se trouver \ 
is l'action de k température sur les instruments, s 
a qui les déformerait ou changerait leurs constantes. H 
^it donc des thermoniètres sur les différentes pièces du 
bercle de Ramsden et démontrai que la dilatation des cer- 
kIcs, qui résultait de leur température variable de l'été k 
H%iver, sufGt à expliquer la diOërence de l'obliquité dé- 
e dans ces deux saisons opposées, différence qui 

Ces recherches avaient amené N. Cacciatore jusqu'eo 1 

1837, époque à laquelle il fut atteint d'une maladie grave 1 

qui ne lui laissa plus la possibilité de travailler; sa mort f 
survint le a8 janvier 1841 ('). 



( ■ ) N. Cucciatore est l'auteur, eu autre des Iravaui dont a 

ir l'altiluda des principales 

isdaPaleriue (iSa3-i8i5) et d'une détermina tioa j 

e la diflërenee de longitude eulru Pulcrme et Naples (iSSj). U \ 

lEsi le premier, je crois, à avoir remorqué que, lorsqn'u 
bciilc passe Bur les bords du Soleil, elle luit saillie en dehors 1 
[ftrolondité du glolie. 




- 198 - 

Dès l'année suivante, il fut remplace à la direction de 
robservatoire par son fils Gaëtano Cacciatore, né à Pa- 
lerme le 17 mars i8i4f <]ui était son assistant depuis 
plusieurs années. 

La longue maladie de Nicolas Cacciatore avait suspendu 
presque tous les travaux de l'Observatoire. D'un autre 
côté, le Gouvernement des Deux-Siciles semblait ne pas 
«Itacher d'importance aux recherches astronomiques et 
laissait sans subventions convenables les deux établisse- 
ments de Naples et de Palerme. Le jeune directeur lutta 
longtemps contre cette inertie, se bornant à publier, dans 
un Annuaire, la suite des observations météorologiques et 
des Notices astronomiques, et demandant à plusieurs re- 
prises les crédits nécessaires à l'acquisition des deux 
instruments les plus indispensables, un instrument méri- 
dien et un équatorial de grande dimension. 

Plusieurs années se passèrent ainsi, et la Révolution de 
1848 arriva. Gaëtano Cacciatore prit part au mouvement 
et signa, comme député au Parlement, le décret qui chas- 
sait les Bourbons ; à leur retour, il fut donc obligé de 
s'éloigner de Palerme, laissant l'Observatoire sous la sur- 
veillance de M. D. Ragona, qui y avait été admis depuis 
plusieurs années et était alors second assistant. 

Nommé Directeur vers la fin de i85o, M. Ragona ob- 
tint tout à la fois, du roi Ferdinand, l'autorisation d'aller 
compléter son instruction astronomique dans les observa- 
toires d^Allemagne et les crédits nécessaires à une res- 
tauration de l'Observatoire de Palerme. Dans ce double 
but, il quitta Palerme au commencement de i85i, et 
séjourna successivement dans les Observatoires du nord 
de l'Italie, puis à Vienne où il travailla avec M. de Littrow, 



— 199 - 

n à Berlin où Encke lui ouvrit les portes de l'Obsep- I 
ratoire qu'il dirigeait alors d'une manière si brillante et I 
si profitable h la Science, en groupant autour de lui toute 
une pléiade d'élèves. 

D'après les conseils de Encke, M. Ragoua commanda ' 
i Pistor et Martins un cercle méridien, et demanda à 
a équatorial ; mais, comme la construction de ces 
istruments devait durer plusieurs années et qu'il ne 



. longtemps se 

r à Palerme 

de quelques étoiles australes, j 

:t 45 degi'és de déclinaison j 



jouvait prolonger 
liemagne, il dut reven 
l'observation 
Pcom|irises entre 25 
^Sud. 

Le cercle méridien arriva enfin en iSSy et fut installé I 
BA la place de l'ancienne lunette de Ramsden, sur la terrasse ■ 
t la tour Pisana, consti'uite en 1166 par Guillaume le 1 
m. La lunette a un objectif de o'", 1 3 de diamètre avec 
S mètres de distance focale; sur Vase des tourillons sont 
ivariablemenl fixés, à l'Est et à l'Ouest, deux cercles de 
[ 3 pieds de diamètre, gradués sur argent de a en 2 minutes j 
et sur lesfjuels les lectures se font avec quatre microscopes { 
portés pnrquatre bi'asen bronze solidement fixés au pilier 
^ Est de l'insiruraent. Les tourillons en acier, percés tous 1 
H deux, reposent sur des coussinets en bronze, et celui de | 
pCOuest est mobile du nord au sud et de haut en bas, 1 
B permettre le réglage de la lunette. Quant ans piliers, 
[■portent sur un solide arc de voûte qui s'a[)puie il l'orient 
A k l'occident sur les anciens murs de la construction j 
pormande. 

L'instrument est complété par un cercle de calage vi 



- 200 - 

I/înstallation de l'instrument me'ridien se trouva ter- 
minée vers la fin de iSSp, et M. Ragona s'en servit aus- 
sitôt pour déterminer la latitude de l'Observatoire, qu'il 
trouva égale à 38°6'42"i67, résultat inférieur de i",33 
à celui autrefois donné par Piazzi à la suite de ses pre- 
mières observations de la Polaire. En même temps, 
M. Ragona continuait avec ce nouvel appareil l'obser- 
vation des étoiles comprises entre 25 et 45 degrés de dé- 
clinaison sud. 

L'ensemble de tous ces résultats a été publié dans le 
Journal astronomique et météorologique de l'Observatoire 
de Palerme ( ' ) . * 

La Révolution de i86o ramena M. G. Cacciatore à 
robservatoire, et son premier soin fut de terminer la 
coupole du grand équatorial , et de mettre en place cet 
instrument qui, arrivé depuis plusieurs annéees, se trou- 
vait encore dans ses caisses. La salle de Téquatorial, tour 
circulaire munie d'un toit hémisphérique tournant sur des 
boulets, est construite au-dessus de la galerie que Piazzi 
avait destinée à ses observations extra-méridiennes, et do- 
mine entièrement les autres cabinets. Quaiità l'équatorial 
lui-même, un des chefs-d'œuvre de Merz, il est monté à 
la manière dite allemande^ son axe horaire posant sur un 
massif de marbre blanc. L'objectif a i^ centimètres d'ou- 
verture libre et 4'"î4^ ^^ distance focale. Le tube de la 
lunette est en bois et de forme légèrement conique ; pour 
éviter les flexions, il est en outre pourvu de deux tiges 
latérales qui portent des contre-poids mobiles éqnili- 



( ' ) Giornale astronomico e meteorologico del R. Osservatorio 
di Palermo, Palerme, i855-i86o. La collection forme 3 volumes. 



brunis tout à la fois l'objeclif et fies oculaires de pesfln- 

L'instiil!;ilt'>n de la machine parallactique, en tout 
semblable à celle du Collège ramain, a été terminée dans 
les premiers mois de i865 et depuis celte époque elle est 
chacpie jour employée a l'étude des taclies ou des protu- 



bérn 






En même temps que l'Observatoire s'enrichissait de ce 
précieux instrument, M. G. Cacciatore, désireux d'assurer 
la publication immédiate des recherches astronomiques 
faites dans son établissement et voulant aussi favoriser le 
développement des études météorologiques en Sicile, 
créa une publication périodique qui, sous le nom deSul- 
lettino meleoinlogico del R: Ofsen'oloiio Hi Palernio, a 
renfermé Jusqu'en iS'ja un grand nombre de Mcmoirea 
purement aslronnmit|ues, A une époque un peu anté- 
rieure (septembre i863), était d'ailleurs arrivé â Palerme, 
pour remplacer M. Ragona, l'un des astronomes les plus 
actifs que possède aujourd'liui l'Italie, M. Tacchini [ ' ). 

L'équuloriai de Merz était à peine mis en place, que 
M. Tacchini l'employait à étudier le nombre et la profon- 
deur des tnches solaires, ainsi que leurs relalioes avec les 
phénomènes du magnétisme terreslrei il espérait aussi, par 
une étude plus atieniiye des transformations et de la con- 
figui'alion des taches, échircir en quelque chose la ques- 
tion toujours obscure de leur mode de formation. 

Les observations se continuaient avec patience sans 






[') M. Tacchini, né b Modi^nc le m mars 
ituilca dans les llnlverBÎtés du nord de l'Jlalie 
le ig «Rplumbre iS5g l'Observatoire île Moil^n 



838. a 



- 202 - 

donner de résultats bien saillants, lorsque la question 
s'élargit tout à coup d'une manière inattendue. L'éclipsé 
totale de Soleil, du i8 août 1868, venait de révéler la 
nature intime des protubérances, et l'on apprenait, quel- 
ques semaines après, que ces flammes lumineuses pou- 
vaient être observées, chaque jour, au moyen du spec- 
troscope. Les facules et les protubérances ont-elles une 
relation nécessaire? Tel était le problème qui se posait 
dès lors et que l'on pouvait espérer résoudre par des 
observations continues, 

L'Observatoire de Palerme n'était pas cependant armé 
des instruments indispensables à cette recherche, et il fal- 
lut, pour avoir un spectroscope, attendre la circonstance 
favorable de Téclipse du 22 décembre 1870. A cette oc- 
casion, on fit achat d'un spectroscope, à vision directe et 
à cinq prismes, construit par Tauber, de Leipzig, dans 
lequel il n'y a guère à noter que la disposition de la fente 
d'acier, dont une des lèvres se manœuvre à l'aide d'un le- 
vier de première espèce et d'ijne vis de rappel. L'instru- 
ment ne parvint à Palerme qu'après l'éclipsé, et M. Tac- 
chini ne put commencer ses études que dans les premiers 
mois de 187 1 (^). La transparence remarquable du ciel 
de Palerme et les qualités optiques du grand équatorial 
et du spectroscope favorisèrent tellement l'astronome que, 
dès les premières semaines, il put démontrer nettement 



(*) Rapporti sulîe osservazioni delV ecclisse totale di Sole del 
22 décembre 1870, eseguite in Sicilia. Palermo, 1872. Le rapport 
général de la Commission italienne a été rédigé et publié par 
M. G. Cacciatore, qui avait lui-même observé Téclipse à Augusta; 
M, Tâcchini s'était rendu à Terranova. 



ù les facuies sont nom- 
,3ss que l'existence de 
re, des flammes petites 
e caractérise par l'exis- 



qiie la chromosphùre est compostic d'une série de petites 
flammes, sans cesse changeantes, et ne saurait, en ;iacune 
manière, être considérée comme une couche liquide ou 
pâteuse; en même temps, il mettait hors de doute l'exis- 
tence des pluies solaires, des protubérances filamenteuses 
et transparentes, el la relation intime entre ces corps lu- 
mineai et les facules. Un pen plus tard, enGn, il consta- 
tait que, dans les régions solaires o 
breuscs, on rencontre toujours, ! 
protubérances élevées soit nécessa! 
et très -brillantes dont le spectre si 
tence des lignes lumineuses du magnésii 

Mais ces travaux spectroscopïques, il nesulEsait pas de 
les entreprendre dans un établissement unique, où les ob- 
servutions devaient élre souvent interrompues par un ciel 
nuageux ou couvert j il était évident que telle question, 
qui ne pourrait être résolue qu'au bout de plusieurs an- 
nées par les efforts d'un astronome isolé, arriverait ik une 
solution inGuiment plus rapide si plusieurs observateurs 
s'en occupaient simultanément et mettaient en commun 
leurs résultats. C'est de cette pensée féconde, venue à peu 
près simultanément à l'esprit du R. P. Secchi et de M. Tac- 
cliini, qu'est née la Société des spertroscopisles italiens. 
Les bases de cette association, qui devait comprendre 
l'obscrvaloiie de Palerme, celui du Collège Romam, celui 
du Gipitulc, celui de Padoue et enfin celui de Florence, 
urent ari'élécs dans une réunion tenue ù Rome en oc- 



- 204 - 

tobre 1871; et, bientôt après, le Gouvernement italien 
accordait les fonds nécessaires à la publication annuelle 
des Memoric délia Socletà degli spettroscoplstl italiani. 

Commencées dès lors avec des méthodes uniformes et 
des instruments peu différents, les observations se sont 
poursuivies sans interruption et ont déjà donné des ré- 
sultats importants. 

Le premier qui se soit présenté à M. Tacchini est une 
sorte de classification des protubérances ; ces flammes, dont 
les apparences semblent si diverses à un observateur qui 
n'est point encore familiarisé avec ces éruptions de la 
photosphère, peuvent se diviser en trois types, qui ont 
leurs formes et leurs caractères chimiques particuliers : 

Protubérances en flammes ayant la figure de jets de 
gaz enflammés qui se précipitent les uns vers les autres 
comme s'ils étaient soumis à une aspiration commune. 

Pluies solaires qui rappellent l'aspect d'un nuage d'où 
tombent les premières gouttes de pluie. 

Protubérances mixtes , qui ont Tapparence d'une masse 
nuageuse plus ou moins compacte et se rattachent à la 
chromosphère par une langue de feu de structure fila- 
menteuse. 

Parmi ces protubérances, un peu moins d'un sixième 
seulement peuvent d'ailleurs être regardées comme des 
éruptions ou des explosions ; la grande masse n'est qu'une 
surélévation de la chromosphère. 

Tout en étudiant la distribution et la forme des protu- 
bérances, M. Tacchini n'a pas négligé de rechercher 
quelles sont les raies de Fraunhofer qui s'intervertissent 
dans ces flammes et sur l'extrême bord de la chromo- 
sphère ; nous lui devons, en particulier, d'avoir démon- 




— 203 - 

é que les lignes fi du magnésium et aussi la ligne 1 474 
eKirchhoff (fer) s'intervertissent surtout dans les ré- 
gions du bord du Soleil riches en facules, et rjue leur visi- 
bilité dans un espace étendu est l'indice certain d'un état 
spécial de la surface, état différent, peut-être inverse, 
[de celui qui répond h l'existenc» de protubérances nom- 
: puissantes. Suivant l'astronome de Païenne, 
s spectres caractérise's par un grand nombre de lignes 
talliqnes brillantes ne se rencontrent d'ailleurs qu'à la 
-uptions métalliques violentes et au-dessus de 
Certaines facules persistantes qui ne sont accompagnées 
li de pores ni de tacbes. 
Enfin, et restant encore dans ce même ordre d'idées, 
it dans les Mémoires de la Société des spectroscopistes 
s que M. Tacchini a publié, depuis 187 a, tous ces 
»iux travaux sur k constitution physique des taches 
lolaires, travaux que M. Faye a discutes devant l'Aca- 
; des Sciences de Paris. Pour M. Faye, les taches 
lolaires sont produites par des tourbillons à courants des- 
mdants qui, ayant pris naissance dans l'atmosphère ou 
duns la cliromosplière du Soleil, introduisent dans la 
photosphère des masses d'hydrogène refroidies et privées 
de vapeurs métalliques; ces gaz éteignent et dispersent 
1 les nuages lumineux de la photosphère et produisent ainsi 
s taches. Pour M. Tacchini, le mode de développement 
( taches est tout différent ; il fait d'abord remarquer 
e les Lâches, dans lesquelles les filets de la pénombre 
rviiignes et indiquent par conséquent un lourbil- 
t des matières solaires, sont peu fréquentes el 
B forment guère que l'exception; sans nier que les tachea 
ifitisseQt avoir un toarbill[>nnemeQt sur elles-mêmes, it 





- 206 - 

pense donc que ce phënomène n'existe que par excep- 
tion et ne peut servir de base à une théorie géné- 
rale ; pour lui, les taches se forment par suite d'une 
action intérieure lente qui dissipe peu à peu les nuages 
brillants de la photosphère et donne lieu à la diminution 
de lumière qui est le caractère principal de ce phénomène. 

La discussion minutieuse de cette théorie des taches et 
l'exposé de tous les travaux que les astronomes italiens 
ont publiés sur la constitution physique du Soleil m'en* 
traîneraient d'ailleurs bien au delà des limites assignées à 
ce volume déjà trop long. Ce sont des discussions qu'il 
faut suivre dans les cinq magnifiques volumes de la So- 
ciété des spectroscopistes italiens, déjà publiés par les soins 
de M. Tacchini et du P. Secchi. On y trouvera, jour par 
jour, l'histoire des taches et des protubérances du Soleil 
et tous les éléments nécessaires aux discussions de l'ordre 
le plus élevé. 

Notons en terminant que, en 1874, M. Tacchini est 
allé dans l'Inde pour observer, suivant les méthodes spec- 
troscopiques, le passage de Vénus ( * ). Les résultats obte- 
nus par les nouveaux procédés paraissent des plus satis- 
faisants, et l'on trouvera peut- être, dans l'application du 
spectroscope aux observations de cet ordre, le moyen de 
diminuer les erreurs auxquelles les observations de con- 
tact ont jusqu'ici été soumises. 



(*) H passaggio di Venere sul Sole delV 8-9 décembre 187^» f>^~ 
servato à Muddapur nel Bengala. — Relazione di P, Tacchini, 
— Palermo, 1875. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 
Introdcctio?; ' i 



CHAPITRE I. 

Observatoire de Turin 3 

CHAPITRE n. 

Observatoire do Milan 13 

CHAPITRE ni. 

Observatoire de Florence 47 

CHAPITRE IV. 

Observatoire de Bologne 67 

CHAPITRE V. 

Observatoire de Modène 85 

CHAPITRE VI. 

Observatoire de Padoue 89 

CIUPITRE VH. 

Observatoire du Collège Romain 1 10 



- 208 - 
CHAPITRE VIII. 

Pages. 
Obsenratoiro du Capitolc i44 

CHAPITRE IX. 

Observatoire de Naples ibg 

CHAPITRE X. 

Observatoire de Palerme 1 8a 



FIN DE LA CINQUIEME PARTIE. 



Taris. — luiprimerle de GAUTHIER-VILLARS, qaai des AogasiiDs %&. 



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